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Douleur : s'appuyer sur les soins de ville

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Douleur

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Le programme d'actions de lutte contre la douleur que le ministère de la santé prépare pour fin mars 2012 s'appuiera sur la médecine de ville, a indiqué la Direction générale de l'offre de soins (DGOS), le 17 octobre 2011, lors d'un colloque organisé avec la Société française d'étude et de traitement de la douleur (SFETD)

lutte contre la douleur sfetdLa DGOS a confirmé la mise en place d'un programme d'actions pour prendre le relais des trois précédents plans de santé publique, annonçant sa publication pour fin mars 2012.
En ouverture du colloque, la DGOS, Annie Podeur, a souligné la nécessité de "sortir d'une vision trop hospitalo-centrée pour commencer la prise en charge en ville, dans les établissements médico-sociaux, là où les patients vivent", appelant tous les acteurs à participer à "la réussite" de ce programme.

"Un appel du pied à la ville" figure "en filigrane" dans le nouveau cahier des charges des structures antidouleur paru fin mai dans une instruction, dans le cadre du troisième plan 2006-10, a indiqué Mikael Le Moal, chargé de mission à la DGOS.
"L'articulation avec la ville est une nécessité que nous avions à l'esprit lors de notre travail mais ce n'était pas l'objectif de l'instruction qui vise essentiellement les établissements de santé", a-t-il expliqué.
L'instruction va par exemple permettre d'identifier toutes les structures de prise en charge de la douleur d'ici fin novembre afin de proposer un annuaire national dont les premiers utilisateurs seront les professionnels de santé de ville.

Mais le texte "ne peut pas remplacer le travail de fond à mettre en place dans le cadre du programme d'actions" où il faudra donc "réfléchir aux liens des structures antidouleur avec les soins de ville, aux soins de premier recours, à la place du médecin traitant, aux liens avec les associations de patient, au rôle des usagers".
Il s'agit de mettre en place "une gradation des soins et une répartition des rôles, notamment celui du médecin traitant dans la prise en charge en amont mais aussi en aval, pour le renouvellement des traitements par exemple".

Une équipe projet rassemblant plusieurs directions du ministère de la santé a été chargée d'élaborer le programme d'actions, sur la base des propositions d'un groupe d'usagers et d'experts parmi lesquels figurent le Collège national des généralistes enseignants (CNGE), a indiqué Violette Garcia, chargée de mission à la DGOS.

Parmi les quatre axes potentiels du programme d'action issus de la première réunion de travail figure la structuration de l'offre de soins. Il est prévu de s'appuyer sur la médecine de ville et d'organiser des allers-retours entre la ville et l'hôpital, ainsi que renforcer le rôle des officines, a-t-elle précisé.

Lors du colloque, le Dr Bernard Rivoal, médecin généraliste à Voves (Eure-et-Loir), a rapporté son expérience de prise en charge de la douleur chronique en ville dans une maison médicale où interviennent trois médecins généralistes, un kinésithérapeute, une infirmière et un radiologue.
Il a notamment expliqué avoir mis au point avec ses patients des outils d'évaluation de la douleur qui leur semblent plus appropriés.
Dans sa présentation était évoquée la question d'une meilleure rémunération de cette prise en charge pluridisciplinaire de la douleur chronique en ville, bien que le Dr Rivoal n'ait pas développé ce point, note-t-on.

Dans l'auditoire, un médecin de Basse-Normandie a également rapporté une expérience menée dans le réseau ville-hôpital auquel elle participe, des consultations mobiles par des infirmières au domicile de patients non ambulatoires vivant dans des zones isolées, exprimant ses inquiétudes sur la pérennisation de ce projet.

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