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Vidéo - Universitarisation : qu’en pensent les étudiants infirmiers ?

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Formation en ifsi

Le Comité d'Entente des Formations Infirmières et Cadres (Cefiec) l'a exprimé de longue date : « la formation infirmière telle qu'elle existe aujourd'hui est entrée depuis 2009 dans une mutation fonctionnelle et organisationnelle qui doit la conduire vers l'université. L'universitarisation des formations [paramédicales] est une nécessité pour poursuivre une harmonisation européenne des diplômes et permettre à terme un accès vers une discipline en sciences infirmières ». Comment les étudiants voient-ils ces bouleversements de leur formation à venir ? Infirmiers.com est allé tendre son micro aux étudiants en soins infirmiers de l’IFSI Diaconesses de Reuilly, dans le 12e arrondissement de Paris, pour connaître leur avis sur la question. Un focus qui n'est bien évidemment pas représentatif des positions de l'ensemble des ESI... mais qui donne quelques indications sur leur degré d'information sur un sujet pourtant d'actualité.

Dans le projet de réforme à venir, bien qu’encore très flou, le concours d'entrée en IFSI, du moins l'épreuve écrite, pourrait connaître en 2018 sa dernière édition… En effet, comme Agnès Buzyn ministre des Solidarités et de la Santé et Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation  l’ont indiqué début septembre, une mission est actuellement en cours afin de poursuivre l’intégration des formations paramédicales et de maïeutiques à l’université. Les étudiants qui souhaiteraient intégrer la filière sciences infirmières le feraient comme tous les étudiants via la plateforme APB (qui devrait s'appeler Parcoursup à partir du 15 janvier). Reste cependant la question de l'entretien oral.

En attendant, comme tous les ESI, les étudiants en soins infirmiers de l’IFSI Diaconesses de Reuilly, dans le 12e arrondissement de Paris, ont passé un concours d’entrée pour intégrer leur institut de formation. L’ont-ils perçu comme utile ? Oui, pour la plupart des étudiants. Très utile, puisque ça nous a permis d’aborder plusieurs compétences, notamment l’organisation, des connaissances sur l’histoire de la profession et sur la santé publique…, rappelle Lévana, étudiante de 3e année. Quant à l’épreuve orale ?  C’est important par rapport à la posture qu’on peut avoir, à l’image qu’on reflète…, affirme encore Mylène, également étudiante en 3e année. Pour d’autres en revanche, c’est moins évident, comme pour Suzy, une ancienne aide-soignante actuellement en 3e année : Pour moi, c’est vrai que le concours peut permettre une sélection, mais je pense qu’il y a beaucoup de professionnels très méritants, dans les hôpitaux, les maisons de retraite, qui, pour X ou Y raisons, ont peur de se lancer dans la formation. Donc le concours, surtout quand on est un ancien professionnel, je ne vois pas à quoi ça sert…

« A la fac…ça ne sera pas du tout pareil »

De manière générale, l’universitarisation, - un processus pourtant réellement en marche -, n’a pas l’air de faire l’unanimité auprès des étudiants de l’IFSI Diaconesses interrogés et leurs connaissances sur la question et les réprésentations qu'ils expriment l'attestent. Pour eux, l’apprentissage en petites promotions, à l’école, encadré et axé sur des exercices pratiques, a encore toutes leurs faveurs, eux qui voient même d’un assez mauvais œil l’idée d’aller effectuer leur formation "sur les bancs de l’université". C’est quand-même une formation où [l'enseignement] est très humain, et le fait que ce soit à la fac, déjà au niveau de l’effectif, des conditions de travail, ce ne sera pas du tout pareil… La pédagogie ne sera pas du tout la même…, s’inquiète Mylène, étudiante en 3e année. Actuellement, on a la chance d’avoir justement les deux, souligne Lévana. C’était déjà une nouveauté dans le diplôme, d’avoir à la fois des cours magistraux à la fac et à la fois des cours à l’école, qui sont en plus petits groupes et un peu plus personnalisés. Et c’est ça, justement, la force de nos études, de pouvoir faire les deux. Certains y voient tout de même un avantage : l’universitarisation ouvrirait la porte à une meilleure reconnaissance des études en soins infirmiers. Le fait d'avoir des études à la fac, ça nous permettrait d'avoir une licence, non plus un grade licence comme on a aujourd'hui, et donc pour nous une meilleure reconnaissance sur le milieu du travail, note Deborah, tout comme Elisabeth, étudiante de 3e année : Qu'on puisse faire une licence, master, doctorat, je trouve que c'est une très bonne chose, parce que ça valoriserait notre métier.

Universitarisation : où en est-on ?

Le 31 août 2017, l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et l’Inspection générale de l'administration de l'Education nationale et de la recherche (IGAENR) publiaient un rapport qui fait suite à la Grande Conférence de Santé, à laquelle l’ANPDE avait participé en 2015. Ce rapport intitulé « Pour une meilleure intégration des formations paramédicales à l’université : mise en œuvre des mesures 5, 6 et 13 de la Grande conférence de santé » apporte en particulier des propositions concrètes pour une meilleure intégration des formations paramédicales à l’université. Dès le lendemain, Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, et Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, publiaient à leur tour un communiqué annonçant la création d’une mission interministérielle confiée à Stéphane Le Bouler, secrétaire général du Haut Conseil pour l’avenir de l’Assurance Maladie, afin de poursuivre, et finaliser, cette universitarisation des formations paramédicales qui concerne près de 150 000 étudiants. A la fin de l’année 2017, près de 80 rendez-vous avaient été effectués pour mener cette concertation ambitieuse, avec un premier point d’étape attendu en ce début d’année.

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Journaliste susie.bourquin@infirmiers.com @SusieBourquin

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Commentaires (3)

ruppert_aurelie

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5 commentaires

#3

Lol

Et sinon, le rattachement aux universités et masterisation des IUFM ça a donné quoi ? Le massacre de la profession de prof des écoles.
On veut faire que les "québécoise euh" et favoriser la recherche infirmière ? La recherche de quoi ? On la recherche justement cette recherche.
Encore un truc de cadres qui ne sont pas soignants, qui n'ont jamais été soignant, qui n'(ont pas une seule once, une seule goutte de soignant en eux et qui se palluchent sur une future formation et des diplômes qui ne vaudront absolument rien !

choutbee

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1 commentaires

#2

du vent

Quand on voit les cours qui nous sont dispensés par la FAC: cours par DVD, examens par QCM (qui n'ont aucun intérêt pédagogique)... On n'a pas les réponses à nos questions puisqu'on ne sait pas à qui s'adresser, les formateurs sont un peu démunis face aux questions d'examen l'université (qui ne serviront à rien dans la profession).
Moi je veux être infirmière, pas médecin, je ne comprends pas pourquoi nous avons des cours de PACES...
Quel est l'avenir des IFSI et des formateurs, des AS/AP...?
Si c'est pour faire baisser le nombre d'infirmiers, c'est parfait... Le nombre d'abandon a déjà augmenté avec la réforme de 2009.
vous l'aurez compris, je suis contre. Mais bon...

binoute1

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468 commentaires

#1

bravo le cefiec

Ils font quand même des belles phrases.des champions d ela rhétorique.
A part ça....

« Le Comité d'Entente des Formations Infirmières et Cadres (Cefiec) l'a exprimé de longue date : « la formation infirmière telle qu'elle existe aujourd'hui est entrée depuis 2009 dans une mutation fonctionnelle et organisationnelle qui doit la conduire vers l'université »