ESI

Tout n'est pas gris chez les ESI...

Cet article fait partie du dossier:

Formation en ifsi

    Suivant

Ce texte, reçu spontanément à la rédaction en écho à celui de Monsieur Piqûre, nous montre que les expériences des étudiants en soins infirmiers sont très diverses, voire diamétralement opposées, en ce qui concerne les stages et la façon de les vivre. Un nouveau texte qui, nous n'en doutons pas, devrait vous faire réagir...

infirmier coeur

Une étudiante infirmière l'affirme : « il y a des lieux de stages extraordinaires avec des personnes extraordinaires qui donnent de leurs temps pour nous apprendre un métier aussi complet et enrichissant que celui que l’on a tous choisi : celui d’infirmier. »

Ras-le-bol de ne lire que des témoignages d'étudiants qui traînent les pieds pour aller en stage ou qui se plaignent de leurs conditions d'accueil. Moi, étudiante infirmière en 3ième année, je vais vous raconter. J’ai été stressée autant que les autres avant d‘aller en stage. J’ai eu mal au ventre, très mal dormi, mais attention la battante qui est en moins a vaincu cette peur d’y aller. Cette peur qui est certainement dûe à tous ces étudiants qui racontent l’enfer qu’ils vivent en stage. Loin de moi l’idée de dire que cela n’arrive pas mais chers étudiants : « il y a aussi l’inverse ».

Une cadre qui désire me voir avant de commencer mon stage, ce n’est pas la première fois. Je prends de mon temps personnel afin de la rencontrer. Elle me fait visiter le service, m’explique ce que l’on attend de moi et on me présente à l’équipe. Tout le monde est souriant. J’ai mon planning pour trois semaines (chouette car j’ai deux enfants et je peux anticiper). Elle m’invite à réaliser des recherches qu’elle oriente afin que je puisse être opérationnelle le plus rapidement possible. Le lundi, j’arrive à l’heure prévue, l’infirmier qui doit s’occuper de moi cette semaine est au courant de mon arrivée. Il m’accueille, m’explique, me parle comme une collègue. Je suis à l’aise. Les semaines qui suivent vont être un réel plaisir. J’ai appris énormément de choses, j’ai pu réaliser des actes techniques mais surtout, j’ai pu me rendre compte de l’importance de l’esprit d’équipe.

Autre stage, en Maison d’accueil spécialisée. J’avais peur. Peur de ce que j’allais ressentir, voire entendre, sentir… L’infirmière cadre m’accueille et me met à l’aise rapidement. Elle me demande si j’ai des attentes particulières et me conduit dans l’unité dans laquelle je vais passer deux semaines avec les résidents pour la réalisation des soins quotidiens et pour apprendre à connaître le fonctionnement de l’établissement. Je pense tout d’abord mince, deux semaines de perdues et pas de soins infirmiers, mais je décide de mettre de la bonne volonté et de profiter de tous les instants. Cette immersion au milieu de résidents en situation de handicap mental m’a appris à avoir la bonne attitude au bon moment. Pour rien au monde je ne laisserai ma place à une autre. Fin de stage, rapport excellent. L’équipe a senti mon envie d’apprendre, mon envie de connaître tous les résidents dans leur globalité, c’est-à-dire leurs histoires de vie, leurs pathologies, leurs habitudes, leurs difficultés… Bref, là ou certains de mes collègues ont détesté ce stage moi j’ai adoré.

