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ESI : à vos marques, prêt, pliez !

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Formation en ifsi

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Après la suppression du concours infirmier et l’entrée en institut de formation en soins infirmiers désormais via Parcoursup, d’autres changements sont prévus, cette fois au niveau de l’apprentissage des futurs professionnels. En effet, les établissements ont pris la décision de favoriser un nouveau type d’épreuve pour entraîner les étudiants et accroître leur dextérité, et le moins que l’on puisse dire c’est que les formateurs n’ont pas manqué d’originalité…

A partir de 2020, les ESI devront se livrer à une épreuve pour le moins insolite : exécuter des micro-origami !

Pour cette épreuve, prenez une feuille de papier, une pince, et c’est tout ! Pas besoin de se munir de quoi écrire. Les instituts de formation en soins infirmiers (IFSI) ont décidé d’introduire un nouveau type d’épreuve pour tester la patience et la dextérité des étudiants de deuxième et troisième année. A partir de 2020, des cours et une épreuve de micro-origami seront donc ajoutés au programme. Une idée originale et créative inspirée du Japon où les étudiants en médecine sont déjà soumis à ce type d’examen.

Et encore, contrairement au Japon, on leur épargne les micro-sushi à réaliser

Vers un nouveau type d’enseignement

On n’a pas encore défini sous quelle forme les cours seront donnés. On hésite entre plusieurs sessions de deux heures étalées sur deux mois ou trois après-midi entières d’ateliers, explique une formatrice. Ce qui est sûr, c’est qu’une épreuve finale chronométrée aura lieu. Elle se présentera sûrement sous forme de concours pour pimenter la chose. Précision et rigueur seront les principales qualités attendues des futurs soignants. Cela leur permettra aussi de faire quelque chose de ludique et néanmoins d’utile et de pratique, souligne la formatrice. Divertissant peut-être mais pas sans difficultés. En effet si, au début, les ESI réaliseront des modèles faciles et de taille standard, ils apprendront par la suite des techniques de pliage plus complexes. Le matériel fourni sera de plus en plus petit, jusqu’à arriver à des modèles miniatures qu’ils pourront exécuter à l’aide de pinces.

Du côté des étudiants interrogés sur le sujet, les avis sont partagés. Célia, ESI de troisième année voit plutôt cette évolution d’un bon œil : Il faut faire beaucoup de choses dans un temps limité quand on est infirmier. Et pourtant, il ne faut pas se laisser dépasser par le stress ! Je trouve cela rigolo. Christian, ESI également en dernière année, est même déçu d’avoir bientôt terminé son cursus. Il ne pourra pas s’exercer à cette nouvelle discipline.  C’est dommage, cela sera seulement pour les prochains.  J’adore les pliages. Cela m’aurait remonté ma moyenne. En revanche, Ophélie, étudiante en première année est perplexe : je ne vois vraiment pas l’intérêt, je trouve déjà nos emplois du temps bien remplis. Pourquoi les surcharger de choses inutiles ! Franchement je n’ai pas voulu faire infirmière pour m’amuser à faire des cocottes en papier mais pour soigner les gens ! Elle risque en effet de bénéficier de cette nouvelle épreuve. C’est également le cas d’Anaïs qui elle, est outrée à l’idée de devoir se soumettre à ce type d’exercice. C’est complètement ridicule ! Quand on m’en a informée je suis restée sur les fesses ! C’est encore une idée d’Agnès Buzyn ?

Heureux ou sceptiques, pour les étudiants en première année ou ceux qui entreront prochainement en IFSI, l’affaire est pliée…

Pour en savoir plus, retrouvez le document officiel émis par le ministère de la recherche et de l’enseignement supérieur.

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Redaction d'infirmiers.com

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Commentaires (2)

binoute1

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#2

suite

on voit arriver avec quelques années de décalage les techniques pseudo malignes qui ont fait rare dans le monde RH il y a quelque temps : emmener des équipes dans les prés pour favoriser la coordination; faire des escapes games pour favoriser la ..."team building".

Mon dieu, mais quelle horreur.
Et les pauvres ESI qui vont arriver dans les services vont encore un peu plus en entendre sur le niveau de formation.
Même s'il n'y sont pour rien, eux; que les soignants aient un avis est tout à fait normal.

Ce type de pratique c'est rajouter une petite couche de crotte sur la tartine des conditions de travail

binoute1

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627 commentaires

#1

oh la vache !

donc on va apprendre aux futurs pro à s'adapter à des conditions de travail moisi.
Pourtant, la législation du travail (OIT) indique que l'on doit adapter le travail à l'homme, et non l'inverse.

Je trouve ça d'une débile...mais si ça se fait ailleurs alors...
Passons.
Je peux encore comprendre pour la chirurgie.
Mais sinon, en soins généraux ??
Si quelqu'un peut éclairer ma lanterne