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La prescription infirmière

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Revue Soins et La Revue De l'Infirmière

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Exécuter, administrer, mettre en œuvre pour enfin prescrire dans certains cas de figure bien précis… Ce dossier de la revue Soins nous rappelle le cadre juridique de la prescription infirmière mais aussi les évolutions actées et nécessairement espérées par la profession.

Avant-Propos : des bénéfices attendus, un cadrage nécessaire

revue soins octobre 2016

Prescrire requiert de l’infirmière l’acquisition préalable de compétences complémentaires non développées en formation initiale ou encore par l’expérience clinique.

Le rapport qui unit l’infirmière et la prescription n’a cessé d’évoluer dans l’histoire. Initialement exclusivement chargée de l’exécution des prescriptions médicales, l’infirmière a peu à peu gagné de l’autonomie dans ce domaine. Il lui a été demandé d’administrer “intelligemment” les prescriptions médicales et d’en prévenir les effets adverses. Elle a ensuite été reconnue apte à repérer les situations cliniques pour lesquelles des protocoles préétablis étaient disponibles, et à juger de la nécessité de les mettre en oeuvre. Une liste de dispositifs médicaux a ensuite été ouverte à la prescription infirmière. D’autres produits ont ensuite été inclus à cette habilitation.

Alors que depuis l’application de la loi “Hôpital, patients, santé et territoires”1, certaines infirmières se voient nominativement habilitées à prescrire dans le cadre d’un protocole de coopération, l’article 119 de la loi de modernisation du système de santé2 a instauré la pratique avancée en France. Quoique tardive, cette évolution nationale est conforme aux tendances internationales observables.

Prescrire requiert de l’infirmière l’acquisition préalable de compétences complémentaires non développées en formation initiale ou encore par l’expérience clinique. Le raisonnement clinique qu’elle met en œuvre, couplé à une approche fondée sur les données probantes, seront déterminants dans l’obtention de résultats cliniques satisfaisants.

Adapter l’offre de soins à la demande nécessite de modifier périodiquement, dans la législation, les périmètres d’intervention des professions de santé, et de les doter des compétences requises. Aussi, est-il souhaitable de concevoir des environnements de pratique favorables, afin d’anticiper et d’accompagner les réactions humaines induites par ces changements.

Les enseignements dégagés des expériences étrangères dans ce domaine sont éclairants, si tant est que nous les intégrions à nos réflexions nationales.

Notes

  1. Loi n° 2009-879 du 21 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires.
  2. Loi n° 2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé.

Inf PhD, Membre de la chaire Santé SciencesPo/IDS UMR Inserm 1145 deboutc@aol.com

L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

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