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"Quand les périodes de stage deviennent un calvaire..."

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Formation en ifsi

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Les périodes de stage représentent des étapes clé pour les étudiants en soins infirmiers. C’est le moment où chacun peut mettre en pratique ses connaissances et avoir une vision de son futur métier. Cependant, l’intégration dans les services est souvent difficile et peut en décourager un certain nombre, menant ainsi parfois à un arrêt de formation. Entre les présentations des premiers jours et les conflits d’équipes, l’intégration s’avère souvent difficile et place l’étudiant au cœur de situations délicates. Sans faire de procès d’intentions, la question se pose donc sur la place de l’étudiant dans les lieux de stages et les problèmes d’encadrement liés aux contraintes imposées par la politique restrictive du système de santé actuel.

soignant triste assis sur le sol

L'étudiant infirmier en stage se trouve souvent confronté à des situations délicates durant son intégration.

Étudiant en soins infirmiers de 2ème année, j’écris afin de mettre en avant une réalité qui ne date pas d’aujourd’hui et qui perdurera vraisemblablement encore demain. Les stages infirmiers sont, sans doute, les périodes les plus attendues par nous, étudiants. Fiers de vouloir mettre en œuvre nos connaissances et nos compétences acquises à l’Institution de formation en soins infirmiers (IFSI) et ainsi toucher du bout des doigts notre futur métier. La réalité est bien moins réjouissante et les périodes de stage peuvent vite devenir un calvaire, mettant alors notre volonté à rude épreuve. De nombreux doutes apparaissent, pouvant conduire, pour certains, à l’arrêt de leur formation.

Les périodes de stage peuvent vite devenir un calvaire, mettant alors notre volonté à rude épreuve.

Bénéficiant d’une expérience de cinq lieux de stage différents, je suis surpris de constater que je suis confronté chaque fois aux mêmes obstacles d’intégration, et que mon enthousiasme et ma motivation sont mis à mal par le comportement de certains professionnels de santé.

Commençons par les premiers jours de stage où la politesse et les codes sociaux en vigueur impliquent une présentation suscitant souvent des réactions, plus ou moins amusantes et déroutantes. Tous les étudiants ont cette phrase en tête « bonjour, je suis... étudiant infirmier en... année » qui doit être répétée inlassablement à chaque stage pendant trois ans. Entre les soignants qui daignent à peine tourner la tête pour vous répondre, et ceux qui ne se présentent pas, ou encore, accompagnent leurs présentations avec des commentaires forts sympathiques comme «  oh non, un étudiant ! » ou encore  « super, il ne manquait plus que ça ». Autant de marques d’affection qui donnent le ton et mettent à l’aise n’importe quel étudiant !

Quoi de mieux qu’un étudiant sans défense tenu par son bilan de stage et son avenir, pour soulager les tensions internes d’une équipe.

Passées les présentations, le stage commence alors, accompagné de son lot de problèmes liés à l’intégration que je découperais en quatre catégories :

  • les anciens qui nous font payer les lacunes du nouveau programme et l’absence de mises en situations pratiques ;
  • les jeunes infirmiers diplômés d’État qui reproduisent ce qu’ils ont pu subir eux-mêmes au cours de leurs propres stages ;
  • les médecins qui ne considèrent déjà que très peu les soignants en exercice ;
  • j’ai également pu constater que la qualité d’un stage se jouait au jour le jour, dépendant des conflits d’équipe et des humeurs personnelles, mettant ainsi l’étudiant dans la situation délicate de punching ball. Quoi de mieux qu’un étudiant sans défense tenu par son bilan de stage et son avenir, pour soulager les tensions internes d’une équipe !

Le récit que je propose et les exemples donnés ne sont pas simplement des anecdotes, mais bien des habitudes ancrées dans la majorité des lieux accueillant des étudiants, mettant ainsi en lumière les questions d’actualité avec le manque de formation à l’encadrement du personnel soignant, la surcharge de travail en milieu hospitalier et la réduction des effectifs soignants ; autant de raisons délétères pour l’encadrement des étudiants sur les lieux de stage. Devons-nous pour autant nous, futurs soignants, en être les dommages collatéraux ? J’ai moi-même remis en question, à plusieurs reprises, ma formation, non pas pour des raisons de vocation professionnelle, mais bien en rapport avec la place que l’on a en tant qu’étudiant au sein des services.

Devons-nous, futurs soignants, être les dommages collatéraux des habitudes ancrées dans la majorité des lieux accueillant des étudiants ?

