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Prise en charge de la douleur en France : des progrès ont été faits, mais d'autres restent à faire

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Douleur

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La quasi-totalité (90%) des Français considère que la prise en charge de la douleur s'est améliorée au cours des dernières années, mais ils sont tout aussi nombreux (96%) à penser que des progrès restent à faire dans ce domaine, indiquent les résultats préliminaires d'une enquête nationale réalisée par l'institut de sondage TNS Sofres pour le Comité d'organisation des Etats généraux de la douleur.

C'est au cours d'une séance professionnelle organisée dans le cadre du congrès de la Société d'étude et de traitement de la douleur (SETD), qui s'est tenu à la fin de la semaine dernière à Montpellier (Hérault), que le Dr Alain Serrie (hôpital Lariboisière, AP-HP, Paris, Xème), président du comité d'organisation des Etats généraux de la douleur, a présenté ces premières données à ses collègues.

Cette enquête téléphonique, conduite en mars 2003 auprès d'un échantillon de plus de 1.000 personnes représentatif de la population française âgée de plus de 18 ans, a notamment permis de constater qu'une majorité de la population française est confrontée à la douleur. En effet, 78% des personnes interrogées ont déclaré avoir été confrontées à la douleur au cours des deux années précédant l'enquête (dont 57% personnellement, c'est-à-dire soit directement, soit au niveau d'un de leurs enfants âgé de moins de 15 ans).

Par ailleurs, l'analyse des résultats de cette enquête a permis de constater que les Français reconnaissent majoritairement (90%) que des progrès ont été réalisés en terme de prise en charge de la douleur au cours des dernières années, a souligné le Dr Alain Serrie.

Ainsi, 73% des personnes interrogées s'accordent à dire que la prise en compte des problèmes de la douleur par le corps médical s'est améliorée au cours des dernières années et 70% d'entre elles en pensent autant de la prise en charge de la douleur de l'enfant.

De plus, 68% considèrent que l'utilisation des médicaments pour soulager la douleur s'est généralisée au cours des dernières années, tandis que 63% considèrent que l'apparition de nouveaux médicaments pour traiter la douleur figure parmi les développements enregistrés ces dernières années.

Au total, 54% des Français pensent que la douleur est considérée comme une priorité de santé dans l'Hexagone.

Mais si un Français sur deux (52%) pense que la douleur est bien prise en charge en France, des attentes persistent, a poursuivi le spécialiste parisien.

En effet, 96% des participants à cette enquête estiment que des progrès restent à faire dans le domaine de la prise en charge de la douleur, notamment à travers une amélioration de l'information des patients (32%), de la prise en charge psychologique (18%) mais aussi de la prise en charge de la douleur aux âges extrêmes de la vie -chez les enfants (7%), ainsi que chez les personnes âgées (7%)- ou encore chez les personnes handicapées (6%).

Malgré tout, les Français manifestent "une grande confiance envers leurs soignants", s'est félicité le Dr Alain Serrie, car seuls 14% d'entre eux pensent que "quand ils ont mal, ça ne sert à rien d'en parler à leur médecin".

L'organisation des Etats généraux de la douleur, inscrite dans le plan quadriennal de lutte contre la douleur 2002-2005, a pour but de renforcer la prise de conscience des professionnels de santé et de sensibiliser la population à la problématique de la prise en charge de la douleur en France, a travers la réalisation de différentes enquêtes nationales, a rappelé l'algologue parisien.

La déclinaison de ces états généraux au niveau de six régions pilotes (Aquitaine, Basse-Normandie, Nord-Pas-de-Calais, Languedoc-Roussillon, Picardie et Rhône-Alpes), vise quant à elle à relayer cette dynamique au niveau local, en associant professionnels de santé, usagers et acteurs locaux à la réflexion./mr

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