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Bientraitance et relation de soins

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Revue Soins et La Revue De l'Infirmière

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La bientraitance « nécessite un questionnement tant individuel que collectif de la part des acteurs. » Le prendre soin ne va pas toujours de soi dans un contexte économique tendu pour les établissements de santé et du médico-social qui peut parfois mettre en difficulté les équipes. C'est ce que nous rappelle l'avant-propos de ce dossier de la revue SOINS de mai 2016 consacré à la bientraitance dans et avec la relation de soin.

Avant-propos – Des racines philosophiques, une mise en pratique dans les soins

Revue soins numero 805 mai 2016

Dossier de mai 2016 de la revue SOINS sur la bientraitance

La notion de bientraitance est apparue dans les années 1990. Les professionnels de la protection de l’enfance sont les premiers à l’évoquer concrètement. À cette même époque, le philosophe Paul Ricœur évoque la nécessité de penser l’éthique de façon singulière dans sa relation à autrui. Il la définit comme « la visée d’une vie bonne avec et pour les autres dans des institutions justes » 1. Il insiste sur la dissymétrie de la sollicitude entre le soignant et le patient en affirmant que cette inégalité de relation doit être compensée par la qualité de la relation de soins. C’est ainsi que le philosophe Emmanuel Levinas rappelle que il ne s’agit pas seulement de prendre soin mais de prendre soin de l’autre 2.

La Haute Autorité de santé (HAS) définit la bientraitance comme une démarche globale dans la prise en charge du patient, de l’usager et de l’accueil de l’entourage visant à promouvoir le respect des droits et libertés du patient, de l’usager, son écoute et ses besoins, tout en prévenant la maltraitance. Cette démarche globale met en exergue le rôle et les interactions entre différents acteurs que sont le professionnel, l’institution, l’entourage et le patient, l’usager. 3 Ainsi, ce concept introduit dans les institutions sanitaires lors de la campagne de certification 2010, permet notamment la mise en œuvre concrète de la loi du 4 mars 2002 .

La HAS précise que la bientraitance nécessite un questionnement tant individuel que collectif de la part des acteurs. 3 Toutefois, le contexte économique que traversent les secteurs sanitaire et médicosocial peut parfois mettre en difficulté les équipes. Encadrer et coordonner devient alors une démarche managériale complexe qui requiert des compétences et des valeurs empreintes de perspectives éthiques.

Une démarche qui s’évalue. Afin de garantir une visée optimale, la HAS et la Fédération des organismes régionaux d’amélioration des pratiques et des organisations en santé (Forap) ont produit un guide et des outils. Ces derniers permettent aux établissements de s’évaluer sur la réalité de leur politique de bientraitance. Ce référentiel insiste sur le fait que les partenariats avec les usagers sont la caractéristique fondamentale d’une démarche de bientraitance.

Notes

  1. Ricœur P. Soi-même comme un autre. Paris: Seuil ; 1990.
  2. Levinas E. Totalité et infini. Paris: Poche ; 1990.
  3. www.has-sante.fr

Cadre supérieur de santé, coordinateur de la recherche paramédicale  CHU d’Angerslapoiroux@chu-angers.fr

L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.  

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