ESI

Juste avant le grand saut...

Catherine est étudiante en soins infirmiers. En fin de 3e année, juste avant l’obtention de son diplôme, elle partage avec nous ses réflexions autour du métier d’infirmier et autour des trois ans d’apprentissage qu’elle vient d’achever. Nous la remercions de nous permettre de publier son texte qui évoque à la fois la pratique, les attentes, mais également le regard d’une jeune infirmière, bientôt diplômée, sur ses années IFSI.

étudiante rue dos

Catherine nous explique comment elle a appris, trois ans durant, à devenir une soignante.

Certains parlent du métier d’infirmier comme d’une vocation. Pour ma part quand j’étais enfant, je voulais être professeur de français, j’ai pensé à avocat ou à médecin ; pourquoi pas psychologue ? Je n’ai pas toujours voulu être infirmière, cela n’a pas toujours été une logique pour moi et pourtant aujourd’hui, j’attends avec fierté et impatience la précieuse attestation qui me permettra d’exercer mon métier avec une bonne dose de cœur et d’authenticité. J’ai décidé de présenter le concours d’entrée en IFSI deux ans après avoir obtenu mon baccalauréat scientifique et, fin aout 2014, c’était parti.

Lorsque nous entrons en institut de formation, nous ne savons pas vraiment ce qui nous attend. Du haut de mes vingt ans, il m’a fallu apprendre la théorie, appréhender la pratique, mais surtout apprendre à être un soignant tout en faisant le deuil du soignant parfait qui n’existe que dans nos projections. Et finalement, là est bien le plus compliqué, apprendre à être…

Avec un recul de trois ans d’études, des stages qui se sont plus ou moins bien passés mais qui ont tous été plus formateurs les uns que les autres et une équipe pédagogique bienveillante et rassurante, c’est un peu aujourd’hui, à quelques jours des résultats du diplôme d’état, notre petite victoire à nous, je dis « nous » car ce cheminement-là est avant tout le fruit du travail d’encadrants attentionnés et qui ont pris le temps... J’ai appris à être un soignant.

La remise en question reste paradoxalement la partie la plus difficile des études en soins infirmiers

S’interroger en tant que soignant

Il m’aura fallu trois ans et bon nombre d’heures de discussions, de questionnements, de réflexions pour appréhender le fait que la théorie s’apprenne à force de travail, que la pratique et la technique s’acquièrent à force d’entraînement, mais que le savoir-être face à une personne en fin de vie, la posture soignante lors de l’annonce d’une rémission ne soient pas innés. Et la remise en question reste paradoxalement la partie la plus difficile des études en soins infirmiers. Ne pas faire une analyse de pratiques pour faire une analyse de pratiques mais pour réfléchir et se questionner, ne pas lire un cours d’éthique pour réussir un partiel mais pour s’interroger en tant que soignant, mais aussi en tant qu’être humain sur des principes fondamentaux tels que la justice ou l’autonomie.

Prenons les cours théoriques comme une richesse, le travail de fin d’études comme une chance de questionner encore une fois l’étudiant que nous sommes au sujet du soignant que nous aspirons à être.

Trois ans d’étude, de vie, de « peines et de joies »

Aujourd’hui, je vis mes derniers jours d’étudiante infirmière et c’est avec un certain soulagement mais aussi avec une certaine reconnaissance que je vais franchir pour la dernière fois les portes de l’institut de formation. Nous ne nous en rendons pas forcément compte au début, mais trois ans d’études, c’est trois ans où nous apprenons à être, c’est aussi trois ans de vie, trois ans de peines et de joies, trois ans de quotidien partagé avec des étudiants, des formateurs, des êtres-humains dont nous garderons pour certains un souvenir empreint d’émotions, de reconnaissance, de gratitude…

Nous avons la chance d’embrasser un métier varié où aucun jour ne se ressemble, un métier qui nous rappelle combien la vie est cruelle mais surtout combien elle peut être magnifique si nous prenons la peine de la regarder d’un peu plus loin. Une carrière où nous apprenons chaque jour de chaque personne, de chaque culture, de chaque histoire de vie. Alors prenons les cours théoriques comme une richesse, le travail de fin d’études comme une chance de questionner encore une fois l’étudiant que nous sommes au sujet du soignant que nous aspirons à être, ayons confiance en nos encadrants et apprenons chaque jour auprès du monde à être un soignant, au-delà de la théorie, au-delà de la pratique.

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hartamann