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Se reconvertir quand on est IDE, compliqué mais pas impossible

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Conseils emploi

Nombreuses sont les personnes qui ont décidé de changer de vie en devenant infirmier au cours de leur carrière. Mais après avoir exercé plus ou moins longtemps la profession d'IDE, quelles sont les possibilités de réorientation ?

salle classe formation

Pour changer de carrière, il n'est pas rare pour les infirmiers de devoir retourner sur les bancs de l'école.

La plupart des infirmiers ont décidé d'exercer cette profession pour l'aspect relationnel, pour être utile à l'autre, pour prendre soin. Mais de plus en plus, la part de travail administratif augmente, au détriment du coeur de métier des IDE. Ils doivent également composer avec la maltraitance subie au quotidien, un rythme de travail épuisant et un manque de reconnaissance flagrant. Après quelques années d'exercice, voire même parfois lorsqu'ils ne sont pas encore diplômés, certains infirmiers sont à bout et envisagent de changer de secteur, voire de se reconvertir. Commence alors bien souvent un chemin semé d'embûches…

Je suis aujourd'hui esthéticienne bio à mon compte. Malgré le statut d'indépendant qui n'est pas très sécurisant ni très confortable financièrement (RSI oblige), je suis pleinement épanouie car je suis libre

Une autre pratique des soins infirmiers

Las des conditions de travail délétères qu'offre l'hôpital, tant public que privé, la majorité des infirmiers interrogés sur Facebook et sur le forum d'Infirmiers.com souhaite continuer d'exercer en tant que tel, en se spécialisant ou en changeant de secteur. Il peut s'agir de la manière la plus simple de s'orienter vers une carrière différente, puisqu'il ne s'agit pas de repartir de zéro. Beaucoup font ainsi le choix de l'Éducation nationale, un secteur relativement accessible puisque le recrutement se fait sur concours. Il m'a été difficile de trouver un emploi dans ma région, raconte Aline, infirmière en milieu scolaire. J'ai eu un CDD de 11 mois en SSR. J'avais déjà réfléchi à un changement de poste (fini l'hôpital avec ses conditions de travail). Le choix a été vite fait car cela me plaisait depuis longtemps. Et puis je voulais concilier vie familiale et vie professionnelle. En postulant, je pensais trouver un poste d'infirmière scolaire pas une pépite pareil ! Depuis trois ans je travaille du lundi au vendredi, je m'occupe de mes trois filles tous les soirs, les week-ends et les vacances. Et je m'épanouis totalement dans mon travail ! Pour Laura, les pratiques hospitalières ne correspondaient plus à sa manière de voir sa profession. Un patient n'est pas qu'un numéro de chambre ou un porte monnaie, estime-t-elle. Je me sentais de moins en moins accomplie dans mon quotidien et je manquais de relationnel. D'autant que je ramenais du stress de certaines situations à la maison. C'était donc le moment de changer après avoir exercé durant cinq ans et demi à l'hôpital. J'aimais beaucoup la prévention que je menais avec mes patients donc j'ai commencé à travailler le concours de l'Éducation nationale. Magali s'est également tournée vers l'Éducation nationale, mais constate que les conditions de travail se dégradent aussi dans le milieu scolaire. J'ai eu jusqu'à trois collèges et dix-huit écoles à ma charge. Les besoins des enfants sont là et vos temps de présence restreints. Elle avoue cependant que son rythme est plus agréable qu'à l'hôpital mais éprouve un sentiment d'isolement.

De son côté, Jessica est passée des soins généraux aux soins psychiatriques et s'est spécialisée en addictologie. J'en avais ras le bol de n'être qu'un distributeur à médicaments, à pansements, à perfusions. J'étais à cran toute la journée, témoigne-t-elle.

Steph est désormais infirmière de santé au travail après avoir exercé durant quinze ans à l'hôpital. Je revis, je profite de mes enfants et j'ai un super poste. J'ai fait des formations complémentaires pour être formateur SST (sauveteur secouriste du travail) et formateur gestes et postures pour mener des entretiens infirmiers. Elle considère que la santé au travail est très intéressante, beaucoup de prévention, d'ergonomie, entretiens infirmiers, campagne de sensibilisation. On collabore avec différents partenaires. Il faut par contre faire le deuil du soin mais pour rien au monde je ne retournerais en service. Ce sont des postes avec une grande autonomie car nous sommes souvent seules. On y trouve une belle qualité de vie avec des horaires "classiques". Je suis ravie de cette réorientation.

