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La douleur chronique en quête d'une spécialité

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Douleur

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L'Académie nationale de médecine recommande notamment que soit créée une formation spécialisée transversale (FST) de surspécialité "médecine de la douleur" dans le cadre de la réforme du troisième cycle des études médicales, dans un communiqué diffusé le 7 mars 2016.

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On estime qu'environ 150 médecins de la douleur vont cesser leur activité dans les 10 prochaines années, dont la moitié dans les cinq prochaines années... d'où la nécessité d'en former de nouveaux...

Cette FST doit sanctionner une formation théorique et pratique de durée équivalente à l'ancien DESC [diplôme d'études spécialisées complémentaires], réalisée au cours de l'internat ou après un internat effectué dans diverses spécialités, estime l'Académie. Depuis 25 ans, plusieurs enseignements ont été organisés pour améliorer la formation des médecins à la prise en charge de la douleur, avec 14 capacités douleur, 25 diplômes interuniversitaires (DIU) et un DESC. La suppression des DESC étant préconisée dans le cadre de la réforme du troisième cycle des études médicales (cf APM VG4NTXR3I), une FST pour la douleur s'impose donc d'urgence selon trois modalités :

  • pour les spécialistes de médecine générale, la formation doit pouvoir s'intégrer dans le cursus de l'internat pendant un an et comprendre une année d'assistanat ;
  • pour les DES des autres spécialités, cette formation devra se faire le plus souvent en post- internat car les deux semestres en centres antidouleur ne pourront pas être intégrés dans le cursus de l'internat de spécialité ;
  • la FST doit pouvoir se faire plus tard par une formation théorique et une validation de compétence avec des stages spécifiques en centres antidouleur car la médecine de la douleur est également souvent un choix plus tardif auquel répondait la capacité, avec des passerelles nécessaires en cours de carrière.

L'Académie recommande également la mise en place d'une filière spécifique pour cet enseignement dans chaque UFR, avec un coordinateur universitaire "douleur" pour organiser l'enseignement et la recherche. On estime qu'environ 150 médecins de la douleur vont cesser leur activité dans les 10 prochaines années, dont la moitié dans les cinq prochaines années. Il faudrait former 35 médecins par an pour assurer le maintien des structures, indique l'Académie. Elle ajoute que pour tous les spécialistes, une formation complémentaire "douleur" exige deux ans avec une part théorique et pratique dans des centres antidouleur. Ces recommandations soutiennent l'appel lancé en octobre 2015 par la Société française d'étude et de traitement de la douleur (SFETD), note-t-on.

La nouvelle liste des diplômes d'études spécialisées en médecine publiée par arrêté début décembre 2015 ne comprend pas de formation spécifique sur la douleur (cf APM VG2NYTSM8). La réforme du troisième cycle des études médicales doit être achevée d'ici la rentrée 2017, rappelle-t-on. L'Académie de médecine recommande aussi le maintien en urgence des "structures douleur", compte tenu des besoins et de la démographie rapidement déclinante des "praticiens de la douleur", relayant cette fois le livre blanc de la SFETD.

• Lire le communiqué de l'Académie de Médecine "Une Formation spécialisée transversale de la douleur chronique est nécessaire".

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