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La chirurgie ambulatoire

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Le nombre d’actes de chirurgie ambulatoire stagne alors qu’il contribuerait à réduire le déficit abyssal de la Sécurité sociale, en réduisant la durée d’hospitalisation tout en assurant la qualité et la sécurité des prestations pour les patients ? Un changement de paradigme est à intégrer par tous… Voici ce qui est suggéré par le dossier du mois de mai 2015 de la revue SOINS. 

Avant-propos 

revue soins mai 2015

Dossier de mai 2015 de la revue SOINS : la chirurgie ambulatoire

Le rapport de la Cour des comptes de septembre 2013 sur la Sécurité sociale et la chirurgie ambulatoire met en exergue le retard conséquent de la France dans ce domaine, malgré la reconnaissance légale de la chirurgie ambulatoire depuis 1991. En effet, seuls 42,7% des actes sont pratiqués en ambulatoire. Or, il a été prouvé que la chirurgie ambulatoire est bénéfique pour les patients et qu’elle constitue un véritable levier pour contribuer à la diminution des dépenses de santé.

Comment expliquer que le nombre d’actes de chirurgie ambulatoire stagne alors qu’ils contribueraient à réduire le déficit abyssal de la Sécurité sociale, en réduisant la durée d’hospitalisation tout en assurant la qualité et la sécurité des prestations pour les patients ? La réponse est, semble-t-il, sociologique. Développer l’ambulatoire nécessite de repenser « une organisation patient-centrée et non plus chirurgien-centrée » et de se focaliser « sur une organisation flux-centrée et non plus lits-centrée »1.

Dans une telle organisation, les services, les territoires et les lits n’existent plus. Le parcours patient est fluidifié. Il s’agit donc de tendre vers l’efficience en transformant les lits de chirurgie conventionnelle en actes ambulatoires. Les professionnels de santé sont en première ligne et n’ont pas d’autre choix que d’aller de l’avant. Le travail des soignants s’est donc reconfiguré et les priorités se sont déplacées. De nouveaux métiers de coordination et d’autres compétences voient le jour.

Pour accompagner les équipes, la Haute Autorité de santé (HAS) et l’Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap) ont publié des outils, des guides et des recommandations organisationnelles2. Ainsi, des équipes ont pu être conseillées pour modifier leur mode d’organisation et de fonctionnement.

Notes

  1. Bontemps G. Chirurgie ambulatoire : recommandations, outils et retours d’expériences. Soins 2015 ; 795 : 40-3.
  2. http://www.has-sante.fr

Directrice, Ifsi Croix-Rouge française, Paris Florence.michon@croix-rouge.fr

L’auteur n’a pas transmis de déclaration de conflits d’intérêts.

En chiffres

  • 83% des actes sont réalisés en chirurgie ambulatoire aux États-Unis
  • 79% en Grande Bretagne
  • 70% dans les pays du nord de l’Europe
  • Moins de 43 % en France.

Source : rapport de la Cour des comptes, septembre 2013.

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