Après treize années de carrière en gériatrie, Carole, infirmière diplômée depuis 1986, a exercé durant quinze ans en libéral dans son cabinet, puis deux ans en tant qu'IDEL remplaçante tout en se formant et en effectuant des vacations en Ehpad. J'ai obtenu mon DU en ETP en 2015, et cette année, je vise le DU Infirmier référent d'Ehpad et de Ssiad. Il me reste douze années de carrière à effectuer, j'aimerais donc trouver deux postes à mi-temps : formatrice et IDEC en Ehpad.

Céline a exercé durant treize ans à l'hôpital et a changé plusieurs fois de service (psychiatrie, ORL, maternité…), avec la volonté de s'enrichir, voir différentes pathologies, pratiques de soins, personnes… J'ai toujours été passionnée par le monde de la santé, les sciences, et m'épanouis dans la relation à l'autre, raconte-t-elle. Cependant, elle devient plus en plus frustrée par son travail au CHU et décide de prendre rendez-vous pour réaliser un bilan de compétences en vue de faire quelque chose de radicalement différent : maître-nageur, fleuriste, vente… La conseillère qui m'a reçue m'a expliqué que son expérience lui avait montré que les infirmiers avaient un lien fort avec leur métier et que les reconversions professionnelles aboutissaient souvent à des orientations similaires avec une pratique différente. Du coup, j'ai fait économiser 1500 euros à l'ANFH pour mon bilan complet (et une vingtaine d'heures pour moi) et j'ai pris un poste en foyer d'accueil médicalisé pour adultes handicapés. C'est un monde totalement différent que je suis en train de découvrir. Avec des éducateurs aux commandes, on a vraiment l'impression de bientraitance, de comprendre les personnes, les respecter. Comme c'est une petite structure, si on a besoin de quelque chose de technique, on appelle l'homme d'entretien qui vient de suite réparer un volet, une serrure… Un outil pour le travail infirmier, alors on passe à la pharmacie le chercher ou le commander et on fait mettre la note sur le compte de la structure. On a besoin de serviettes, on va au supermarché ! Inimaginable au CHU où l'encadrement de proximité est lié par une logistique colossale, tentaculaire, et où il faut parfois des jours de travail pour savoir comment obtenir tel objet ou tel service. Quel stress pour ceux qui cherchent (et ceux qui attendent !). Céline a pris son poste il y a un mois et découvre donc un nouvel univers qui, malgré ses difficultés, lui permet d'évoluer dans des conditions et une ambiance de travail bien plus favorables et moins stressantes. À voir si cela perdure.

Je suis désormais professeur des écoles et effectue ma seconde année de master en éducation professorat et enseignement

D'autres manières de prendre soin d'autrui

Certains infirmiers prennent le parti de quitter la profession, partiellement ou non, pour continuer à prendre soin d'une autre manière. C'est le cas de Loïse, qui après une courte carrière d'infirmière (quatre ans dans une structure privée, deux ans dans la fonction publique), a démissionné de son poste. J'étais au bord de l'épuisement professionnel, écœurée par un système de santé complètement incohérent et en perpétuelle lutte avec la hiérarchie qui n'entend pas le mal-être des soignants, raconte-t-elle. Je n'avais pas choisi ce métier pour l'exercer ainsi. Après un an de reconstruction psychologique et une prise de recul nécessaire, je me suis lancée dans une autre vision du « prendre soin » : l'esthétique et le bien-être. Après un CAP en une année de cours par correspondance, j'ai eu mon diplôme en candidate libre. Je suis aujourd'hui esthéticienne bio à mon compte. Malgré le statut d'indépendant qui n'est pas très sécurisant ni très confortable financièrement (RSI oblige), je suis pleinement épanouie car je suis libre. Je suis mon propre patron et j'ai vraiment l'impression de faire du bien à mes clientes.

