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"Je fais un vœu" - En 2017, qu'on ne me reproche plus mon diabète !

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Diabète

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Être diabétique et exercer le métier de ses rêves reste incompatible en 2017. C'est ce dont s'insurge la Fédération Française des Diabétique qui vient de lancer une pétition sur le net pour dénoncer les discriminations professionnelles dont sont victimes les personnes atteintes de diabète.

femme angoissée

Jugée comme un risque majeur et une mise en danger pour ses collègues, Marlène, diabétique, n'a pas le droit d'intégrer l'armée.

Ils se nomment Marlène, Djamel, Alizée ou Mathilde… Tous ont la particularité d'avoir un diabète. Mais ce funeste point en commun n'est malheureusement pas le seul puisque tous ont été victimes de discriminations à l'embauche à cause de leur diabète. Alors pour changer une mentalité vieille d'il y a 70 ans, la Fédération Française des Diabétiques a lancé « Je fais un vœu », une campagne de communication accompagnée d'une pétition sur internet. Par cette initiative, les personnes diabétiques souhaitent interpeller les candidats à la Présidence, à quelques mois des élections, sur une situation qu'ils jugent dépassée aujourd'hui.

Les textes réglementant l’accès à certaines professions (…) ne prennent en compte ni les progrès qui ont été faits dans la prise en charge du diabète, ni (...) l’amélioration des conditions de travail.

Ces professions (toujours) inaccessibles aux diabétique.

Au 21e siècle, si vous souffrez d'un diabète, n'aspirez surtout pas à devenir militaire, policier, hôtesse de l'air, contrôleur de la SNCF ou de la sécurité sociale en France. Car bien que le monde du travail mais aussi et surtout la prise en charge de la maladie aient considérablement évolué, les mentalités, elles, restent arriérées. Dans les années 50, les gens passaient la moitié de leur vie à l'hôpital, et avaient très souvent des hypoglycémies avec des pertes de connaissances. Mais ce n’est plus du tout la réalité aujourd'hui, on peut vivre en bonne santé avec un diabète. 60 % des gens qui ont un diabète de type 1 n'ont jamais eu d'hypoglycémie sévère, précise Marc de Kerdanet, président de l'association des jeunes diabétiques et pédiatre endocrinologue.

Et pourtant, malgré les évolutions médicales qui ont amélioré le quotidien des personnes diabétiques de manière significative, la réglementation reste discriminante et certaines professions leur sont encore fermées.

Championne du monde de karaté, Alizée Agier fait partie de ces jeunes à qui on refuse le droit d'exercer le métier qu'ils ont choisi. Malgré ses performances physiques et sportives largement prouvées au cours de grandes compétions internationales, l'entrée dans la police lui a été refusée à cause de sa maladie. J'ai réussi les examens écrits, les tests physiques haut la main. Pour la dernière étape, ils voulaient tout de même l'accord du médecin… Il m'a refusée !

Djamel, 24 ans, diabétique depuis l'âge de quatre ans, partageait cette ambition mais a lui aussi été victime de la même discrimination. Porteur d'une pompe à insuline, il a été déclaré inapte au métier de policier. Intégré aujourd'hui dans une formation d'informaticien, il ne veut plus jamais qu'on lui reproche son diabète.

Mon rêve est d’intégrer le raid, ce sont les plus forts ! Mais avec mon diabète, je ne peux pas. Il faut que cela bouge et que la loi soit changée ! - Pacôme, 9 ans

Vers un examen des candidats au cas par cas

Alors, pour que les personnes diabétiques aient enfin les mêmes droits que toutes les autres, un appel a été lancé aux candidats à la présidentielle. Ils leur demandent de s'engager à actualiser la réglementation, notamment pour les métiers de la police, de l’ingénierie et de la marine, à réévaluer chaque année la liste des professions interdites au regard des évolutions médicales et à leur ouvrir l'accès à toutes les professions sur la base d'une évaluation au cas par cas. Bien sûr certains métiers seront plus difficilement accessibles, admet Gérard Raymond, président de la Fédération Française des Diabétiques, mais chaque cas devrait être étudié par une commission transparente regroupant l’ensemble des acteurs : professionnels, médecins, associations de patients, experts scientifiques. Pour Daniel Vandevoir, médecin du travail Caen, ces discriminations injustes et persistantes sont une aberration à notre époque. Les textes réglementant l’accès à certaines professions datent de plusieurs décennies et ne prennent en compte ni les progrès qui ont été faits dans la prise en charge du diabète, ni l’évolution de certaines professions et l’amélioration des conditions de travail, déplore-t-il. Tous espèrent donc que le prochain Président de la République et son gouvernement veilleront à faire bouger les choses.

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Gwen HIGHT  Journaliste Infirmiers.comgwenaelle.hight@infirmiers.com@gwenhight

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