Mon intention n’est pas de faire de cet écrit un plaidoyer, et j’en profiterais donc pour saluer l’ensemble des soignants qui a su voir plus loin que le statut des stagiaires et des problèmes structurels en me considérant comme un futur professionnel de santé. Des soignants, à mon sens trop peu nombreux, et pourtant soumis aux mêmes contraintes imposées par la politique du système de santé actuel et qui, pourtant, prennent encore le temps de l’encadrement et l’établissement d’une collaboration fructueuse.

Étudiant en soins infirmiers

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Commentaires (12)

Gabyvaly

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#12

Accueil etudiant

Il n'ai jamais facile d intégrer un etudiant au sein d une équipe mais cela demande une remise en question de celui qui va prendre en charge l étudiant en effet c'est un surcroît de travail mais c'est aussi une facon de réfléchir à ces pratiques on ne peut encadrer que lorsque soit même on est à l'aise dans sa spécialité et son service ne vous laissez pas decourager

binoute1

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546 commentaires

#11

incroyable !

Dans le monde des soignants, il y a des gentils et des méchants encadrants ?
ils y a des stagiaires j-m-en-foutistes et des winners ?
incroyable, un stage c'est stressant ?

c'est dingue ça !
pardon, mais si on va sur les forum de médecine, de psycho, de commerce, de formation RH... ben on se rend compte que c'est kif kif.
ça n'excuse rien, c'est vrai; mais faut quand arrêter de se dire que le monde des infirmiers est plus dur que les autres...
Et les élèves de 3e qui font leur stage en entreprise, ils ne sont pas stressés ?

Aura_Nyx

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#10

Y aurait-il un moyen..

. De parler de ce mal etre sur le lieu de stage? Pendant les 2-3-5 minutes de deconsideration?
En lisant vos commentaires, on dirait que le dialogue est bloqué.

loulic

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258 commentaires

#9

Fantasmes ...

L'étudiant a toujours été "acteur de sa formation", ce n'est pas une invention de 2009.

Ca s'est toujours traduit par "on n'a plus de sous alors démerdez vous".

MSP ou pas, les étudiants étaient évalués AUSSI sur toute la durée de chaque stage et sur toute la formation. Et pas uniquement sur 5 jours. Pourquoi 5 jours d'ailleurs ?

Sauf que si on pouvais réussir tous ses stages, et toutes ses évaluation, on pouvait être recalé uniquement sur la dernière MSP ou sur la dernière épreuve théorique.

BrunoS11

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#8

C'est malheureusement vrai...

Personnellement j'ai été étudiant infirmier à 50 ans en 2011 après 25 ans comme cadre administratif et j'ai vécu de nombreuses situations similaires.

Il faut aussi considérer que la réforme de 2009 a été bombardée dans les services autour d'un portfolio "ésotérique" et de l'étudiant "acteur de sa formation" concept plutôt étranger au système éducatif français.

Nous passerons sur les "mieux avant" car il y a eu une réforme à chaque génération d'infirmières.

On nous reproche le manque de MSP, mais l'évaluation dure 60 semaines et plus 5 jours sur trois ans.
D'où la dérive de transformer 5 semaines de stage en 5 semaines de MSP, Le stagiaire ne pouvant pas "mettre en pratique" à la première heure ce qu'il est venu apprendre à maitriser.

Il y a de plus une grande incompréhension de l'organisation en "compétences" et du paradigme du nouveau référentiel.
Elle est illustrée par un des commentaires précédents. L'item est mis non-acquis car l'étudiant a fait une erreur de dosage d'insuline pendant le stage.
Or la question est de savoir si la "compétence" est acquise à la fin du stage. C'est à dire avoir la capacité de faire face comme IDE à une situation similaire à l'avenir, pas de sanctionner une erreur.

Le témoignage ne parle pas d'échange constructif, ni de relation d'aide , de tutorat , de progression, de la capacité de l'étudiant à faire des liens entre le diabète, son traitement, du risque d'hypoglycémie. En bref de sa capacité à devenir "réflexif" et utiliser le même raisonnement clinique dans d'autres situations et acquérir des méthodes de travail pour s'autocontrôler à l'avenir.

Le stage est raté car l'étudiant est "jugé" au lieu d'être "accompagné", il n'a pas compris ce qu'on lui reprochait

La prochaine fois je vous parlerai de la Faisant Fonction de Cadre, en charge de mon suivi pédagogique qui m'a accueilli par "vous avez gâché votre stage" et n'a pas validé 4 de mes stages sans jamais me dire pourquoi...

estebanos

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#7

C'est bien connu, c'était mieux avant....

