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Les instituts de formation sanitaire d'Île-de-France bientôt rénovés ?

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Le conseil régional d’Île-­de-­France a décidé de mener en 2016 un audit du bâti des écoles et instituts de formation sanitaire en vue de financer un large programme de rénovation, a indiqué à l'APM Farida Adlani, vice-­présidente en charge de l'action sociale, de la santé et de la famille.

Institut de formation bâtiment

En 2016, 1,4 million d'euros seront destinés à améliorer l'accessibilité des instituts de formation sanitaire.

Infirmière de bloc opératoire dans une clinique et maire-­adjointe (Modem) de Villepinte (Seine-Saint-Denis), Farida Adlani fait partie de l'équipe de la nouvelle présidente de région, Valérie Pécresse (Les Républicains), qui a remporté les élections de décembre 2015. Le volet "action sociale, santé et famille" du budget du conseil régional pour 2016 a été adopté jeudi. Il prévoit sur l'année une hausse de 66%, à 3,5 millions d'euros, des crédits d'investissement destinés aux formations sanitaires et sociales, a souligné Farida Adlani. S'agissant des seules formations sanitaires (sages-femmes, paramédicaux, aides-soignants, auxiliaires de puériculture, ambulanciers), ces dépenses d'investissement sont évaluées à 1,3 million d'euros. Cela inclut un fonds d'urgence de 300 000 euros, créé afin de répondre aux besoins les plus immédiats de mise aux normes de sécurité et d'accessibilité, indique un document budgétaire dont l'APM a eu copie.

Des instituts de formation dans un état de délabrement

La région Île-de-France finance 53 écoles et instituts de formation sanitaire, ce qui concerne plus de 19 000 étudiants par an. Farida Adlani a jugé important de soutenir ces formations, d'autant que 90% des étudiants trouvent un emploi à leur sortie, en réponse à une demande forte et croissante des employeurs. La vice-présidente a accusé la précédente majorité de gauche de n'avoir mené que des interventions ponctuelles, et insuffisantes, en matière de rénovation de ces instituts. Elle a estimé que cela a conduit à un "gaspillage" qui s'est répercuté sur les budgets de fonctionnement. La loi de décentralisation de 2004 a transféré aux régions le financement du fonctionnement et de l'équipement des formations paramédicales, mais pas les dépenses d'investissement, a-t-­elle rappelé. Cela fait 10 ans que la gauche se renvoie la balle avec les gouvernements successifs pour savoir qui doit les prendre en charge. Nous avons décidé de prendre le taureau par les cornes en engageant un investissement important, a-­t-­elle affirmé. La région est sollicitée régulièrement [par les instituts] pour faire des travaux, des pansements à cet état de délabrement, a pointé l'élue, tout en notant que l'état de ces structures varie suivant les lieux.

Le conseil régional a décidé de mener en 2016 un diagnostic du bâti des écoles et instituts sanitaires et sociaux. La rédaction du cahier des charges a commencé. L'audit comprendra trois volets: état général des bâtiments (charpente, toiture...), isolation énergétique, accessibilité aux personnes handicapées. Il va être financé à hauteur de 250 000 euros. Après ce diagnostic, la région entend engager un programme d'investissement pluriannuel. La priorité devrait être donnée aux instituts qui présentent les besoins les plus importants, en particulier les écoles et instituts sanitaires et ceux qui s'apparentent à des "passoires énergétiques" , a affirmé Farida Adlani. En matière d'accessibilité, le conseil régional répondait jusqu'ici à des demandes au coup par coup pour une rampe ou un ascenseur, a noté Farida Adlani. Or, d'autres travaux n'ont pas encore pu être financés et les établissements doivent se mettre en conformité avec la loi handicap de 2005, a­-t-­elle averti. Le fonds du conseil régional destiné à la mise en accessibilité des structures de formation sanitaire et sociale va être porté à 1,4 million d'euros en 2016 (au lieu de 1 million en 2015).

Sécurité, bourses, gratuité des études d'aide-soignant...

Le budget 2016 du conseil régional prévoit une progression de près de 6% du budget de fonctionnement des formations sanitaires, à 145,6 millions d'euros. Il augmente notamment sous l'effet de la hausse de la masse salariale, des réformes des formations ou encore des créations de places d'étudiants éducateurs et kinésithérapeutes effectuées sous la précédente mandature, en 2015. Pour 2016, il n'est pas prévu de créations de places, car une étude des besoins va être réalisée en vue de la rédaction du nouveau schéma régional des formations sanitaires et sociales (2016-­22), qui doit être voté en décembre, a poursuivi la vice-­présidente. Cette étude va être réalisée par le conseil régional et l'agence régionale de santé (ARS), avec l'organisme spécialisé Défi Métiers. Le budget 2016 destine par ailleurs 500 000 euros à la sécurisation des instituts sanitaires. La priorité est donnée à ceux qui ne se situent pas dans les murs d'un hôpital. Certains ont déjà engagé des dépenses de caméras, vigiles ou portiques de sécurité à la suite des attentats du 13 novembre 2015.

Une autre mesure vise à assurer la gratuité des formations initiales d'aide-­soignant et d'auxiliaire de puériculture pour tous les étudiants en formation initiale (via une enveloppe de 140 000 euros). Certains de ces étudiants ne remplissent pour l'instant pas les critères permettant de bénéficier d'aides (région, Pôle emploi, etc.) et sont amenés à payer des frais très élevés, de l'ordre de 7 000 euros par an, a expliqué Farida Adlani, qui a dit vouloir mettre fin aux inégalités de prise en charge. Le budget prévoit aussi la poursuite de l'alignement des bourses des étudiants des formations sanitaires sur celles de l'enseignement supérieur, engagé depuis 2011. De plus, le fonds régional d'aide sociale est augmenté de 50 000 euros pour les formations sanitaires et sociales, ce qui le porte à 400 000 euros. Le conseil régional va par ailleurs financer en 2016 une expérimentation d'enseignement par simulation (malaise, arrêt cardiaque....) sur le principe Jamais la première fois. Elle devrait commencer à la rentrée de septembre dans trois ou quatre instituts, en commençant par les futurs infirmiers.

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