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Prise en charge de la douleur aux urgences : le CHRU de Montpellier récompensé

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Douleur

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Le service des urgences du CHRU de Montpellier vient de recevoir le prix qualité pour son protocole de prise en charge du patient algique, dont la mise en oeuvre en septembre dernier se traduit déjà par une modification du comportement des infirmiers et aides-soignants.

Le prix qualité, d'une somme de 5.600 euros, est décerné une fois par an au projet le plus transversal, qui implique plusieurs équipes d'un service, et qui respecte une méthodologie et une démarche qualité conforme à la certification, dont le but est d'améliorer la prise en charge du patient, explique à APM Santé Mme Chabrot, Cadre de santé, coresponsable du projet avec le Dr Rubenovitch, médecin-chef du service.

Cette année, cependant, un prix a également été attribué à un projet de recherche en périnatalité, mais cela reste exceptionnel, souligne la Cadre de santé.

projet mené par Mme Chabrot et le Dr Rubenovitch portait sur la prise en charge du patient algique aux urgences. Trop ambitieux, aux dires de la Cadre de santé, il a finalement été cantonné aux douleurs d'origine traumatique qui représentent un tiers des plaintes aux urgences. "Mais nous travaillons actuellement sur les douleurs thoraciques et abdominales", précise Mme Chabrot.

L'ensemble des infirmiers et les deux tiers des aides-soignants du service des urgences et des SMUR ont reçu une formation standardisée ainsi qu'une formation in situ réalisée par d'autres infirmiers sur la douleur et sur le protocole mis en place.

Celui-ci a pour but de permettre aux infirmières et aides-soignants d'offrir aux patients algiques une prise en charge de leur douleur sans en référer obligatoirement au médecin. Ils disposent dans un premier temps d'un arsenal thérapeutique non médicamenteux, combinant des positions algiques, des poches réfrigérantes, des attelles... et peuvent, dans un second temps, recourir aux antalgiques, dont la puissance sera fonction des résultats obtenus à l'échelle de visualisation de la douleur (EVA).

"L'idée, c'est qu'avec la pratique, une infirmière puisse induire la mise en route de la morphine sans demander l'autorisation au médecin", explique Mme Chabrot.

Mis en oeuvre depuis septembre dernier, le protocole a considérablement modifié l'attitude des infirmiers et aides-soignants, poursuit la Cadre de santé, avec une augmentation flagrante de l'application des mesures immédiates et une augmentation de la demande de mise en route de morphine de la part des infirmiers auprès des médecins.

"Il n'y a pas eu d'augmentation de l'utilisation de la morphine sans accord médical préalable, souligne Mme Chabrot, mais maintenant, les infirmiers n'hésitent pas à demander de la morphine aux médecins, contrairement à avant".

Une évaluation chiffrée du protocole est prévue à la fin de l'année, à un an de sa mise en oeuvre.

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