GRANDS DOSSIERS

Les diabétiques de type 1 adhèrent au contrôle glycémique continu

Cet article fait partie du dossier :

Diabète

    Précédent Suivant

Le contrôle glycémique continu est considéré comme un "plus" par la plupart des diabétiques de type 1 qui l'utilisent en routine, hors du cadre d'essais cliniques, selon une étude publiée dans Diabetes Care.

pompe insuline diabète

Dans 87% des cas, le dispositif était couplé à une pompe à insuline.

John Pickup du Guy's Hospital de Londres et ses collègues ont analysé les réponses de 50 diabétiques de type 1 adultes et 50 parents d'enfants diabétiques à un questionnaire en ligne incluant une partie de récit libre sur leur expérience du contrôle glycémique continu (CGM) ou leur opinion sur la question. Dans 87% des cas, le dispositif était couplé à une pompe à insuline. Dans 71% des cas, il était utilisé au moins les trois quarts du temps. Dans 66% des cas, il était financé par le National Health Service (NHS) et autofinancé sinon. A quelques tracas près, tels que des problèmes techniques (défaut de fiabilité ou de précision des capteurs, alarmes intempestives ou trop nombreuses), les auteurs parlent d'une "écrasante majorité" d'expériences positives, le commentaire typique étant que cela changeait la vie.

Amélioration du contrôle glycémique et de la qualité de vie

Parmi les gains mentionnés, figuraient une amélioration du contrôle glycémique (37%), de la gestion de l'alimentation et de l'exercice physique, de la qualité de vie et du bien-être physique et psychologique (52%), tout comme un recours moins fréquent au contrôle capillaire au bout du doigt (10%).

Tous ceux ayant mentionné comme avantage le contrôle glycémique ont déclaré avoir obtenu une amélioration du taux d'hémoglobine glyquée et/ou des glycémies mais certains ont aussi insisté sur la baisse de la variabilité glycémique.

Par ailleurs, 22% soulignaient l'intérêt de l'aspect prédictif des tendances sur le risque d'hypoglycémie : ce sont d'ailleurs les tendances qui sont perçues comme une valeur ajoutée plutôt que les valeurs individuelles.

L'avantage des lecteurs en continu couplés à la pompe avec un système d'arrêt automatique de la pompe en cas d'hypoglycémie a été souligné par différents participants, avec à la fois des hypoglycémies moins fréquentes et moins d'angoisse de faire des hypoglycémies nocturnes.

Un sentiment mitigé au sujet des alarmes

Le sentiment vis-à-vis des alarmes était plus mitigé : 16% des adultes y voient une sécurité, notamment au volant ou au travail. Elles leur évitent aussi d'interrompre leur activité pour contrôler leur glycémie et leur offrent plus de discrétion. Mais d'autres les trouvent intrusives, trop nombreuses et les éteignent, notamment la nuit pour éviter des réveils intempestifs liés à des mesures erronées.

Quant aux parents, ils estiment que les alarmes donnent plus d'autonomie à l'enfant en rassurant les personnes (amis, école) auxquelles ils le confient mais peuvent aussi donner l'impression au personnel de l'école que le diabète est plus problématique qu'il ne l'est, et davantage interrompre la vie de la classe, en signalant des hauts et des bas qui passeraient inaperçus sans le holter. Un seul patient a dit détester être sous holter et ne pas souhaiter qu'on lui rappelle son diabète. Quelques autres ont souligné le risque d'être obsédés par ces mesures ou d'être stressés par la visualisation de mauvais résultats (plus de place au doute).

Enfin, de nombreux participants ont déploré une connaissance insuffisante de ces technologies, et donc une aide insuffisante, de la part des équipes hospitalières ou des médecins, qui exprimaient parfois une attitude négative à l'égard de ces dispositifs, voire clairement hostile.

Cette étude confirme l'intérêt des diabétiques de type 1 vis-à-vis de ce type de technologie et explique sans doute l'engouement suscité par un dispositif qui n'est pas un CGM mais un lecteur continu à la demande, le Freestyle Libre* d'Abbott, pourtant non remboursé, note-t-on. L'afflux de commandes a dépassé la capacité de production, de sorte que le lecteur n'est plus disponible à la vente, a indiqué Abbott à l'APM. Le laboratoire a fait savoir en décembre 2014 à ses clients qu'il s'efforçait d'augmenter sa capacité de production et prévoyait que le système soit de nouveau disponible "pour le début de l'année 2015".

A noter que le principal auteur de l'étude a déclaré un conflit d'intérêt avec l'un des fabricants de holters cités dans cette étude (Medtronic) et que l'un des co-auteurs est le conseiller principal d'INPUT, une organisation caritative britannique qui soutient l'accès à la pompe à insuline et à la mesure glycémique en continu.

Retour au sommaire du dossier Diabète

Commentaires (0)