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Education thérapeutique : hétérogénéité pour les diabétiques

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Diabète

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L'offre d'éducation thérapeutique (ETP) pour diabétiques s'avère mal répartie et trop hospitalo-centrée en Ile-de-France, montre une étude régionale publiée dans la revue Pratiques et organisation des soins de la Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS)

L'offre d'éducation thérapeutique (ETP) pour diabétiques s'avère mal répartie et trop hospitalo-centrée en Ile-de-FranceLe Dr Jean Ducos de l'Agence régionale de santé (ARS) Ile-de-France a recensé l'ensemble des structures ayant obtenu un financement pour les programmes d'ETP en 2008.

L'offre d'ETP comprend 67 structures dont 46 services hospitaliers (68,7%), sept réseaux, trois centres de santé, six centres d'examens de santé, une mutuelle et trois associations.

Concernant les séances collectives, 84,9% étaient réalisées dans des services hospitaliers dont 37,1% dans des services de centre hospitalier universitaire (CHU).

Tous types de programme confondus, moins de 10% (8,7%) des diabétiques d'Ile-de-France ont bénéficié d'ETP, dont 6,5% avec des séances collectives.

L'offre de soins en séances collectives s'avère "très hétérogène". Elle prédomine à Paris (38% des patients, mais 14% des diabétiques), devant le Val-de-Marne (15,7%, 11,2% des diabétiques), la Seine-Saint-Denis (12,7%, 17,4% des diabétiques), les Hauts-de-Seine (11,2%, 11,6% des diabétiques), le Val-d'Oise (7,7%, 11,9% des diabétiques), la Seine-et-Marne (6,1%, 12,2% des diabétiques), l'Essonne (5,5%, 10,5% des diabétiques) et les Yvelines (3,1%, 11,2% des diabétiques).

Il n'existe "aucune sélection des patients en fonction des besoins" et à l'hôpital, l'ETP est proposée de manière variable selon les services et selon les médecins.

Dans ses conclusions, l'auteur estime que "l'hospitalo-centrisme de l'offre d'ETP pour diabétiques illustre bien les propos de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) selon lesquels, en l'absence d'une politique et d'un pilotage forts, les systèmes de santé ne réagissent pas efficacement aux problèmes sanitaires et ont tendance à évoluer, en particulier, vers un hospitalo-centrisme à l'origine d'inefficacité et d'inégalités".

Il considère que "d'autres modalités doivent être mises en oeuvre permettant de prendre en charge davantage de patients pour un niveau de dépenses comparable" et qu'un "pilotage centralisé s'impose, de même qu'un redéploiement partiel de l'offre d'ETP vers le secteur ambulatoire".

Comme tous les patients ne pourront pas bénéficier de programmes d'ETP, il lui paraît "indispensable de les réserver à certaines catégories qui devraient être sélectionnées par le médecin traitant, préalablement formé, et par les acteurs de l'ETP".

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