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Diabète de type 2 : peu d'intérêt à anticiper l'injection

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Diabète

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Imposer à des diabétiques de type 2 d'injecter le bolus prandial d'insuline 20 à 30 minutes avant le repas semble inutilement contraignant, selon une étude allemande publiée dans Diabetes Care.

Injection d'insuline maladie diabétique diabete de type 2Nicolle Müller du Centre hospitalier universitaire de Iéna (Allemagne) et ses collègues ont étudié l'impact sur l'équilibre glycémique et la qualité de vie d'une injection d'insuline réalisée 20 minutes avant le repas et d'une injection d'insuline réalisée au début du repas auprès de 100 patients diabétiques de type 2, en cross-over.

A l'origine, un délai de 20 à 30 minutes a été recommandé pour tenir compte de la durée d'absorption nécessaire de l'insuline humaine régulière. Que ce délai soit justifié et qu'il le soit en particulier dans le cadre de l'utilisation des nouveaux analogues rapides de l'insuline n'avait pas été exploré chez des diabétiques de type 2.

Or ce délai est contraignant, et la plupart des diabétiques (de type 1 ou 2) ne le respectent pas: la moitié n'anticipe pas du tout l'injection et l'autre moitié utilise un délai fixe ou flexible, rappellent les auteurs. De plus, il existe un risque d'hypoglycémie pour les patients présentant des glycémies à jeun bien contrôlées. Par ailleurs, des études menées chez des diabétiques de type 1 ont remis en cause l'intérêt d'anticiper l'injection.

Dans cette nouvelle étude, l'absence de délai d'injection n'augmentait que légèrement le taux d'hémoglobine glyquée (différence intra-individuelle de +0,08 point). Cette différence n'était pas cliniquement significative et l'injection sans anticipation est donc jugée non-inférieure.

De même, l'incidence des hypoglycémies modérées n'était pas significativement modifiée (-0,10) et aucune modification du profil glycémique n'a été observée.

Le choix du mode d'injection n'a pas eu d'impact sur la qualité de vie mais la satisfaction des patients vis-à-vis de leur traitement était plus élevée lorsqu'ils n'avaient pas à anticiper l'injection (par un facteur 8) et 86,5% des patients ont dit préférer s'injecter l'insuline sans s'imposer de délai préalable.

Les auteurs soulignent que leur étude ne permet pas d'évaluer si un délai plus important (30 à 60 minutes) serait plus efficace.

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