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Cours : le poids des affects dans la culture soignante

Que ce soit à l’hôpital ou dans le secteur de ville, les affects interviennent dans la relation soignant/soigné. Dans ce nouveau cours, Christine Paillard, démontre l’intérêt de la gestion des affects pour un soignant. S’il doit pouvoir les maitriser ou au mieux les gérer, il est également préférable pour lui de distinguer ceux du patient.

Cours : Le poids des affects dans la culture soignante

Lors d’une prise en charge, perception sensorielle, émotions passagères, sentiments durables et cheminement cognitif sont si étroitement mêlés que le soignant a parfois du mal à les identifier distinctement.

L’affect se définit chez l’homme comme une disposition affective primaire plus ou moins contrôlée par des charges émotionnelles. Emprunté au latin affectus qui signifie depuis Cicéron un état, disposition de l'âme, il est aussi emprunté à l'allemand Affekt se traduisant par un mouvement ou état affectif impétueux 1.

Ce terme s’est ensuite spécialisé en psychanalyse, surtout à partir des premiers travaux en psychologie de Breuer et Freud2. L’affect se définit comme la subjectivité d’un état psychique élémentaire, inanalysable, vague ou qualifié, pénible ou agréable qui peut s’exprimer massivement ou sous la forme d’une nuance, d’une tonalité. A la différence du sentiment qui est dirigé vers son objet, l’affect est centré sur ce qui est primairement ressenti (A. Ruffiot et A. Ciavaldini3). D’après S. Freud4 l'affect est l'expression qualitative de la quantité d'énergie pulsionnelle et de ses variations.  Freud distingue l'aspect subjectif de l'affect et les processus énergétiques qui le conditionnent. Il refuse d'établir un parallèle entre l'affect dit inconscient (sentiment de culpabilité inconscient par exemple) et les représentations inconscientes. Dans l’ouvrage L’affect5, il s’agira plutôt de reprendre la question sous l’angle du lien à la représentation, qu’il soit difficile ou fragile. En effet, si les affects peuvent nous surprendre dans leur brutalité, sans que nulle représentation ne semble les sous-tendre, ils ne sont peut-être partageables analytiquement que dans leur intime association aux représentations de mots et de choses…. Pour aller plus loin dans la perspective psychanalytique, E. Vion, B. Golse6 décrivent les affects dépressifs comme étant générés par le processus de changement d'objet d'amour ou par le désinvestissement des représentations des objets parentaux primaires. Ce processus est associé souvent à un sentiment de perte jusqu'à ce que les objets substitutifs stables soient trouvés 7. André Green8 donne aussi une définition de l’affect : terme catégoriel groupant tous les aspects subjectifs qualificatifs de la vie émotionnelle au sens large, comprenant toutes les nuances que la langue allemande (Empfindung, Gefühl) ou la langue française (émotion, sentiment, passion...) rencontrent sous ce chef 9, 10.

Les affects interrogent le champ de la psychanalyse dans l’objectif de faire émerger des états inconscients. Si les affects sont construits à partir d'états émotionnels conduisant à une possible interprétation des faits, nous sommes aussi dans le registre des représentations sociales produisant alors des altérations, des quiproquos, des relations éprouvées, bouleversées. L’état affectif fait sens avec l’affection, pour autant, les affects ne relèvent pas toujours de bons...

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