Nathalie, infirmière, consacre la moitié de son temps à son activité de sophrologue. J'ai envisagé de me reconvertir il y a quatre ans, à la suite d'un ras-le-bol total. J'ai donc fait un bilan de compétences et ai bénéficié d'une formation de deux ans financée par l'ANFH en sophrologie. À terme, Nathalie aimerait exercer sa profession de sophrologue à plein temps. Elodie, infirmière depuis huit ans, a travaillé au sein de nombreux services et établissements. À cause de la déshumanisation et du manque de moyens, elle décide de se tourner vers le libéral, mais quelque chose continue de manquer dans sa pratique. J'ai choisi de me former au Reiki, thérapie énergétique, et de faire une certification en consultation. Grâce à ces deux formations, je me retrouve enfin dans ma profession. Je sais qu'il ne sera pas forcément simple de me faire une place en France, j'ai donc décidé de me tourner vers la Suisse. J'ai un entretien dans un établissement prochainement. Je ne sais pas ce que cela va donner, mais je suis déjà ravie de voir que ma vision du soin peut au moins intéresser des structures.

Chloé, infirmière, exerce en chirurgie ambulatoire, et est actuellement en reconversion. Je suis un Master 2 au CNAM. Mon but est de travailler dans la communication hospitalière auprès des patients étrangers, ou dans la relation patient.

De son côté, François, confronté en tant qu'infirmier à une certaine forme de lassitude professionnelle, a eu envie de faire évoluer ses compétences. Désormais cadre de santé clinicien en charge d'une consultation d'addictologie, il vient de terminer sa formation de sexologue après trois années d'études à la fac de médecine.

D'autres personnes envisagent également des études de médecine. Pour ce faire, des passerelles existent mais les infirmiers doivent obtenir la moyenne aux épreuves sanctionnant la première année commune aux études de santé et figurer en rang utile sur la liste de classement correspondant à leur filière. Sept universités françaises (Aix-Marseille, Lille 2, Lyon 1, Lorraine, Paris 6, Toulouse 3 et Rennes) proposent un numerus clausus spécifique aux paramédicaux souhaitant poursuivre des études médicales, odontologiques, maïeutiques ou pharmaceutiques. À partir de 2017, les infirmiers devraient, sous certaines conditions, pouvoir poursuivre un cursus médical sans passer le concours de la première année, comme l'avait annoncé le Premier ministre, Manuel Valls, lors de la grande conférence santé en février dernier.

Je me détache peu à peu du milieu du soin, quitte à faire de l'administratif. C'est une profession formidable mais très pesante avec peu de possibilités d'évolution de carrière

Quitter le soin

Quitter purement et simplement le soin, tel est le choix que font certains infirmiers. Rita par exemple, diplômée en 2015, a suivi, dès l'obtention de son diplôme d'État, une année de master à l'École supérieur du professorat et de l'éducation (ESPE). J'ai obtenu à la fin de mon année le CRPE. Je suis désormais professeur des écoles et effectue ma seconde année de master en éducation professorat et enseignement. Sandra s'est elle-aussi tournée vers l'enseignement. Infirmière depuis 2012, j'ai décidé de me reconvertir dans l'enseignement spécialisé pour les déficients visuels. Elle exerce ainsi un emploi à 40 % dans ce milieu et suit en parallèle des études en master MEEF (métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation) et. À la suite de son master, elle suivra une formation spécifique.

Quant à Kiki, elle a été infirmière pendant quatorze ans. Mauvaise évolution du métier, plus le temps de rien, trop de pression, cela ne correspondait plus du tout avec ma vision du métier. À la maison, tout le monde en pâtissait donc j'ai décidé de tout plaquer il y a deux ans. J'ai fait des saisons viticoles et je viens d'être embauchée dans un domaine en tant qu'ouvrière viticole. Je revis et profite pleinement des mes enfants. Je suis passionnée parce que ce que je fais, à l'air libre et sans pression.

Géraldine, infirmière diplômée de 2003, est en reconversion à la suite de problèmes de santé. J'ai d'abord été formatrice en école d'aide-soignant, puis j'ai découvert le Département d'Information Médicale (DIM) où j'ai exercé durant quelques mois. J'ai ensuite été nommée infirmière Qualité, mais cela nécessitait de marcher beaucoup. Je suis donc retournée au DIM où je me régale chaque jour. J'attends maintenant l'autorisation pour commencer une licence de technicien d'information médicale1 et peut-être enchaîner sur un master en croisant très fort les doigts. Géraldine ne quitte donc pas totalement l'hôpital, mais s'apprête à entamer une toute autre carrière.