Encore un  autre stage en soins intensifs cardiologie. J’ai peur, j’ai très peur. Et si je n’étais pas à la hauteur. C’est un comble, le précédent stage il n’y avait pas assez de technique et là il y en a un peu trop. L’infirmière qui m’accueille me propose de la suivre pendant les cinq premières semaines. Cinq semaines pendant lesquelles elle m’a demandé beaucoup de recherches sur les pathologies et les thérapeutiques. Cinq semaines intenses pendant lesquelles j’ai travaillé deux heures tous les soirs pour être à l’aise dans le service. Mais cela paie, au bout de ces cinq semaines, j’étais très au clair sur le travail infirmier dans un service aussi complet. L’infirmière qui m’accompagne m’explique qu’il y a très peu d’étudiants qui réalisent autant de recherches et qu’il faut toujours demander, demander et encore demander. Elle a donc décidé que si un étudiant ne lui montre pas qu’il veut apprendre elle n’insiste pas et attend que les dix semaines passent. Au bout de cinq semaines, une autre infirmière me propose de m’accompagner. Super, encore des choses à apprendre. Elle a également vu que je voulais progresser et m'a aidé à y parvenir. Rapport de stage excellent.

Je pourrais continuer encore la liste, mais je vais m’arrêter la. Mes amis les étudiants, s’il vous plaît, il faut penser à ce que l’on veut vraiment et tout faire pour l’atteindre. Et s’il y a des obstacles, il faut passer outre. Dans la vie tout n’est pas rose et dans notre métier non plus. Alors battez-vous. Aujourd’hui, j’arrive en stage avec cette peur au ventre que cela m’arrive à moi aussi. Je veux dire à tous les étudiants infirmiers haut et fort : il y a des lieux de stages extraordinaires avec des personnes extraordinaires qui donnent de leurs temps pour nous apprendre un métier aussi complet et enrichissant que celui que l’on a tous choisi : celui d’infirmier.

Je veux dire merci à tous ces infirmiers, infirmières, aides-soignants, agents, cadres, médecins et internes (j’en oublie) un grand merci pour cette transmission de savoirs qui ne peut pas se faire par les livres. MERCI.

Creative Commons License

Retour au sommaire du dossier Formation en ifsi

Publicité

Commentaires (4)

Candydvns

Avatar de l'utilisateur

1 commentaires

#4

TROP TOUCHANT !

Merci à cette étudiante, qui nous rebooste ! Je suis dans la phase aussi " encore ce stage ou je ne vais rien faire", c'est vrai que la boule au ventre des le depart plombe le moral.
mais la ca donne vraiment le courage, l'envie d'apprendre et de continuer cette formation coute que coute.

Méniak

Avatar de l'utilisateur

3 commentaires

#3

Bel article

Je pense que tout étudiant (moi, le premier) avait une vision tout autre du métier d'IDE avant/pendant/après son diplôme. L'étudiant, s'il se comporte en "éponge à savoirs", cherchera à apprendre, à comprendre, à tirer le meilleur de tous les professionnels qu'il rencontrera, se retrouvera enrichi d'expériences diverses afin de devenir un professionnel compétent.
Vivre des situations "tendues" avec un encadrant "difficile" et peu pédagogue m'a servi à ne pas le devenir. Au contraire, vivre de bonnes expériences et avoir des encadrants à l'écoute, m'a permis (du moins je l'espère) d'être beaucoup plus tolérant avec mes stagiaires et à chercher différentes façon d'enseigner/encadrer.

Notre métier est magnifique, il y a mille façons de le pratiquer et de se comporter au sein de celui-ci. Trouver la vôtre après avoir vu et appris auprès des professionnels, vous n'en sortirez que grandi ;)

lytchy

Avatar de l'utilisateur

1 commentaires

#2

Enfin du positif ..

Oui, un article encourageant qui change de la noirceur de certains écrits ...
Future ESI, cela me fait plaisir. Malgré certaines difficultés que peuvent rencontrer un stagiaire ( et à mon avis cela n'est pas que dans la formation infirmière, c'est ainsi ) ressortir le positif est constructif pour tous. Vraiment merci de nous faire lire cela !!

augusta

Avatar de l'utilisateur

72 commentaires

#1

Merci!!

Merci à cette étudiante pour cet article qui rééquilibre un peu les choses effectivement.
Malgré ses peurs, cette étudiante se positionne en "apprenante" et réussit à trouver sa place au sein des équipes.