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PCA aux urgences sur douleur abdominale non traumatique : quel intérêt ?

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Douleur

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L'analgésie contrôlée par le patient (PCA) a permis de soulager davantage la douleur abdominale non traumatique par rapport à l'analgésie classique mais pas la douleur liée à des blessures traumatiques chez les patients pris en charge aux urgences, selon deux études britanniques.

PCA

Deux études suggèrent qu'il est intéressant d'initier une PCA aux urgences contre la douleur abdominale non traumatique...

La douleur est fréquente parmi les patients se présentant aux services d'accueil des urgences mais souvent mal prise en charge, rappellent Jason Smith du Derriford Hospital à Plymouth et ses collègues dans The British Medical Journal (BMJ). La PCA, qui permet au patient de s'auto-administrer l'analgésique de manière contrôlée, a montré sa supériorité par rapport aux méthodes analgésiques classiques dans d'autres champs, mais les données dans le contexte des urgences sont très limitées.

Pour évaluer la PCA dans ce contexte, les chercheurs ont conduit deux études, incluant dans chacune 200 adultes se présentant aux urgences de cinq établissements et nécessitant une analgésie par administration intraveineuse d'opioïde pour traiter une douleur modérée à sévère liée à des blessures traumatiques dans l'une et à des douleurs abdominales dans l'autre. Ils ont été randomisés entre la PCA et l'analgésie dont les doses étaient administrées par une infirmière. Les résultats indiquent pour l'étude dans les blessures traumatiques que le score douloureux sur 12 heures de suivi était de 44 points (sur une échelle de 0 à 100) avec la PCA et de 47,2 points avec l'analgésie classique, mais la réduction de la douleur obtenue avec la PCA n'était pas statistiquement significative après les analyses ajustées. En revanche, pour les douleurs abdominales non traumatiques, le score douloureux était en moyenne de respectivement 35,3 points et de 47,3 points, avec cette fois une différence significative. Pour les patients avec des douleurs liées à des blessures traumatiques, la dose de morphine consommée était plus élevée avec la PCA, de 44,3 mg contre 27,2 mg avec l'analgésie classique dans la première étude mais sans que cette différence soit significative. La différence n'était pas non plus significative concernant le temps passé avec une douleur modérée à sévère ou la satisfaction des patients. A l'opposé, dans la seconde étude, la dose de morphine consommée par PCA était de 36,1 mg, ce qui était significativement plus qu'avec l'analgésie classique (23,6 mg). La durée des douleurs modérées à sévères était significativement inférieure avec la PCA (32,6% vs 46,9%) et les patients avaient 2,5 fois plus de chances d'être parfaitement ou très satisfaits.

Dans un éditorial, Fiona Lecky de l'université de Sheffield note que ces résultats pourraient s'expliquer par des mécanismes physiopathologiques différents pour les deux types de douleur. Mais globalement, ces deux études suggèrent qu'il est intéressant d'initier une PCA aux urgences, estime-t-elle, soulignant le rapport coût/efficacité de la PCA, en raison notamment de l'économie faite en temps infirmier.

The BMJ, éditions en ligne des 21 et 22 juin 2015

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