Nadia, infirmière depuis 2003, a souvent voulu changer de profession, mais s'est heurtée à de nombreux obstacles. J'ai tenté le concours de professeur de Sciences et Techniques Médico-sociales, postuler en IFSI, à l'ARS… Mais mon diplôme n'était jamais suffisant. J'ai donc obtenu le concours d'infirmier scolaire et exerce dans ce milieu depuis un an et demi mais je ne suis toujours pas épanouie dans mon travail. Je viens donc de faire une demande de disponibilité à mon établissement pour commencer un nouveau poste. Je me détache peu à peu du milieu du soin, quitte à faire de l'administratif. C'est une profession formidable mais très pesante avec peu de possibilités d'évolution de carrière, déplore Nadia.

À noter que des dispositifs existent pour les salariés et fonctionnaires désireux de se former en vue d'une reconversion professionnelle. Dans le secteur privé, les infirmiers peuvent ainsi bénéficier du Congé Individuel de Formation (CIF). Les agents de la fonction publique hospitalière peuvent quant à eux se former grâce au congé de formation professionnelle (CFP).

Je revis, je profite de mes enfants et j'ai un super poste. J'ai fait des formations complémentaires pour être formateur SST (sauveteur secouriste du travail) et formateur gestes et postures pour mener des entretiens infirmiers

Quand la reconversion n'est pas si évidente

De nombreux infirmiers en quête d'une nouvelle vie professionnelle se retrouvent confrontés à des difficultés pour, d'une part, trouver ce qu'ils souhaitent faire, et d'autre part financer leur formation. Fanny a quitté les soins infirmiers deux ans après avoir obtenu son diplôme. Depuis, elle enchaîne les petits boulots. Elle souhaiterait poursuivre un cursus dans l'informatique, un milieu qui l'a toujours attirée, mais pour cela, il faut avoir un minimum de budget, et plus question pour elle d'exercer en tant qu'infirmière. Hélène est confrontée aux même difficultés. Je suis diplômée depuis 2008 et j'envisage de me reconvertir depuis six mois environ. J'ai exercé durant huit ans dans la fonction publique hospitalière et depuis mars 2015, je suis en disponibilité et travaille dans le secteur privé. J'ai donc contacté le Fongecif de ma région afin de faire un bilan de compétences, mais il faut pour cela justifier de 24 mois de travail en tant que salarié. Malheureusement, je suis tombée de haut lorsque la conseillère m'a expliqué que dans la FPH, on ne touche pas de salaire mais une indemnité. Depuis huit mois, je postule pour des postes d'IDE en entreprise, chez des prestataires à domicile, mais malgré mes huit ans d'exercice à l'hôpital, je ne suis pas assez qualifiée. Je pense donc retourner à l'hôpital et voir quelles opportunités s'offrent à moi pour changer de voie mais je crains qu'un CPF ne me soit pas accordé pour me réorienter complètement. Mais j'ai l'impression de ne plus être capable de travailler en tant qu'IDE.

Enseignant, sophrologue, technicien d'information médicale, esthéticienne, ouvrier viticole… Il y a bel et bien des possibilités de "seconde vie" lorsque l'on est diplômé d'État infirmier. Certains n'ont pas hésité à sauter le pas, malgré une situation professionnelle plutôt « sécurisante ». Mais comme le dit très justement Amélie Nothomb : Le risque, c'est la vie même. On ne peut risquer que sa vie. Et si on ne la risque pas, on ne vit pas.