"La formation est à revoir"? Toujours le même discours! C'était mieux avant, au temps de la préhistoire, des arracheurs de dents et des sorcières. Les temps changent, la formation à évolué et de nos jours les IDE sont comme les étudiants acteurs de la formation. Former correctement les étudiants et ils seront correctement formés. Montrez l'exemple avant de les juger. C'est impressionnant comme les IDE diplômés ont tous été des étudiants parfaits et comme les étudiants sont tous de dangereux futur IDE. Il y a des bons et des mauvais professionnels dans la même proportion qu'il y a des bons et des mauvais étudiants. Et un bon étudiants peut faire un mauvais professionnel comme un mauvais étudiant sera peut être un bon professionnel.
Un étudiants peut faire des erreurs, cela arrive, mais il peut aussi voir des professionnels faire des erreurs, et cela me semble plus critiquable.
Cesser de vous dresser les uns contre les autres, les étudiants sont vos futurs collègues et peut être vous soigneront-ils un jour. Soyez bienveillant envers tous et cessez de juger, deux façon d'être qui trop souvent font défaut dans cette belle profession. On récolte ce que l'on sème...

kefnsoso

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#6

attention à ne pas tout confondre ...

Hum... je suis actuellement étudiante en 2eme année. J'ai eu 15 et 16.5 de moyenne aux deux premiers semestres, je suis très bosseuse, j'adore dépoter aux examens (et oui contrairement à ce que certains laisse comprendre, ce n'est pas parce qu'on ose remettre en question certains comportements de soignants et leur accueil qu'on est un cancre). J'accepte avoir des axes d'amélioration, mais je peux répondre à certains ou certaines d'entre vous que OUI oui et OUI certains soignants (IDE, AS Et parfois même ASH) sont odieux avec les étudiants. Ils se permettent des choses, des comportements que j'espère ne jamais reproduire sur les étudiants que j'aurais plus tard sous mon aile. Je suis perfectionniste je me donne à fond en stage, j'essaie de me présenter à chaque nouvelle personne (des fois on ne sait plus vraiment à qui on s'est déjà présenté) et pourtant je peux vous dire que certaines m'ont fait pleurer. Cependant mes tuteurs jusqu'à présent ont été exigeants avec moi, parfois durs et je les remercie car ils m'ont beaucoup appris, alors attention ne confondez pas ! L'étudiant dans cet article (et moi même d'ailleurs) ne se plaint pas des exigences mais de l'accueil et de la manière dont certains se comportent ...

nanieAS

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#5

Pas de procès

En effet je suis d'accord que "certains professionnels " accueil mal les étudiants mais il y a des étudiants qui ne se présentent pas et qui ne disent pas bonjour dernier en date pour ma part : la semaine dernière . Bref nous ne sommes je pense pas là pour parler de politesse car c'est une qualité que l'on a ou pas et cela n'est pas seulement le fait de notre trés belle profession. Cela dit, mes collègues et moi accueillons les élèves de façon adaptée et nous faisons notre travail comme il se doit . En effet certains professionnels trouvent avec les étudiants des "petites mains" supplémentaires mais ce n'est pas ça notre rôle . Nous avons le devoir de former des professionnels capables de prendre en soin des patients EN SÉCURITÉ . Comme je l'ai déjà écris dans mon premier commentaire j'ai eu l'occasion d'encadrer des 3 eme année qui ont faillit administrer 4 fois la dose d'antihypertenseur ou encore 10 fois la dose d'insuline rapide et bien d'autres erreurs.... Les conséquences auraient pu être dramatiques sans la vigilance de mes collègues ou moi! Le problème c'est que les étudiants en cause ne se remettent pas en question dans ces moments là car il ont peur pour leur bilan de stage. Je pense aussi à une étudiante qui avait validé toutes ses évaluations a l'IFSI avec des notes correctes et qui pourtant était incapable d'expliquer ce qu'était un infarctus du myocarde et qui disait qu'un AVC hémorragique était dû à un caillot qui bouche un vaisseau du cerveau! Bref ce poste n'est pas là pour faire le procès de qui que ce soit mais plutôt de réfléchir et de se remettre en question que l'on soit étudiant ou professionnel.

kinoubr27

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#4

Les professionnels ont aussi des devoirs

Le respect et la politesse sont également valable pour les professionnels de santé, quand on se présente et que le professionnel de santé ne nous répond pas ou nous ignore, moi je pense que c'est un problème d'éducation et d'abus de pouvoir.
Certes l'étudiant a des devoirs, mais lorsqu'on accepte de recevoir un étudiant dans ses services, on fait en sorte qu'il soit bien accueilli et encadré. C'est le devoir du professionnel de santé. Encadrement et formation font parti de leur travail.

manou29

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#3

bon article !

