Lenalan a écrit :ruppert_aurelie a écrit :Mais du coup ce que je comprends pas c'est que si ya des éléments de vérification pourquoi on ne les utilise pas. Je sais pas moi. Un gars vient dit je suis infirmier et hop on l'embauche ?
Oui. Parce que souvent c'est le seul candidat et que ça leur va bien que quelqu'un se présente.
De plus il existe, d'un point de vue sociologique,
un grand malentendu historique sur la fonction d'infirmier.
Pour s'occuper des "malades" au moyen âge, il fallait ni plus ni moins que de la bonne volonté mais surtout appartenir ou être apparenté à un ordre religieux pour prodiguer des soins selon les techniques de l'époque. C'est ainsi qu'est né le caractère sacrée de la mission de soignant.
Le médecin quant à lui était un lettré, obligatoirement homme qui avait des connaissance aussi bien en médecine, en lettre, en mathématique et en astronomie.
La crédibilité du soignant était religieuse et ne pouvait être remise en cause, Une femme habillée en bonne soeur, ne pouvait pas être autre chose qu'une bonne soeur, et celle du médecin était universitaire et coulait de source car 0.01% de la population pouvait étudier à la fac. En particulier celle de Montpellier doyenne des fac de médecine.
Pour faire simple tout ceci à durer jusque dans les années 1950.
Puis il n'existait plus que les infirmières de la croix rouge, les religieuses dont personne n'a possibilité de contester la compétence, et les infirmières formées à l'école.
Encore une fois, je simplifie extrêmement les choses.
Dans les années 70 au plein milieu de la reconstruction de la république et après les évenements de 68, beaucoup de personnes travaillant dans la fonction publique ont pu devenir infirmier par le biais des concours interne.
Des plongeurs, des cuisiniers, des jardiners (et oui ! ça existaient à l'époque), bref beaucoup de personnes de la feu catégorie D et autant de la catérogie C ont pu, via divers concours et formation interne devenir infirmiers.
Et au passage, eux non plus n'ont pas fait de MSP ......
Les années 90 ont sonné le glas des anciennes certification d'infirmiers (ISP: infirmier de secteurs psychiatrique et ISG: infirmiers de soins généraux) pour donner lieu au diplôme unique d'infirmier.
Jusque là et je le rappelle,
n'importe qui pouvait bosser comme infirmier. Cc'était essentiellement des Aide soignantes qui travaillaient comme faisant fonction ou des "secrétaires" formées par le chir pour travailler au bloc ..... Oui je sais....
Depuis les années 90 et la sur-augmentation, pour ne pas dire l'explosion des places en IFSI, et les multiples modifications d'obtention du diplôme (examen final, msp finale, msp, pas msp, 17 stages, 6 stages ....) et la réforme de 2004, il a fallu attendre la fin des premières années 2000 pour obtenir un moyen fiable pour vérifier et certifier un infirmier indépendamment de l'ordre infirmier (ce qui justement une de ses plus grande faiblesse)
Comprenez bien que jusqu'à aujourd'hui, MEME DES MEDECINS ne comprennent pas pourquoi on doit faire autant années d'études pour être infirmier. Il suffit juste de nous montrer deux ou trois "trucs" pour exercer.
Ce que je veux dire, c'est que si quelqu'un se présente dans une société en disant bonjour, je suis infirmier et voici mon (vrai/faux) diplôme. i
l n'existe à ce jour qu'un seul moyen de le vérifier. Appeler l'ARS. Certes, il existe l'ordre infirmier, mais seul l'ARS pourra me dire OUI ou NON.
Et je dis bien ,
VRAI ET FAUX diplôme. car je peux très bien avoir un vrai diplôme avoir un numéro Adeli de la gironde, et ne pas pouvoir travailler en Bretagne. Je peux être étudiant en médecine et interne de 7ème année ET
ne pas pouvoir travailler comme infirmier.
En conclusion, oui il existe des moyens de vérifications, mais ils sont nouveaux.
Pour faire simple, on n'en avait pas besoin "avant".
Ca fait quoi, à peine 10 ans qu'on se pose la question de savoir si un infirmier est vraiment un infirmier. Quand vous allez chez votre médecin, est-ce que vous demandez son diplôme ? non, d'ailleurs personne ne le demande. On vient on explique notre problème et on se fait soigner.
Notez bien que cette problématique est identique chez d'autres profession mais le "savoir faire" va tout de suite bloqué.
Un mec, qui s'y connait un peu en médecine de ville va pouvoir "bluffer" ses patients en diagnostiquant des grippes et autres petites "broutilles" de la vie quotidiennes. Ben quoi ya 99% de chances que sa petites grippes soit une grippe, et puis si il vomit c'est surement une gastro pas une méningite ....

On a déjà eu ce genre de cas
Ben pareil en soins infirmiers. Allez ya pas encore longtemps ils en ont choppé un à Mulhouse qui travaille dans une clinique !!!!! C'était un aide soignant !!!
Un boulanger qui ne sait pas faire de pain, on le démonte en 5 secondes. Un menuisier qui ne fait pas la différence entre ses différents outils on le démystifie en 5 secondes.
Et c'est le grand malheur de notre profession.
Donc oui, il y a un grand malentendu historique, qui fait que la vérification du diplôme n'est pas systématique, car il y a peu, cela n'était pas nécessaire. Et vous avez raison, ce n'est pas normal.