Note

  1. Le technicien d’information médicale (TIM) a une fonction stratégique à l’hôpital. Il trace, à travers des systèmes de codification, l’activité médicale faite par les différents services et les différents professionnels. C’est à partir de ces données que l’hôpital pourra être payé par les organismes d’assurance maladie, et que les ressources seront allouées entre les différents services.
Creative Commons License

Aurélie TRENTESSE  Journaliste Infirmiers.com aurelie.trentesse@infirmiers.com  @ATrentesse

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Commentaires (6)

beatriz1

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#6

la nouveauté ça fait du bien

Diplômée en 2013 au sein de HUS de Strasbourg, je n'ai exercée en tant qu'infirmière que pendant 1 an. Fin 2014, je devenais formatrice médico-sociale. J'ai découvert la pédagogie, la gestion de groupe (parfois des participants issus de milieu défavorisé), l'animation, l'évaluation, le suivi collectif et individuel, la mise en application concrète de référentiels. Je ne regrette absolument pas d'avoir quitté aussi rapidement le monde des soins. Même si j'ai été l'étudiante exemplaire pendant 3 ans et que ma première année d'exercice s'est plutôt bien passée, je me sentais totalement décalée du métier d'infirmière, je sentais que je je me forçais à le faire. La formation d'adultes m'a permis d'avoir un impact positif sur les façons de voir les choses et les attitudes envers la personne aidée. Je me réjouis aujourd'hui d'avoir cette "influence" sur mes apprenants et de leur permettre de prendre confiance en eux tout en restant ouverts d'esprit. Les contrats sont souvent précaires, mais avec persévérance, on arrive à un contrat correcte sur le long terme. La vie de famille n'est pas impactée ni celle des loisirs. Si c'était à refaire, je le referai!!

Maverick03

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#5

Bilan de compétences

Moi je suis passé en santé au travail dans un service inter-entreprise, et j'y suis bien. J'ai été infirmier militaire, puis j'ai été réformé pour un problème de santé qui n'en est absolument pas un dans le civil. Sauf que militaire me plaisait, mais qu'infirmier n'a jamais été une piste métier pour moi ! Je suis très souvent sympathique, parfois apathique, voir antipathique, mais l'empathie je sais pas faire ! Et le soin en général c'est pas mon truc. J'étais en psy depuis quelques années parce que dans l'exercice traditionnel c'est ce qui me déplaisait le moins, mais je pétais les plombs. J'ai fait un burn-out comme on dit, sauf que contrairement à la majorité des infirmiers, ça na se traduit pas par de l'auto-agressivité ou de la dévalorisation chez moi, c'est même plutôt l'inverse : comme je ne partage pas vraiment la souffrance des patients, je peux vite me montrer "méchant".
Alors j'ai fait un bilan de compétences. Si vous pensez à changer, faites-le, ça aide beaucoup. On détermine bien qui on est et ce qu'on veut comme ça, ça permet d'attaquer la reconversion avec un "plan", et de ne pas faire d'erreur. La reconversion était souvent (mais pas toujours) longue et chère, mieux vaut avancer sûrement.
Du coup 2 pistes se sont dessinées : enseigner en ST2S ou devenir infirmier en santé au travail.
Étant un ancien militaire, pour le métier d'infirmier en santé au travail, j'avais déjà beaucoup de compétences. Et c'est là que je me suis dirigé.
Aujourd'hui je suis infirmier dans un service inter-entreprise et je dois bientôt attaquer ma formation complémentaire (universitaire) pour exercer ce métier (il faut se former dans les 2 ans qui suivent l'embauche, sinon dehors !) Et autant le soin ne m’intéressait pas, autant la prévention oui.
Bref, il faut se lancer, mais pas n'importe comment...

Cilou431

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#4

Constat amer

Bonjours à tous, encore quelques gouttes supplémentaires à l'amer constat porté sur notre profession....
Parmi les solutions proposées par l'article, je rajouterais celle d'infirmière adjointe de direction dans les structures petites enfance, exercice passionnant auprès des tout petits, certes très administratif mais selon les structures, avec un temps important auprès du public, enfants, parents, intervenants. Ce fut une de mes nombreuses formes d'exercice de cette profession d'infirmière durant 8 ans.
Infirmière en clinique et hôpitaux par courtes missions dans mes premières années, 14 ans de libéral, la Petite Enfance, 6 ans d'EHPAD, avec comme motivation pour changer : faire évoluer ma carrière, ne pas stagner, et aussi l'épuisement professionnel.
Voilà 8 mois que pour éviter de justesse un nouveau Burn Out professionnel, j'ai décidé une ultime "reconversion (Bouses remballées :) ) "...à 54 ans.
Énorme offre de postes en Médecine du Travail, la nouvelle définition du poste me passionne ...parfais, je fonce, !
Là, je me permets de répondre à Medprev, qu'à moins que cela soit dû à un fait régional (PACA), même avec toute la bonne volonté, aucune porte ne s'ouvre sans expérience en Santé au Travail ou DUST.
L'accès au(x) DU (ST, PRP,...est pour le moment officieusement réservé aux infirmières déjà en poste en entreprises, santé au travail... afin qu'elles acquièrent les compétences correspondant au poste qu'elles occupent, ce qui est tout à fait légitime. Et j'en suis très déçu, il me semblait effectivement que 30 ans d'une pluralité d'exercices, une énorme motivation et un désir de formation en plus suffiraient....
Qu'à cela ne tienne... je vais rebondir vers un autre exercice !
Mais, effectivement.... sans soins chronométrés et sans humanité, au titre de l'argent roi ! Je ne peux plus...

