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Médicaliser les victimes plutôt que pénaliser les responsables ?

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Formation en ifsi

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L'Association de Défense des Droits des Etudiants en Soins Infirmiers (Addesi) a souhaité réagir suite à l'article publié en septembre dernier détaillant le bilan de la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (Fnesi) un an après leur enquête sur le mal-être des étudiants en formation.

L'Addesi rappelle que le mal-être d'un étudiant renvoie au domaine médical alors que la maltraitance d'un étudiant est dans le champ du pénal.

L'étudiant qui dénonce ce grave dysfonctionnement de maltraitance sur le lieu de stage est très souvent déclaré menteur, maintenu dans son service et stigmatisé par l'administration du lieu de stage et de l'Ifsi.

L'Addesi dénonce la rhétorique de la Fnesi. L'usage du terme mal-être culpabilise les victimes et dédouanent les responsables. Nous pensons qu'il est utile de tous faire la distinction entre ces deux phrases : l'étudiant est mal dans sa peau et l'étudiant est maltraité. Les conséquences du choix des termes sont énormes. Le mal-être d'un étudiant renvoie au domaine médical alors que la maltraitance d'un étudiant est dans le champ du pénal. En choisissant le terme de mal-être, la Fnesi choisit donc la médicalisation des victimes plutôt que la pénalisation des responsables.

Nous admirons également avec quelle aisance la Fnesi discourt du mal-être étudiant en évitant tous les termes juridiques qui fâchent : harcèlement moral, discrimination, abus de pouvoir. D'autre part, nous dénonçons le fait que la maltraitance des étudiants en soins infirmiers soit mise sur le dos des soignants durant les stages. Nous rappelons qu'avant que le stage ait lieu, une convention est signée entre l'administration de l'Ifsi et celle qui accueille l'étudiant. Cette convention engage la responsabilité des deux parties dans le bon déroulement du stage. Le cadre de santé du service de soin est par ailleurs le maître de stage et paraphe la feuille d'évaluation de l'étudiant. Le cadre de santé et le référent pédagogique de l'étudiant à l'Ifsi sont les premières personnes contactées par l'étudiant en cas de maltraitance. Une mesure d'urgence toute simple comme l'aménagement du planning de l'étudiant pour éviter tout contact avec le soignant harceleur n'est jamais mise en place. Au contraire, l'étudiant qui dénonce ce grave dysfonctionnement sur le lieu de stage est très souvent déclaré menteur, maintenu dans son service et stigmatisé par l'administration du lieu de stage et de l'Ifsi. Le harcèlement s'intensifie souvent alors car les soignants sont informés par le cadre que l'étudiant les a dénoncé. Bref, les comportements déviants des soignants envers les étudiants sont tolérés et même parfois encouragés par l'administration qui a pourtant clairement le pouvoir d'y mettre fin.

Pour terminer, nous dénonçons également la conclusion du rapport du Dr Donata Marra. Aucune mesure d'identification des personnes malveillantes, ni de répression à leur encontre n'est proposée. Nous dénonçons aussi une inégalité de traitement entre le secteur privé bien mieux protégé contre le harcèlement moral et le secteur public qui refuse de sanctionner ses cadres.

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Président Addesicontact@addesi.fr

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