FORMATION EN IFSI

TFE - Le raisonnement clinique : la clef de l'autonomie de l’infirmier en situation d'urgence ?

Après 3 ans de formation (2017-2020) à l’IFSI rattaché au CHU de Grenoble Alpes, Suzan Loret a présenté son travail de fin d’étude sur la thématique du raisonnement clinique et de son rôle dans la prise d’autonomie de l’infirmier en situation d’urgence. Elle a souhaité faire part de sa réflexion.

Le TFE de Suzan Loret s'interroge sur le rôle que joue le raisonnement clinique dans l'autonomie dont l'infirmier peut bénéficier en termes de prises de décision.

Après 10 ans d’expérience professionnelle et avoir exercé le métier de pisteur secouriste, Suzan Loret a choisi de reprendre ses études pour embrasser la profession infirmière. Dans l’introduction de son TFE, intitulé « Le raisonnement clinique : la clef de l’autonomie de l’infirmier en situation d’urgence ? », elle admet avoir éprouvé des difficultés à comprendre l’approche du modèle trifocal tel qu’il est défini par Thérèse Psiuk. Ce n’est qu’à force d’expériences, théoriques comme pratiques, que l’intérêt de cette démarche lui est apparu. Grâce à la formation et aux stages, j'ai pris peu à peu conscience que ce travail réflexif et d'apprentissage rend capable de mieux analyser la situation dans laquelle un infirmier diplômé d'état (IDE) peut se trouver. Et cette réflexion préalable semble permettre de conduire un projet de soin plus adapté dans la prise en charge d'une personne, note-t-elle ainsi.

J’ai été interpellée par l’autonomie de l’IDE dans la prise de décision

De la situation de départ…

C’est en réalisant un stage au service des urgences de Sallanches au semestre 5 qu’elle a pu observer le travail de l’infirmière d’accueil et d’orientation (IAO), qui prend en charge les patients à leur arrivée, de leur accueil à la coordination de leur parcours, en passant par l’orientation vers les lieux de soins adaptés à leur(s) problématique(s). L’occasion pour elle de réaliser que l’IAO a ainsi un rôle fondamental dans l’organisation d’un service d’urgence, d’importance croissante compte tenu de l’augmentation des passages. L'IAO est le premier professionnel de soins que les patients rencontrent aux urgences. Définies par des protocoles précis, les missions de l’IAO s’appuient entre autres sur un certain nombre d’outils que Suzan Loret qualifie d'uniformisés, tels que l’échelle de tri validée, protocoles formalisés vis-à-vis de la douleur ou d’examens complémentaires comme l’électrocardiogramme. C'est lors de cette journée que j'ai pu prendre conscience de l'importance du rôle de l'IDE dans le parcours de soins des patients aux urgences, relève-t-elle. Mais ce qui l’interpelle surtout, c’est l’autonomie de l’infirmière dans la prise de décision, même si celle-ci peut demander conseil à un médecin à tout moment en cas de doutes ou si elle juge nécessaire un avis médical. L'IDE doit être en capacité d'analyser une situation et définir son caractère urgent, tout en étant dans la relation d'aide.

… à la thématique d’étude

Elle décide alors de construire sa question de recherche et sa réflexion sur cette question de l’autonomie de l’IDE lors de la prise en charge dans le cadre des urgences. Elle note dans la présentation de son cheminement et de sa question de départ que cette autonomie fait appel à des ressources précises : une bonne collaboration avec le corps médical et paramédical, des protocoles établis, des compétences infirmières et des raisonnements cliniques appris en formation puis mis en application en situation professionnelle. Pour autant, relève-t-elle, l’infirmière est également soumise à des éléments qui imposent certaines limites à son autonomie dans la prise de décision, à commencer par le respect strict de son champ de compétences ou encore une coopération laissant à désirer au sein de l’équipe soignante. Et de citer la définition que donne Virginia Henderson du terme « autonomie » dans la quatrième édition du "Dictionnaire en concepts en sciences infirmières de Christine Paillard" : L’infirmière, doit être une praticienne indépendante, ayant capacité à avoir des jugements indépendants du moment que cela ne concerne pas la maladie dont le diagnostic, le pronostic et le traitement relève de l'ordre du médecin. En revanche, l’infirmière détient l'autorité sur tout ce qui touche aux soins infirmiers. Confrontant cette définition avec celle que donne la loi dans le champ infirmier, qui désigne la faculté de l’infirmière à prendre des initiatives et des décisions dans le cadre des compétences spécifiques reconnue par le diplôme et les textes officiels, Suzan Loret a construit sa problématique en ces termes : dans quelle mesure le raisonnement clinique influence-t-il l'autonomie des prises de décisions de l'infirmier en situation d'urgence ?

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Journaliste audrey.parvais@gpsante.fr

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