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De l'admission à la rééducation des personnes brûlées

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Revue Soins et La Revue De l'Infirmière

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n° 767 - Juillet /Août 2012
Avant-propos - De l’urgence à la rééducation

Dossier Soins - Les soins aux personnes brûléesLa brûlure grave telle que la définit la Société française d’étude et de traitement des brûlures (SFETB) est à chaque fois un défi pour la prise en charge, même si une meilleure connaissance de la physiopathologie et des progrès médicotechniques ont permis d’améliorer sensiblement la qualité des soins au cours de ces dernières décennies.

Les progrès de l’épidémiologie ne semblent pas avoir précédé ni suivi du même élan ces avancées. Les données sur la brûlure en France restent très approximatives et laissent a priori en suspens la connaissance des mesures les mieux ajustées pour la prévention. Mais des progrès sont en cours.

La réanimation d’un grand brûlé est une épreuve coûteuse en tous points et dont les équipes de réanimation relèvent à chaque fois le défi sous la menace d’un pronostic vital engagé pendant les premières heures mais aussi au-delà. Elle recouvre de nombreuses préoccupations telles que le risque de choc hypovolémique, la dénutrition, les troubles respiratoires mais aussi la prise en charge de la douleur dont les exigences lors de soins et en continu doivent être connues et respectées.

Les soins infirmiers, dans leur préparation, à l’admission et tout au long du séjour, conditionnent l’évolution de l’état général et local du patient brûlé. La qualité de la surveillance, la mise en œuvre des prescriptions et la proximité soignante, notamment, sont décisives.

Le traitement chirurgical est un autre déterminant. Il doit être entrepris précocement et s’adosser à une stratégie adaptée. Il s’agit à la fois d’un traitement d’urgence pour éviter les complications graves liées à l’œdème, mais aussi réparateur de la brûlure dont les effets menacent la fonctionnalité et conditionnent la rééducation.

Les complications infectieuses, première cause de mortalité, ont généralement le soin pour origine. L’infection chez le brûlé est évitable par les précautions élémentaires de prévention et le respect des bonnes pratiques dont chacun doit être garant.

La rééducation et le suivi psychologique participent à part entière à la restauration fonctionnelle, psychique, sociale et familiale de ces patients. Ainsi, la prise en charge est pluridisciplinaire, parfois longue, douloureuse et exigeante, pour un apprentissage à une nouvelle vie à laquelle les structures associatives apportent leur inestimable contribution et un supplément d’âme.

En chiffres
En 2009, un rapport1 de l’Institut de veille sanitaire (InVS) note 11.984 hospitalisations pour brûlures en France métropolitaine (FM), dont 31% sont des enfants de 0-4 ans et 47% des personnes âgées de 15 à 59 ans. La durée moyenne de séjour était de 7,9 jours. Ces hospitalisations concernent 8.825 patients résidant en FM. L’incidence moyenne était de 14,1 pour 100.000 habitants. Mais l’incidence brute était particulièrement élevée chez les enfants de moins de 5 ans (60/100.000). Dans 5% des cas, la brûlure était évaluée comme grave. Ce document signale 208 décès à l’hôpital en 2009.
Note 1 : Rigou A, Thélot B. Hospitalisations pour brûlures à partir des données du Programme de médicalisation des systèmes d’information, France métropolitaine, 2009. http://www.invs.sante.fr

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    Revue SOINS n°767 - Juillet / Août 2012
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