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Jeunes DEI : « Qui a dit que c'était facile d'être grand ? »

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Conseils emploi

Récemment, nous demandions aux jeunes diplômés infirmiers de témoigner de leurs premières expériences professionnelles. La question était la suivante : « diplôme en poche, qu'allez-vous en faire ? ». Nous espérions de nombreuses réponses et de ce point de vue nous n'avons pas été déçus à la rédaction. Je remercie d'ailleurs chaleureusement toutes celles et ceux qui ont témoigné, par courriel ou sur notre page facebook, souvent longuement, de leur nouvelle vie avec le DEI et des états d'âme qui l'accompagnent.

jeunes infirmiers diplomes

Le sourire des jeunes diplômés peut aujourd'hui rapidement disparaître face à la réalité du métier...

L'état des lieux qui se présente à nous est quelque peu délicat et décevant, bien qu'hétérogène. Une chose est sûre, à lire les jeunes diplômés, l'exercice infirmier n'est pas toujours à la hauteur des espérances… Pas de surprise, bien sûr, mais entre excitation et enthousiasme des premiers jours pour ceux qui ont eu la chance de trouver très vite un poste, succèdent parfois souvent angoisse et désillusion… Nombreux sont aussi ceux qui continuent à chercher un emploi digne de ce nom, envoyant CV sur CV aux directions d'établissement, envisageant de changer de région pour y parvenir ou, pire encore, se disent qu'ils se sont trompés de voie… Comment vous allez pouvoir le lire ci-dessous, voici quelques extraits choisis parmi les témoignages les plus significatifs pour illustrer ce que nous pourrions appeler le « DEblues ». Nous publierons néanmoins pendant plusieurs semaines les témoignages dans leur intégralité et nous sommes sûrs qu'ils en appelleront d'autres, plus positifs peut-être, si la confiance s'installe, les esprits s'apaisent et la conjoncture s'améliore…

Il aussi facile de trouver un emploi en Bretagne qu'un kouign amann sans beurre » - Sabrina

« Une magnifique remise en question professionnelle quotidienne... » - Pendura

« Fraîchement diplômée d'Etat au mois de juillet, je viens de signer un CDI dans un service d'addictologie. Mon nouveau métier est bien loin des cathéters, transfusion… que l'on retrouve quotidiennement dans un service hospitalier. Ici, la relation d aide est la clé, l'écoute et la confiance nos meilleurs alliés. Une magnifique remise en question professionnelle quotidienne de par la richesse humaine, base fondamentale de notre profession. »

« Je ne prendrais jamais un service en charge par dépit... » - Marie

Je suis en effet diplômée du mois de juillet mais à ce jour je n'arrive pas à trouver ma voie. En effet la sortie de l'Ifsi me paraît tellement brutale que je réalise à ce jour que nous ne sommes pas préparés pour une prise de poste. Trois année c'est long et la rupture avec l'école est violente même si nous savons que cela va arriver un jour. Une fois le cocon de l'école disparu, on doit mûrir et devenir un professionnel confirmé... C'est dur cette transition . Toutefois je garde espoir pour mes recherches d'emploi et s'il y a une chose dont je sûre c'est je ne prendrais jamais un service en charge par dépit.

Après les CDD mois par mois j'avoue qu'avec ça on peut difficilement faire des projets mais à ce qui parait ça devrait se déboucher dès janvier ! » - Hélène

« Le choc entre la théorie et la réalité fut très dur pour moi... » - Stéphanie

J'ai eu beaucoup de chance de trouver un emploi immédiatement dans l’hôpital où j'ai fait mes études. Je commence donc à travailler en chirurgie orthopédique le lendemain des résultats du DE, j'ai été doublé deux jours après avoir insisté auprès de la cadre du service. Ensuite je suis "lâchée" seule IDE avec 15 patients et 2 aide-soignantes. Le choc entre la théorie et la réalité fut très dur pour moi. J'ai beaucoup pleuré, j'avais la boule au ventre avant d'aller travailler pendant les quinze premiers jours. Le stress fut intense, je me suis pas sentie soutenue par mes supérieurs hiérarchiques, lâchée par mes formateurs d'IFSI. En réalité ces trois années d'études ne nous préparent pas à la réalité de notre premier poste.  Heureusement j'ai la chance d'être dans une équipe paramédicale très à l'écoute et indulgente qui m'a expliqué, aidé, rassuré.

