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Quand diabète de type 1 rime avec TCA...

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Diabète

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Une équipe canadienne présente un nouvel outil de dépistage des troubles des conduites alimentaires (TCA) à destination des jeunes diabétiques de type 1 dans la revue Diabetes Care.

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Dépister les TCA chez les adolescents diabétiques afin de prévenir les complications...

Le dépistage de ces troubles chez les adolescents diabétiques est recommandé au Canada du fait de l'importante morbimortalité liée à ce double diagnostic, rappellent Caroline Zuijdwijk de l'Eastern Health à St-Jean-de-Terre-Neuve (Canada) et ses collègues.

L'outil proposé est une version modifiée du questionnaire canadien SCOFF (mSCOFF), validé en français sous le terme DFTCA : définition française des troubles du comportement alimentaire.

Il repose sur cinq questions :

  • S pour sick (vomir) : vous faites-vous vomir parce que vous avez la sensation inconfortable d'avoir trop mangé ?
  • C pour control (contrôle) : vous inquiétez-vous d'avoir perdu le contrôle de ce que vous mangez ?
  • O pour one stone (stone: unité de poids anglaise = 6,348 kg) : avez-vous perdu récemment plus de 6 kg en 3 mois ?
  • F pour fat (gros) : pensez-vous que vous êtes gros(se) alors que d'autres vous trouvent trop mince ?
  • Et, en remplacement de la cinquième question habituelle du questionnaire (F pour food (nourriture) : diriez-vous que la nourriture domine votre vie ?), une question spécifique au diabète st ajoutée: prenez-vous parfois moins d'insuline que nécessaire ?

L'équipe de Caroline Zuijdwijk a comparé les réponses de 43 adolescentes diabétiques de type 1 à ce questionnaire et à une version modifiée de l'Inventaire des troubles alimentaires (mEDI), d'ores et déjà validée pour le diabète de type 1, mais qui est longue et donc peu utilisée.

Avec le mEDI, dix adolescentes ont été repérées comme à risque. Avec le mSCOFF, douze ont répondu positivement à au moins une question et trois à deux questions (seuil à partir duquel le dépistage par le SCOFF est considéré comme positif dans la population générale).
Si l'on retient le seuil d'au moins une réponse positive, le mSCOFF présente une sensibilité de 80%, une spécificité de 90%, une valeur prédictive positive de 75% et négative de 97%. La correspondance entre les deux tests est alors significative.

Si l'on prend le seuil d'au moins deux réponses positives, le mSCOFF présente une sensibilité de 30%, une spécificité de 100%, une valeur prédictive positive de 100% et négative de 83%. La correspondance entre les deux tests n'est plus que modérée.

Les auteurs estiment que ce test, simple et rapide, présente donc un important potentiel et nécessite désormais d'être validé contre un "gold standard".

Diabetes Care 2014, vol.37, e26-e27

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