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Diabétiques de type 2 : pourquoi certains arrêtent l'insuline...

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Diabète

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Les diabétiques de type 2 qui arrêtent leur traitement par insuline le font principalement en raison de craintes d'hypoglycémie et de prise de poids, des craintes qualifiées de "disproportionnées" par les auteurs d'une enquête présenté lors du congrès de la Société française d'endocrinologie à Bordeaux.

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Une étude a montré qu'un quart des diabétiques de type 2 ayant initié un traitement par insuline l'arrêtent au cours de la première année, et 20% d'entre eux restent sans traitement durant l'année suivante.

Cette enquête, conduite par Lilly - qui a lancé l'insuline basale Abasaglar*, biosimilaire de Lantus* (Sanofi), début 2016, montre également l'influence importante que peuvent avoir les professionnels de santé pour faire en sorte que les patients n'arrêtent pas leur traitement. Une étude a montré qu'un quart des diabétiques de type 2 ayant initié un traitement par insuline l'arrêtent au cours de la première année, et 20% d'entre eux restent sans traitement durant l'année suivante. Pour comprendre pourquoi une proportion élevée de patients arrêtent, Imane Benabbad de Lilly à Neuilly-sur- Seine (Hauts-de-Seine) et ses collègues ont conduit une enquête en ligne dans plusieurs pays d'Europe, dont la France où 137 diabétiques de type 2 ayant débuté l'insuline ont été interrogés.

Il y avait 50 patients qui ont continué leur traitement par insuline, 50 qui l'ont interrompu mais on ensuite repris et 37 qui ont arrêté. Les personnes qui ont arrêté leur traitement par insuline ont cité le plus souvent, comme raison pour avoir arrêté, les hypoglycémies et la prise de poids. Pourtant, parmi ceux qui citaient l'hypoglycémie comme argument pour arrêter, seule la moitié avait effectivement eu cette complication. Et, parmi ceux qui citaient la prise de poids, 58% avaient pris du poids. De même, chez ceux qui ont interrompu leur traitement, la prise de poids, l'hypoglycémie et de façon plus générale la crainte d'effets secondaires étaient les principales raisons.

Pourtant, seuls 44% de ceux qui citaient la prise de poids avaient effectivement pris du poids et seuls 22% de ceux qui citaient l'hypoglycémie en avaient eu une. Ceux qui n'ont pas arrêté l'insuline mettaient en avant l'augmentation du contrôle glycémique, l'amélioration de la sensation physique et la "conviction que l'insuline est plus à même de réduire le risque de complications associées au diabète".

Les auteurs estiment donc que les craintes d'effets indésirables associés à la prise d'insuline influencent "de manière disproportionnée" le comportement des patients.

Ce travail met aussi en avant l'importance de l'opinion des professionnels de santé. Les patients qui n'ont pas arrêté leur traitement citaient parmi les raisons du maintien les recommandations de professionnels de santé en faveur de la poursuite de ce traitement. Et ceux qui avaient interrompu mais ont repris citaient aussi la persuasion d'un médecin (ainsi que la persuasion d'amis ou membres de la famille). De plus, ceux qui ont totalement arrêté citaient parmi différents arguments la recommandation de professionnels de santé en faveur de l'arrêt. Ils estimaient également plus souvent que ceux qui ont continué que leurs opinions n'avaient pas été prises en considération par les médecins.

Un point positif est que même parmi les patients ayant arrêté et n'ayant pas repris au moment de l'enquête, 62% déclaraient être "légèrement ou très enclins à reprendre le traitement". Environ la moitié des patients qui ont arrêté ont rapporté ensuite une glycémie similaire à ce qu'elle était avant l'arrêt de l'insuline. Mais ils étaient plus fréquents à rapporter des hyperglycémies incontrôlées.

Les auteurs soulignent en conclusion l'influence majeure des professionnels de santé sur la persistance du traitement par insuline, particulièrement en début de traitement où "il doivent se concentrer sur la façon d'identifier et de répondre aux préoccupations des patients concernant l'insulinothérapie".

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