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Prévention des douleurs iatrogènes : le calendrier, un support original pour favoriser la diffusion des protocoles

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Douleur

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Une équipe de soignants du CHU de Saint-Etienne a développé un calendrier pour que les soignants gardent constamment à l'esprit l'importance de la prise en charge des douleurs provoquées par les soins.

soins jambe pansement

Des actes à visée diagnostique (ponctions veineuses et artérielles, imagerie médicale, ponctions lombaires...), thérapeutique (chirurgie, chimiothérapie...) ou de confort (mobilisation, soins de bouche...) peuvent se trouver à l'origine de douleurs qui doivent être reconnues, évaluées, prévenues et traitées par les soignants, rappelle le communiqué de presse diffusé par l'établissement hospitalier pour présenter cette initiative.

Ce projet, initié à la demande de Clud (Comité de lutte contre la douleur) du CHU, a été mené à bien par une équipe réunissant des infirmières des services d'anesthésie, de gériatrie, de pédiatrie, de pneumo-oncologie, de soins palliatifs et une manipulatrice radio, a expliqué à APM Santé le Dr Marie-Louise Navez, présidente du Clud stéphanois. Le but : sensibiliser les équipes soignantes à l'importance de calmer la douleur lors des soins et favoriser l'application des protocoles définis dans l'établissement, car "cela n'était pas forcément acquis dans tous les services".

Le calendrier, format A4, a été conçu pour compléter les supports déjà disponibles et pour assurer la diffusion des informations sur la prise en charge des douleurs provoquées par les soins "de manière simple, visible et attractive". En effet, la formation médicale reste souvent insuffisante sur ce sujet, relève la spécialiste. Par ailleurs, si les soignants peuvent consulter les protocoles de prise en charge et rechercher différentes informations sur la douleur sur l'intranet de l'établissement, ils n'y ont généralement pas accès depuis leurs services.

A chaque mois de l'année et à chaque page du calendrier correspond l'un des douze principaux protocoles devant être appliqué à l'occasion de la réalisation des soins douloureux les plus fréquemment mis en oeuvre dans l'établissement. L'équipe qui a travaillé sur ce projet à retenu les soins suivants :

  • les pansements : évaluation et prise en charge globale,
  • les pansements : panel de moyens médicaux et autres,
  • les mobilisations,
  • l'ablation des drains thoraciques,
  • les brûlures,
  • les soins d'escarres,
  • réussite d'un allaitement confortable,
  • les ponctions veineuses et artérielles,
  • prévention de la douleur chez l'enfant,
  • douleur liée aux examens d'exploration,
  • ponction lombaire et myélogramme,
  • les soins de bouche.

Pour attirer le regard des soignants et retenir leur attention, l'information est présentée de manière ludique et attractive. Un petit "personnage" -un stéthoscope qui parle- souligne les points importants du protocole en rappelant aux lecteurs "N'oubliez pas ça !" et en les renvoyant vers les cahiers de protocoles et l'intranet de l'établissement pour les compléments d'information, a expliqué le Dr Marie Louise Navez. Car "ce calendrier vise simplement à rappeler en permanence aux soignants 'Attention à la douleur induite par les soins. Voilà les moyens d'y remédier' et n'a pas vocation à se substituer aux cahiers de protocoles", a-t-elle poursuivi.

Ce document a-t-il été tiré en nombre suffisant pour pouvoir être distribué à tous les services du CHU de Saint-Etienne. De façon à "interpeller en permanence les soignants sur ce problème-là", il a été affiché dans les salles de soins, "car tout le monde y passe, surtout les infirmières, évidemment, mais aussi les stagiaires -externes et internes- et les médecins", a précisé la président du Clud stéphanois.

Le calendrier a également été diffusé dans les hôpitaux du secteur couvert par le Clud et dans toute la région sanitaire inter-Clud. Si les établissements situés dans le département de la Loire ont également été fournis, le CHU de Saint-Etienne doit désormais faire face à de nouvelles demandes, émanant pour la plupart de petits établissements n'ayant pas les moyens de développer un tel projet, situés non seulement dans les départements voisins (Haute-Loire, Ardèche), mais aussi "totalement à l'extérieur", a indiqué le Dr Marie-Louise Navez.

Une subvention accordée par la Fondation de France a permis de mener à bien ce projet et de financer un premier tirage de 500 exemplaires. Cependant, face à l'afflux de demandes, "il faudrait encore tirer au moins 800 exemplaires", indique la spécialiste stéphanoise. Les promoteurs de ce projet recherchent donc de nouveaux crédits pour pouvoir financer ce retirage et éventuellement reconduire le projet pour l'année 2006.

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