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Le prochain « plan douleur » sera orienté vers le domicile

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Douleur

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Depuis la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades, le soulagement de la douleur est reconnu comme un droit fondamental. Afin de poursuivre son action, et dans la continuité du 3e plan de lutte contre la douleur (2006-2010), le ministère de la santé lance le 4ème plan qui sera, contrairement aux précédents, orienté vers la prise en charge de la douleur à domicile.

Le prochain « plan douleur » sera orienté vers le domicileLundi 15 octobre 2012, 9h30, locaux de l'UNA, dans le 12e arrondissement parisien... La ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, doit arriver d'une minute à l'autre. À l'occasion de la journée mondiale de lutte contre la douleur, elle rend en effet visite à ce service polyvalent d'aide et de soins à domicile (Spasad). Accompagnée de ses collaborateurs, elle serre la main aux personnes présentes et la visite commence...

Mieux évaluer

Marisol Touraine a rappelé d'emblée que les trois plans douleur déployés depuis 2006, et actuellement évalués, ont été trop « centrés sur la prise en charge hospitalière ». Pour elle « l'évaluation de la douleur doit être un réflexe », en particulier à domicile, et d'autres moyens d'évaluation sont à développer, différents « des réglettes avec des noms de labos estampillés dessus ». Une aide-soignante du SPASAD lui a répondu  : « les réglettes ne sont pas adaptées à des personnes âgées démentes, nous utilisons ici l'échelle « doloplus » qui permet d’évaluer la douleur à partir de critères comportementaux. ». La ministre a souligné également que la lutte contre la douleur devait être intégrée dans le quotidien des soignants, mais aussi des aidants qui sont de véritables alliés en la matière.

« Marisol Touraine a souligné l'importance d'un réseau de professionnels bien articulé afin de répondre rapidement aux exigences thérapeutiques des patients douloureux. »

Marisol Touraine l’a rappelé : « lorsque l'on est malade, ce n'est pas à l'hôpital que l'on souhaite aller.Mieux orienter

Marisol Touraine l’a rappelé : « lorsque l'on est malade, ce n'est pas à l'hôpital que l'on souhaite aller. On a besoin de nos repères familiers ». Les hospitalisations inappropriées sont donc à éviter et le domicile doit être un lieu privilégié d'intervention. La ministre a préconisé pour cela de mieux articuler les différents intervenants, étonnée de rencontrer des responsables de structures se disant démunis face à la douleur et qui ne savent pas forcément vers qui se tourner en cas de besoin. Marisol Touraine s’est dit « frappée » par le fait que cette structure fonctionne sans médecin, soulignant ainsi ainsi toute l'importance d'un réseau de professionnels bien articulé afin de répondre rapidement aux exigences thérapeutiques des patients douloureux.

Mieux former

« Notre établissement a formé le personnel soignant pour la lutte contre la douleur » a précisé Gilles Guillard, directeur de l'association « UNA Paris 12è ». Un annuaire des structures formatrices à la douleur et des centres de références douleur sera d'ailleurs prochainement mis en ligne a ajouté la ministre. L’entretien s'est terminé par le souhait du directeur que les Spasad créés en 2004 par décret aient une reconnaissance officielle avec la mise en place d'un budget commun en aide et en soins.

Pour conclure

Le nouveau plan douleur annoncé par Marisol Touraine se recentre donc sur les soins extra-hospitaliers avec une volonté forte de concentrer les moyens sur la prise en charge à domicile. Cependant on peut supposer que les structures actuelles (SSIAD, HAD...), le plus souvent déjà en limite de capacité, vont connaître une augmentation de leur activité. Des mesures ont-elles été prévues pour pallier cette réalité ? A suivre donc avec intérêt...

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Rédactrice Infirmiers.com
audrey.demeillez@infirmiers.com

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