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Les prescriptions d'opioïdes inadaptées en chirurgie pédiatrique

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Douleur

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Les opioïdes postopératoires sont prescrits en trop grande quantité chez les enfants, ce qui a pour conséquence, outre le gaspillage, un risque de mésusage des produits non utilisés gardés à la maison, selon une étude américaine présentée samedi au congrès Anesthesiology 2015 à San Diego.

Une durée de prescription plus que nécessaire

enfant malade lit hopital

La prise en charge de la douleur pédiatrique postopératoire nécessiterait une prescription d'opioïdes de seulement cinq jours en moyenne.

Une étude a été réalisée auprès des parents de 433 enfants ayant reçu une prescription d'opioïdes à leur sortie d'hôpital. Les deux tiers d'entre-eux ont répondu. L'oxycodone était le principal opioïde prescrit (89%), dont 44% sous forme liquide, indiquent Aaron Hsu du Johns Hopkins Hospital à Baltimore (Maryland) et ses collègues dans le résumé de leur communication. Les quantités d'opioïdes prescrites correspondaient à 10 à 14 jours de traitement, précise un communiqué de l'American Society of Anesthesiologists (ASA). Mais il apparaît que les patients ne les ont utilisés que pendant une moyenne de cinq jours. A 14 jours, 36,4 comprimés et 66,8 mL d'opioïdes étaient non utilisés. "En moyenne les patients ont utilisé 42% de la quantité prescrite", indiquent les auteurs.

La douleur pédiatrique postopératoire prise en charge efficacement avec peu d'opoïdes

Le contrôle de la douleur a été noté comme excellent dans 47% des cas, bon dans 34% des cas, passable dans 10% des cas, sur l'échelle de Likert à quatre points. Près de la moitié (46%) des patients avaient un frère ou une sœur âgé de 12 ans ou plus, et la plupart des parents (82%) n'ont pas été informés de ce qu'ils devaient faire avec le produit restant. Seuls 6% se sont débarrassé du produit à la fin du traitement. Nous avons non seulement trouvé que des médecins prescrivent par inadvertance probablement plus de médicaments qu'il n'est nécessaire ou utile, mais aussi que la majeure partie des opioïdes non utilisés ne sont pas éliminés de manière appropriée, indique Myron Yaster de la Johns Hopkins University School of Medicine à Baltimore, principal auteur, dans le communiqué de l'ASA. C'est particulièrement inquiétant car près de la moitié des patients étudiés ont des frères et sœurs adolescents, qui sont à risque d'abus d'opioïdes de prescription, note-t-­il. Il appelle à davantage de recherches sur l'utilisation des opioïdes basée sur l'âge, la maladie et le sexe, afin de fournir des données sur lesquelles fonder des prescriptions plus adaptées.

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