#3

Ide scolaire ou en entreprise c'est se reconvertir??

L’incohérence entre le titre et le contenu de l'article me choque (pour la majorité des situations évoquées en tout cas)
Exercer en entreprise ou milieu scolaire serait une reconversion?? Ils ne sont pas de vrais infirmiers??
C'est une autre façon d'exercer, une des facettes de cette profession. Tout comme l'exercice est totalement différent en service d'urgence, gériatrie, soin palliatif, bloc op...
Soyons vigilants à ne pas nous saborder nous même... enfin à ne pas vous saborder puisque j'ai quitté la profession.
Il serait putot utile de valoriser nos compétences et notre diplôme dans l'accession d'autres métiers pour lesquels nous sommes qualifiés.
Et oui, sauf les éventuelles urgences où parfois on pense à moi, les soins c'est fini. Enfin moins de pression, un salaire décent, des horaires top...

medprev

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#2

Infirmière d'entreprise

Hélène ,si tu veux travailler en entreprise ,le seul moyen c'est de passer par l'intérim .Tu peux avoir fait XXX années en hôpital, ils s'en foutent . Tu dois justifier de dix mille années années d'expérience avant d'être embauchée. C'est ce que j'avais dit à l'époque à ma boîte d'intérim : comment avoir de l'expérience si on ne nous laisse pas en avoir ?" . Après en cumulant divers expériences, tu as plus de chance d'être prise pour de plus longues missions etc...
Quand au fameux DIUST tant vanté ,c'est à voir en fonction de tes acquis . Après si on te l'offre en formation ...

FlorentF

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#1

Beaux témoignages, vaste sujet...

Bonsoir à tous, cher(e) collègues, je viens de terminer de lire cet article qui me paraît très pertinent, et révélateur d'un réel engouement pour beaucoup de professionnels soignants (infirmiers mais pas que) qui désirent se réorienter, ou se spécialiser. J'en rencontre beaucoup lors des formations, des salons, et je fais partie de ces soignants qui ont voulu aller autre part, qui ont voulu s'orienter vers un autre chemin.

Pour ma part, le chemin entamé est plutôt parallèle : infirmier libéral installé depuis 2013, je partage mon temps de travail entre les soins infirmiers à domicile, et les consultations d'hypnothérapie que je pratique en cabinet. Cela n'a pas été facile car il faut gérer deux cabinets distincts (infirmier et hypnothérapeute), cela demande beaucoup de travail, l'équilibre à trouver n'est pas évident, mais quel plaisir ! Quel plaisir de s'épanouir pleinement ! Passionné par l'hypnose, je peux dorénavant la pratiquer en cabinet, mais également lors de certains soins infirmiers (pansements douloureux, gestion du stress chez l'enfant, prise en charge des douleurs chroniques, accompagnement en fin de vie, ...) Ce qui est super avec ce double métier, c'est que les deux pratiques sont complémentaires. Intégrer l'hypnose lors des soins est très intéressant, mais l'hypnose pratiquée en cabinet de consultation est encore différente. Traitement des phobies, du stress, des addictions, des processus de deuil, de séparation, la palette est large, et l'hypnose répond à beaucoup de problématiques !

Bref, je suis convaincu que lorsqu'on a un objectif pro et perso, il faut se donner les moyens d'y parvenir, de ne plus subir son métier, mais de le vivre pleinement. Facile à dire, j'en suis conscient ..!!