« Je suis fière de pouvoir dire "je suis infirmière"... » - Chloé

Fini le statut d'étudiante, je ne peux désormais plus dire "je ne sais pas, je vais chercher l'infirmière" puisque maintenant l'infirmière c'est moi. L'intégration dans le service s'est très bien passée puisque je connaissais l'équipe. Je provoque même quelques rires de mes nouveaux collègues, puisque je suis actuellement en train de former des étudiants en soins infirmiers, alors qu'il y a encore un mois et demi, j'étais à leur place... Pour le moment, je continue de savourer cette liberté de ne plus être surveillée continuellement, de ne plus devoir demander la permission. Toujours avec le sourire, je suis fière de pouvoir dire "je suis infirmière".

Je suis à la recherche d'un poste d'IDE. Malgré une trentaine de lettres déposes en main propre et par mail, une dizaine de coups de fil, et une trentaine de mails également.  C'est un peu décourageant souvent on m'appelle pour des postes d'aide-soignante… Pour l'instant je n'en ai pas encore accepté... » - Alice

« J'ai l'impression que nous ne sommes seulement que des numéros... » - Amélie

Diplômée depuis juillet, j'ai travaillé deux mois dans différentes EHPAD avec un statut de vacataire : pire statut que j'ai connu ! Devant déménager,je me retrouve avec une payes inférieure a 1000 euros par mois, à galérer a trouver un autre job (interim, CDD, candidatures spontanées... j'ai même demandé dans d'autres régions… J'ai l'impression que nous ne sommes seulement que des numéros. Je me demande pourquoi s'être em**der a construire un projet professionnel (pour ma part aux urgences et du domicile) pour au final ne pas faire ce pour quoi on a passé ce diplôme et être payé une misère....

« Qui a dit que c'était facile d'être grand ?... » - Pauline

J'ai commencé au bloc cette semaine, je dois dire aussi que ce n'est pas évident de trouver sa place au milieu de 80 personnes ! A qui je me suis présentée ? A qui j'ai dis bonjour ? Qui est qui ? Mais je vais y arriver, rien n'est facile dans la vie.Qui as dit que c'était facile d'être grand ?

« Mon premier jour, je suis rentré chez moi avec les larmes aux yeux. J'avais peur de perdre mon diplôme... » - Alexandre

« Après 3 jours avec la boule au ventre. Je me suis adapté au fonctionnement. J'ai pu encadrer mon étudiante comme il faut. Heureusement grâce à elle, j ai pu m'en sortir. J'étais fier d'elle et j'aimerai dédier mon témoignage à cette étudiante et à tous les étudiants motivés, dévoués et qui sont acteurs de leur formation. »

Je me prépare à passer le concours pour suivre une formation d'infirmière puéricultrice… Habitant actuellement chez mes parents en région parisienne, je vais devoir déménager (je n'ai aucun revenu) pour suivre ma formation qui sera prise en charge par la région centre. Je ne pensais pas que ça serait aussi difficile après l'obtention de mon diplôme. » - Deborah

Continuez à adresser vos témoignages à la rédaction, racontez-nous la suite de vos aventures, commentez cet article sur notre page facebook. Comme vous le savez Infirmiers.com est très… partageur ! Merci d'avance et au plaisir de vous lire !

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Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

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Commentaires (1)

coe2

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32 commentaires

#1

le diplôme change, pas le métier !

Qui a dit que ce métier était facile ! Ce n'est pas une licence ou autre titre diplômant le métier d'infirmier qui va changer les choses et notamment la mentalité d'autrui.
En 1978, un diplôme d'état en poche mais avec une solide formation (qui en a fait "baver" d'une), j'ai été aussi une profane (comme mes autres collègues) dans mon service d'urgence-B.O. où j'ai dû tout apprendre, subir et engranger 8, 10, 12 jusqu'à 16H d'affilé, WE, jours fériés, jours et nuits. J' ai affronté l'indicible comme de beaux moments. Si le métier veut çà, je reconnais que nous faisons face à une "non-reconnaissance" tenace de nos métier et statut. A vous de relever le gant ! Cela fait 48 ans que je fais ce métier et je peux dire qu'il m'a apporté plus que je n'espérais, intellectuellement, humainement, personnellement. C'est le professionnalisme qui fait le métier, vous êtes à présent les représentants de nos compétences, pour que ce métier ne se perde pas.