En réaction à vos commentaires : peteprick, je suis étudiante en deuxième année, et malgré une bonne moyenne en cours, ce qui ne change pas grand chose à mon avis car tout les étudiants devraient pouvoir bénéficier d'un encadrement idéal en stage car nous sommes en FORMATION; je trouve que l'auteur de cet article a raison. Les périodes de stage sont souvent cause de stress inutile, causé par des équipes peu accueillantes et des conditions d'apprentissage difficiles. Quand nous arrivons dans un service où les équipes sont tendues, rien à voir avec notre moyenne, nous éprouvons des difficultés ! Et ce forum a pour but de se soutenir entre étudiants, pas de blâmer nos ressentis. 15 de moyenne et un stage raté, oui ça existe et ceci est courant ! Heureusement que certains professionnels se souviennent encore de leurs années d'études et en prennent compte dans notre encadrement.

PetePrick

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#2

Un avant et un après

Je rejoins tout à fait Nanie. Quand j'étais étudiant en 3ème année, je suis passé par des lieux de stage réputés "difficiles" et c'était pour moi les meilleurs stages de ma vie.
Dans des stages type soins intensifs ou réa, les professionnels sont obligés d'être rigoureux et exigeant de la part de l'étudiant : on manipule constamment des traitements très dangereux. Et beaucoup en retour, n'étant pas intéressés par ce lieu de stage et ainsi le trouvant trop difficile, dénigrent le service et les professionnels etc. C'est beaucoup plus fréquent que je ne me l'imaginais.

Maintenant professionnel de santé, je suis effaré de voir le nombre d'étudiants qui ne se présentent pas ! Cette phrase qui doit être répétée inlassablement ça s'appelle de la politesse et du respect ! Ça vous paraîtrait invraisemblable de ne pas vous présenter en arrivant à une soirée où vous ne connaissez que votre ami. Et bien en service, sur plus d'une trentaine d'étudiants que j'ai vu défiler, seulement 3 se sont présentés à moi ! Après on vient vous demander de montrer ça ou ça et vous savez même pas qu'il y a un étudiant dans le service, parce qu'il s'est tout juste présenté à son référent.

Enfin j'en passe sur les quatre catégories, elles n'ont pas d'influence sur la notation. C'est exactement les excuses que vous sortent les étudiants qui ne bossent pas. Je veux dire, plaignez-vous maintenant que les pro ne valident pas vos compétences, on en reparle quand vous serez professionnel du jour au lendemain, je pense que vous regretterez de ne pas avoir écouté les axes d'amélioration laissés par les professionnels. Faut arrêter de penser que les professionnels ont une aversion des étudiants, ça représente une minorité d'IDE (parlant de ce que j'ai pu voir durant mes stages et dans mon service actuel).

On pourrait avoir la moyenne générale de l'étudiant qui a rédigé cet article ? Je pense qu'on serait fixé et qu'on pourrait lui trouver une catégorie ;)

nanieAS

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#1

Pas facile des deux côtés

Il est en effet parfois difficile de s'intégrer sur les lieux de stage! J'ai été étudiante il n'y a pas très longtemps et je me souviens de certains soignants extrêment désagréables lors de notre arrivée! Mais je me souviens aussi que certaines réalités où les professionnels pointent les difficultés des étudiants. J'ai vu certains de mes collègues de promo se cacher derrière une soit disant mauvaise ambiance pour ne pas prendre leur manque de compétence en face ... Et après coup le diplôme enfin en poche ces mêmes collègues parlent de ces épisodes et se rendent compte que les remontrances des professionnels étaient bien fondées .
J'ai eu l'occasion d'encadrer des étudiants en troisième année et je suis effarée de constater très souvent (je n'ai peut être pas eu de chance) le manque de connaissances (pharmaco, patho, hygiène....) et les erreurs d'etourderie qui n'ont pas leur place dans notre métier !!! Une de ces étudiante à faillit donner 10 fois la dose d'insuline rapide !!! Et quand j'ai mis à son bilan de stage non acquis sur un item lié à la dispensation médicamenteuse elle m'a regardé les yeux rond en disant "quand meme c'est un peut abisé" alors je lui ai demandé si il fallait qu'elle tue le patient pour mettre non acquis car si je n'avais pas été vigilante c'est bien ce qui aurait pu se passer !!!
Alors en effet l'accueil des étudiants et leur encadrement doit être fait dans de bonne conditions mais il me semble que la formation est à revoir, la conscience professionnelle, les connaissances et la rigueur des étudiants est indispensable.