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Des étudiants infirmiers encore trop peu mobiles

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Formation en ifsi

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Malgré la mise en place de dispositifs de mobilité par de nombreux instituts de formation en soins infirmiers, peu d'étudiants profitent en réalité de cette ouverture à l'étranger, selon les résultats d'une enquête menée par la Fédération Nationale des Étudiants en Soins Infirmiers (FNESI). Explications.

étudiante prise de notes

Peu d'étudiants en soins infirmiers suivent un cursus complet (formation et stages) à l'étranger.

Plus d'un institut de formation en soins infirmiers (IFSI) sur deux est pourvu d'un dispositif de mobilité internationale, selon les résultats d'une étude1 menée par la Fédération Nationale des Étudiants en Soins Infirmiers (FNESI). En théorie, cela permet aux étudiants (ESI) d'effectuer une partie de leur cursus à l'étranger en respectant le cadre réglementaire de la formation. Cependant, dans les faits, peu d'ESI bénéficient de ces échanges.

72,5 % des IFSI ayant développé un dispositif de mobilité sont signataires de la charte Erasmus+ leur permettant ainsi de participer au programme. Ce dernier vise à renforcer la qualité de la mobilité des étudiants et du personnel de l'enseignement supérieur. 65 % des IFSI ont ainsi mis en place ce dispositif de manière effective qui s'inscrit dans la formation des ESI depuis 2009 grâce au processus de Bologne. Cependant, seuls 1,8 % des instituts ayant signé la charte Erasmus+ en font bénéficier à leurs étudiants. Par ailleurs, 6 % des IFSI qui permettent une mobilité hors Erasmus+ déclarent des départs d'étudiants.

Même si les étudiants peuvent réaliser un cursus de formation complet (cours et stages) à l'étranger, ce type de mobilité est peu prisé par les IFSI. La mobilité complète exige en effet des procédures administratives plus complexes. Ainsi, dans le cadre d'Erasmus+, 92,30 % des étudiants effectuent leur stage dans un autre pays, et 7,70 % bénéficient d'une mobilité complète (ou académique). Hors Erasmus+, aucune mobilité académique n'est dénombrée. Les stages hors Erasmus+ sont trouvés, dans la plupart des cas (71,44%) par les étudiants.

De nombreux freins à la mobilité

Selon la FNESI, la faible mobilité dont bénéficient les étudiants s'explique notamment par le peu de places offertes par les conventionnements entre les IFSI et les établissements étrangers et des critères de sélection des candidats très restreints (interdiction de partir si l'ESI a déjà eu des rattrapages, maîtrise déjà très bonne de la langue du pays…). La mise en place d'un tel projet peut, par ailleurs, s'avérer complexe pour les étudiants. De plus, tous les instituts n'ont pas encore mis en place de conventionnement, empêchant ainsi toute proposition de départ aux ESI.

Soulignons également que les dispositifs de mobilité sont coûteux, tant pour les IFSI que pour les étudiants. De plus, s'agissant des démarches, les établissements ne bénéficient que d'un très faible soutien de leur université de rattachement qui ont pourtant une expérience non négligeable en matière de mobilité. Les instituts sont principalement soutenus par le conseil régional (80,77%) qui fournit un soutien financier plus que technique. Il existe par ailleurs très peu de mutualisation des moyens (matériels, humains et financiers) entre les IFSI ce qui pourrait pourtant simplifier les démarches.

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Pour des étudiants en soins infirmiers plus mobiles

Pour Hélène Blanc, infirmière diplômée d'État et ancienne vice-présidente en charge des affaires internationales de la FNESI (2015-2016), que ce soit pour les étudiants ou les équipes pédagogiques, il est essentiel de changer de paradigme par rapport à la mobilité dans la formation en soins infirmiers. Envisageons la mobilité comme un outil d'analyse, comme un moyen de changer de regard sur notre profession en France. De regarder de l'extérieur nos propres systèmes de santé et de formation, d'en repérer les failles et les points positifs pour mieux les réparer et les exploiter une fois rentrés.

La FNESI propose donc de développer la mobilité académique dans la formations en soins infirmiers, en créant les partenariats nécessaires avec les établissements étrangers et en augmentant le nombre de places pour la mobilité académique. Il lui semble également nécessaire de garantir la validation des UE et ECTS obtenus et de maintenir le cumul des aides sociales des ESI lors de la période de mobilité. La mise en place d'un travail commun et uniforme sur le territoire d'une université entre les acteurs de la formation pour créer une véritable entraide administrative, logistique et humaine devrait également favoriser la mobilité des ESI. À terme, la FNESI souhaite que tous les étudiants en soins infirmiers de France aient la possibilité d'accéder à un dispositif de mobilité.

Note

  1. La mobilité internationale dans la formation en soins infirmiers - Étude menée auprès de 73 IFSI sur 326 établissements recensés en France.
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Aurélie TRENTESSE  Journaliste Infirmiers.com aurelie.trentesse@infirmiers.com  @ATrentesse

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