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Patients âgés diabétiques : quelle prise en charge ?

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Diabète

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L'état de santé des diabétiques de type 2 âgés suivis dans le cadre de l'étude française GERODIAB pointe des inégalités qui pourraient provenir de disparités régionales d'accès aux soins, selon une analyse parue dans la revue Diabetes & Metabolism.

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Les inégalités d'accès aux soins pointées du doigt pour les patients âgés diabétiques

Les 987 patients diabétiques de type 2 âgés de plus de 70 ans et autonomes (score ADL supérieur à 3 sur 6) inclus dans cette étude ont été classés en cinq groupes suivant l'indicatif téléphonique de leur médecin.Des différences significatives sont apparues suivant les régions :

  • âge à la première consultation spécialisée (diabétologie ou gériatrie);
  • situation sociale ;
  • indice de masse corporelle ;
  • rapport tour de taille sur tour de hanche ;
  • taux de cholestérol et taux d'hémoglobine glyquée (HbA1c);
  • fréquence des complications (néphropathie, insuffisance cardiaque...) ;
  • scores des échelles gériatriques ;
  • traitements par metformine, glinides et glitazones (qui étaient encore commercialisées lorsque l'étude a débuté).

Globalement, le quart Nord-Ouest (ayant comme indicatif le 02) et dans une moindre mesure le quart Nord-Est (03) sont les régions où les patients étaient les plus âgés et les plus dénutris, présentaient le statut socio-économique mais aussi le profil de risque médical les plus défavorables, avec davantage d'anomalies métaboliques, de complications et les scores gériatriques les plus altérés. Le Sud-Ouest (05) occupe quant à lui une position intermédiaire, devant l'Ile-de-France (01) et le quart Sud-Est (04).

Les inégalités d'accès aux soins pointées du doigt

Ces disparités peuvent être le reflet d'un état de santé différent lié à des habitudes de vie différentes (régime alimentaire plus athérogène, moindre activité physique au Nord). Mais les auteurs craignent plutôt qu'elle ne reflète une inégalité d'accès aux soins, la densité médicale et hospitalière étant plus faible dans la moitié Nord. Cette première analyse soulève plus de questions qu'elle n'y répond, admet le Pr Jean Doucet du CHU de Rouen, principal investigateur de l'étude GERODIAB et second auteur de l'article.

Par exemple, à l'inclusion, les patients présentent la même ancienneté de diabète au Nord et au Sud mais sont plus âgés au Nord. Est-ce l'apparition du diabète qui y est effectivement plus tardive ou est-ce le diagnostic du fait d'un accès plus difficile aux soins ? Le suivi à cinq ans de ces patients et le suivi que nous espérons pouvoir mettre en place à dix ans devraient permettre d'éclaircir un certain nombre de points, a expliqué le Pr Doucet à l'APM.

En attendant, les investigateurs estiment ces résultats suffisamment préoccupants pour alerter l'assurance maladie et les Agences régionales de santé (ARS). Dans la mesure où les différences régionales autres que l'accès aux soins (statut socio-économique des patients, habitudes de vie...) sont difficiles à modifier, les auteurs estiment que l'amélioration de l'accès aux soins dans ces régions est une priorité. Le diabète devrait être considéré comme un facteur contribuant de manière importante à la dépendance chez les personnes âgées et mérite en tant que tel une allocation de ressources spécifique, plaident-ils. Des interventions correctives sont désormais nécessaires et doivent être rapidement mises en oeuvre afin d'améliorer la prise en charge des patients âgés diabétiques, où qu'ils vivent.

Diabetes & Metabolism, vol.40, p85-86

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