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Mieux soulager la douleur chronique

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Douleur

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Depuis de nombreuses années, les soignants se mobilisent et poursuivent leurs recherches afin de mieux prendre en compte les patients douloureux chroniques. Ce dossier de la revue SOINS nous rappelle que la douleur s'installe insidieusement et progressivement et qu'elle peut être trop souvent négligée. Elle se transforme alors en maladie chronique à part entière avec de très nombreuses répercussions sur la vie quotidienne des personnes.

Avant-propos – Une douleur trop souvent négligée

Revue Soins Mai 2017

La douleur s'installe, au jour le jour, et se chronicise. La qualité de vie des patients se dégrade.

La lutte contre la douleur est un combat quotidien. Pour nous aider à le gagner, nous disposons de recours et d’outils tels que les travaux de la Haute Autorité de santé (HAS) ; la Société française d’étude et de traitement de la douleur (SFETD), association pluriprofessionnelle, vivier de cliniciens, chercheurs et usagers, ouverte à toute personne ; le Centre national de ressources de lutte contre la douleur (CNRD). Malgré cela, en 2017, nous sommes toujours confrontés à ce fléau invisible. Or, la douleur négligée se transforme en maladie chronique à part entière avec de nombreuses répercussions sur la vie quotidienne des personnes.

La chronicisation n’est pas réservée à une population définie. Les personnes soignées en santé mentale en parlent à leur manière, les enfants suivis en pédiatrie peuvent également lutter contre ces syndromes récalcitrants. À partir du symptôme qui s’installe peu à peu en syndrome, la France a déployé et mis à disposition des ressources territoriales avec des moyens d’accès spécifi ques. L’organisation de prises en charge individualisées est possible en particulier depuis 2009, grâce à l’éducation thérapeutique pluridisciplinaire, où les professionnels, dont le psychologue, aideront la personne douloureuse à découvrir et utiliser ses propres stratégies d’adaptation.

L’amélioration de la prise en charge de ce syndrome a fait l’objet de travaux de la commission professionnelle infirmière de la SFETD qui a produit un référentiel d’activités de consultation. L’offre de soins comprend également la mise en oeuvre d’outils et de moyens non pharmacologiques pour lutter contre la douleur chronique qui nécessitent une formation post-universitaire. L’hypnoanalgésie, par exemple, est pratiquée en complémentarité avec les autres thérapeutiques.

La personne qui vit depuis plusieurs mois avec une souffrance chronique en parlera d’autant plus facilement si elle se sait écoutée, entendue et reconnue. Elle peut s’adresser à plusieurs types de structure. En secteur libéral, les infirmières regroupées, formées et motivées ont des réponses à apporter. Autre structure disponible pour le domicile, le “réseau douleur” propose une coordination d’appui aux professionnels de santé, avec des équipes et prises en charge pluridisciplinaires. L’offre de soins existe sur tout le territoire. Les soignants se sont mobilisés et poursuivent leurs recherches afin de mieux prendre en compte et soulager la douleur chronique.

Infirmière clinicienne, soins palliatifs et douleur, membre de la commission professionnelle infirmière de la Société française d’étude et de traitement de la douleur (SFETD)herissonbrigitte@yahoo.fr

L'auteur déclare ne pas avoir de conflits d’intérêts en relation avec cet article

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