EMPLOI

Envie de faire rimer sanitaire et pénitentiaire ?

Le Groupe hospitalier Paul Guiraud recrute des infirmier(e)s, en particulier pour l’ouverture prochaine d’une Unité Hospitalière Spécialement Aménagée (UHSA) pour les soins psychiatriques aux personnes détenues. Frédérique Ardon, cadre supérieur de pôle, explicite la richesse d’un projet de soin particulièrement fédérateur pour les soignants qui, de formation en supervision les conduira à l’expertise clinique.

Ce texte est un publi-rédactionnel du Groupe hospitalier Paul Guiraud.

psychiatrie graffitiDans quel contexte intervient l’ouverture de l’UHSA du Groupe hospitalier Paul Guiraud ?

Frédérique Ardon - L’Unité Hospitalière Spécialement Aménagée (UHSA)1 vient compléter et améliorer le dispositif de soin déjà existant composé du SMPR (Service Médico-Psychologique Régional) et du CSAPA (Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie) implantés à Fresnes, dans le Val-de-Marne. Cette structure va permettre l’hospitalisation, avec ou sans leur consentement, de personnes détenues atteintes de troubles mentaux (hommes, femmes ou mineurs à partir de 16 ans). Nous allons ainsi pouvoir répondre aux besoins d’hospitalisation 24h/24 et 7 jours/7 d’une population d’environ 13.000 détenus en Ile-de-France.

Quelle est la configuration de l’UHSA ?

F. A. - Sur le plan architectural, les trois unités d’hospitalisation sont entourées d’une sorte de « coque de sécurisation pénitentiaire ». À l’intérieur des zones de soins, l’organisation est celle d’un service de soins psychiatriques classique. Les patients disposent de chambres individuelles fermées pour la nuit. Pendant la journée, ils bénéficient d’un programme de soins individualisé. L’administration pénitentiaire n’est pas présente dans les unités de soin, mais elle coordonne avec l’équipe sanitaire les déplacements des patients (accompagnement lors des consultations externes…)

Sur les trois unités de soins, deux sont dédiées aux entrants : une à la crise (les patients peuvent y être hospitalisés sous contrainte) et la seconde à des états cliniques moins bruyants, compatibles avec une vie en collectivité, et pour lesquels le patient est consentant aux soins. La troisième unité est destinée à la phase de stabilisation et de consolidation des soins.

En quoi consistent les prises en charge en UHSA ?

F. A. - Les soins sont d’une grande diversité : soins relationnels individuels ou de groupe, médiations thérapeutiques animées en binôme, éducation thérapeutique, prises en charge familiale… avec comme axe de travail central l’engagement dans une démarche clinique pluridisciplinaire soutenue par un étayage institutionnel. Les approches thérapeutiques sont variées (cognitivo-comportementales et psychodynamiques) et le champ d’intervention est vaste, du traitement de la crise à la phase de réadaptation sociale, en partenariat avec les acteurs de l’administration pénitentiaire, de la justice et du social. Le travail de liaison est important avec les SMPR et les UCSA (Unité de Consultation et de Soins Ambulatoires) qui adressent les patients.

Et concernant la sécurité ?

F. A. - Une UHSA n’est pas une UMD (Unité pour Malades Difficiles), il s’agit d’une unité de psychiatrie générale avec une sécurité périmétrique assurée par les personnels pénitentiaires. L’accès des unités de soin est réservé au personnel soignant sauf conditions ou protocoles particuliers. La sécurité à l’intérieur des unités est assurée classiquement par les soignants mais plusieurs niveaux d’alarme sont prévus. En fonction de la gravité, l’incident peut être géré en niveau 1 par l’équipe soignante de l’unité, puis en niveau 2 avec le renfort des soignants des autres unités et en niveau 3 en faisant appel aux personnels pénitentiaires.

Quels sont vos besoins de recrutement ?

F. A. - Nous recrutons entre autres 60 infirmiers et 24 aides-soignants, expérimentés ou non. Dans un premier temps, l’ouverture de la première unité ouverte en avril 2013 avec 20 infirmiers et 8 aides-soignants. Certains d’entre eux se déploieront ensuite pour assurer l’ouverture des autres unités et consolider les nouvelles équipes. D’ores et déjà, nous recrutons des jeunes diplômés qui vont bénéficier d’un véritable parcours de professionnalisation de 6 à 8 mois dans les services classiques de l’hôpital, le SMPR ou l’UMD avant d’intégrer l’UHSA. Le parcours de chaque infirmier est envisagé au cas par cas, mais tous vont profiter d’une formation spécifique (psychopathologie et troubles psychiatriques en milieu carcéral, aspects criminologiques …). Par ailleurs, une formation conjointe est prévue avec les personnels pénitentiaires pour bien connaître les missions des uns et des autres. Nous n’avons pas la même culture, et cette double prise en charge, sanitaire et pénitentiaire, implique un partenariat permanent. En formation nous allons évoquer nos règles de fonctionnement réciproques et travailler ensemble pour bien définir et délimiter nos zones de collaboration. Les personnels pénitentiaires souhaitent également bénéficier d’un apport théorique de base sur les pathologies mentales. Des réunions de coordination nous permettront d’évaluer et de faire évoluer nos collaborations dans le cadre de nos missions partagées.

Qu’est-ce qui peut motiver un infirmier à vous rejoindre ?

F. A. - J’évoquerais en premier lieu la richesse d’un projet de soin fédérateur. L’infirmier s’engage dans une démarche clinique et une relation intersubjective auprès de personnes porteuses d’une histoire singulière (passage à l’acte). Le travail en équipe est permanent : synthèses cliniques, groupe d’analyse de la pratique… mais aussi supervision afin de travailler les mouvements transférentiels à l’oeuvre pour que face à l’agressivité et aux actes, le soignant puisse donner du sens et accompagner ces histoires de vie. J’évoquerais ensuite l’important “capital formation” dont il va bénéficier avant son intégration puis tout au long de sa pratique, y compris avec la possibilité de formations longues type Diplôme Universitaire. À terme il disposera d’une véritable expertise clinique auprès des personnes sous main de justice.

Retour au sommaire du dossier Psychiatrie

Publicité

Commentaires (0)