GRANDS DOSSIERS

Le diabète poursuit sa progression en France

Cet article fait partie du dossier :

Diabète

    Précédent Suivant

À la veille de la journée mondiale du diabète, l’InVS a publié un numéro du BEH consacré à cette maladie. Si sa mortalité baisse, sa prévalence augmente au-delà des craintes des experts.

« Entre 2000 et 2009, la prévalence du diabète traité a progressé de 2,6% à 4,4% et le nombre de diabétiques traités est passé en France de 1,6 à 2,9 millions. » « Cette croissance est liée de façon prépondérante à la progression du surpoids et de l’obésité, à l’intensification du dépistage et au vieillissement de la population ; un autre élément probablement contributif est l’amélioration de l’espérance de vie des personnes traitées pour diabète.

Cette augmentation est supérieure « à l’hypothèse la plus haute prévue par certains experts pour 2016. » Elle « résulte pour une bonne part de la sous-estimation de l’augmentation de la fréquence du diabète après 65 ans. »

Des disparités géographiques importantes

« La fréquence du diabète en France est ainsi caractérisée par sa forte augmentation, mais aussi par des disparités géographiques importantes. De fortes prévalences étaient confirmées en outre-mer, dans le nord-est de la métropole et en Seine-Saint-Denis. Le constat de la progression de la prévalence du diabète est d’autant plus alarmant que les zones déjà à haut risque de diabète progressent plus vite que celles à faible risque.

Pour l’obésité, la progression a été plus forte pour les populations socialement défavorisées. L’obésité est corrélée au niveau d’instruction dans le quartier, indépendamment du niveau d’instruction individuel.
En ce qui concerne les régions d’outre-mer, les raisons sont en partie connues avec un risque génétique élevé, des conditions socio-économiques défavorables et des modifications rapides du mode de vie. En outre, le diabète y est plus fréquemment féminin, à l’inverse de la métropole. »

Adapter les politiques de santé publique aux populations cibles

Ces données supposent « de mieux maîtriser l’offre alimentaire, de maintenir un niveau d’activité physique raisonnable, mais aussi d’engager des politiques adaptées aux populations à risque, notamment pour les plus de 60 ans et dans les zones géographiques les plus concernées.

Les facteurs de risque cardiovasculaire étaient plus souvent traités par médicament : antihypertenseurs (+7,4 points entre 2000 et 2009), statines (+27,7 points) et antiagrégants plaquettaires (+9,6 points). Le taux de mortalité avait baissé d’environ 10% entre la période 2001-2006 et l’année 2009 », ce qui est « en adéquation avec la forte baisse de la mortalité cardiovasculaire observée en France. »

Une prise en charge thérapeutique insuffisante

« Malgré les progrès indéniables obtenus ces dernières années en France dans la prise en charge thérapeutique du diabète de type 2, » la « prise en charge restait insuffisante en 2008-2009 en matière d’atteinte de l’objectif d’équilibre glycémique. Cette situation est également observée dans d’autres pays. Face à un déséquilibre glycémique avéré, une intensification (thérapeutique – attitude recommandée – note de la rédaction) n’était prescrite dans les six mois suivant le deuxième résultat que dans 39% des cas (59% à 12 mois), alors que les recommandations précisent qu’une intensification doit être réalisée dans un délai de six mois suivant le résultat du taux d’HbA1c (hémoglobine glyquée plasmatique, utilisée pour surveiller le diabète – note de la rédaction). »

Les facteurs liés à l’intensification restent mal connus. Les auteurs pointent la nécessité « de compléter cette analyse par une étude prospective plus qualitative, afin de mieux cerner les déterminants des attitudes médicales dans ce domaine. »

Les 72 heures d’équilibre : 15ème édition du salon consacré au diabète, les 12,13 et 14 novembre 2010, de 9h30 à 18h30 au CNIT (Paris la Défense)
Organisé par l’Association française des diabétiques (AFD), qui communique : « Les 72 heures d’Équilibre, à l’écoute de notre santé » est la plus grande manifestation de France consacrée au diabète. Depuis 15 ans maintenant, l’AFD invite les personnes concernées par le diabète à venir s’informer, comprendre et agir pour mieux vivre avec la maladie. Gratuites et ouvertes à tous, les 72 Heures s’ouvrent sur un vaste programme avec beaucoup de nouveautés mais toujours des conférences, des débats, des ateliers sur des thèmes variés, notamment la nutrition, l’activité physique et bien sûr l’espace exposants.

Équilibre du traitement et interaction harmonieuse avec l’entourage sont les éléments clés permettant à la personne diabétique de devenir acteur de sa santé et de sa qualité de vie. »
Merci à l’AFD qui nous a autorisé à reproduire les images utilisées dans cet articl

Webographie

  • Référence : BEH n°42-43 du 9 novembre 2010.
  • Les deux articles suivants de ce numéro sont largement cités :
  • Pauline Ricci et al. Diabète traité : quelles évolutions entre 2000 et 2009 en France ?
  • Stéphane Boué et al. Diabète de type 2 : pratiques d'intensification thérapeutique chez les médecins généralistes en France en 2008-2009

Visitez l'espace thématique diabète

Creative Commons License
Rédacteur en chef IZEOS
serge.cannasse@izeos.com

Retour au sommaire du dossier Diabète

Publicité

Commentaires (1)