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Diabète de type 2 : de plus en plus tôt !

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Diabète

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Un diabète de type 2 a été diagnostiqué chez une fillette de 5 ans en Australie dans une communauté aborigène éloignée, rapportent des médecins dans la revue Lancet

diabète surpoids chez l'enfant

La fillette pesait 36 kg pour 123 cm, soit un IMC de 24,5 kg/m2

Avec l'urbanisation croissante, les alimentations riches en calories et les modes de vie de plus en plus sédentaires, l'incidence du diabète de type 2 augmente à travers le monde essentiellement chez les adultes mais les enfants sont aussi de plus en plus touchés.

Le Dr Dev Kevat du Cairns Hospital and Diabete Centre et ses collègues de Melbourne rapportent avoir posé un diagnostic de diabète de type 2 chez une enfant de seulement 5 ans venue accompagner sa mère à sa consultation pour le suivi de son diabète. La mère a signalé en fin de consultation que sa petite fille présentait des lésions qui ne cicatrisaient pas sur les cuisses. Comme l'enfant était obèse, des tests de glycémie ont été réalisés montrant des concentrations de 3,4 et 3,37 g/l.

L'enfant était née avec une macrosomie (4,5 kg) après une grossesse compliquée par un diabète gestationnel non contrôlé. Elle mangeait de grandes quantités d'hydrates de carbone raffinés et de sucre. Elle avait aussi de forts antécédents familiaux de diabète de type 2. La fillette pesait 36 kg pour 123 cm, soit un indice de masse corporelle (IMC) de 24,5 kg/m2. Son taux d'hémoglobine glyquée était de 11,9%, bien au-dessus de la normale (de 4,3% à 6%), de même que la glycémie (3,51 g/l) et l'insulinémie (201 pmol/l). Le rapport albumine/créatinine dans les urines était normal.

Le diabète de type 1 et les formes génétiques MODY ont été écartés et un diagnostic de diabète de type 2 a été posé. La patiente a été mise sous metformine et insuline. Quelques mois plus tard, elle ne prenait plus la metformine en raison d'une intolérance mais était toujours sous insuline. Sa glycémie restait au-dessus des taux cibles à 1,8-2,34 g/l.

Les populations aborigènes sont beaucoup plus touchées que la population australienne en général du fait de maladies infectieuses (pulmonaires et diarrhéiques) couplées à une prévalence croissance des maladies chroniques (en particulier cardiovasculaires et le diabète de type 2). Les populations éloignées ont peu de revenus et les produits frais leur coûtent cher. En plus de ces inégalités socio-économiques, des facteurs génétiques et une exposition in utero à l'hyperglycémie contribuent probablement à augmenter le risque de diabète de type 2 des enfants, expliquent les auteurs. Ils estiment qu'il faut trouver des interventions efficaces pour prendre en charge ce diabète de type 2 pédiatrique et réduire le risque de complications handicapantes car même au sein d'essais, l'observance des traitements est difficile à obtenir.

Lancet, vol.383, n°9924, p1268.

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