GRANDS DOSSIERS

AP-HP : seule la moitié des frictions hydro-alcooliques est réalisée

Cet article fait partie du dossier :

Hygiène hospitalière

    Précédent Suivant

Le 9 mai dernier en commission médicale d'établissement (CME), l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) a dressé son bilan 2016 des événements associés aux soins. À ce titre, pour deux frictions hydro-alcooliques nécessaires, une seule est réalisée, constate le CHU francilien dans sa présentation. Merci à Hospimedia de partager cet article avec la communauté d'Infirmiers.com.

Infirmière avec une patiente allongée

La friction hydro-alcoolique est essentielle pour prévenir les infections nosocomiales.

Il s'agit pourtant de la mesure essentielle de prévention des infections nosocomiales, rappelle l'établissement, permettant à la fois de prévenir la transmission croisée des micro-organismes et restreindre l'infection des dispositifs invasifs. Encore faut-il pour cela effectuer une friction avant et après chaque contact avec un patient. Les disparités s'avèrent extrêmement fortes selon les hôpitaux de l'AP-HP, sachant qu'aucun d'entre eux n'atteint l'objectif personnalisé scellé par l'AP-HP. Les plus proches sont Robert-Debré, Necker-Enfants malades, Jean-Verdier, Bichat, Henri-Mondor et Ambroise-Paré, les plus éloignés Hendaye, Bretonneau, Broca-La Rochefoucauld, Joffre-Depuytren, Vaugirard et Berck. Et ces disparités géographiques s'observent également au sein d'une même spécialité. Raison pour laquelle la réalisation d'une friction hydro-alcoolique avant et après chaque contact avec un patient fait l'objet d'un des trois messages prioritaires retenus par l'AP-HP pour 2017.

Les deux autres concernent l'identification de secteurs dans chaque groupe hospitalier pour regrouper les patients porteurs de bactéries hautement résistantes émergentes (BHRe) et le raccourcissement de la durée des traitements antibiotiques. Sur ce dernier point, quinze hôpitaux présentent un nombre d'équivalent temps plein (ETP) spécifiquement dédiés au bon usage des antibiotiques inférieur à la cible du CHU*. De même, dix hôpitaux se refusent encore à argumenter dans le dossier patient la raison pour laquelle une antibiothérapie est prolongée plus d'une semaine, étant entendu que les deux messages affichés par l'AP-HP sont réévaluer à J+3 et pas plus de 7 jours. Quant aux BHRe, la proportion d'épidémies demeure stable malgré l'augmentation des épisodes, ceux-ci étant passés d'une trentaine en 2010 à 300 en 2015 et près de 400 en 2016. L'identification de secteurs dédiés où regrouper les patients permet de rationaliser la répartition des paramédicaux, de réduire le nombre de contacts et donc le risque d'épidémie, de simplifier le suivi et d'alléger les contraintes dans les autres services. En revanche, deux inconvénients impliquent l'engagement des médecins et de la direction, rappelle l'AP-HP : la pression financière exercée sur le service d'accueil ; la nécessité faite aux praticiens des autres spécialités de se déplacer pour assurer leur prise en charge.

*Pour 400 lits, 0,3 ETP en MCO, 0,1 ETP en SSR, soins de longue durée et psychiatrie.Thomas QUEGUINERCet article a été publié sur HOSPIMEDIA le 29 mai 2017. Tous droits réservés 2001/2017 - HOSPIMEDIA

Prolongez gratuitement votre lecture !

Afin de vous proposer une information et des services personnalisés, certains contenus d'Infirmiers.com sont en accès limité. Identifiez-vous pour bénéficier gratuitement de l'intégralité des articles.

Se connecter
Mot de passe oublié ?

Créer mon compte

Vous n'êtes pas encore inscrit sur Infirmiers.com ? Créez votre compte en quelques clics. C'est gratuit !

M'inscrire

Publicité

Commentaires (1)

binoute1

Avatar de l'utilisateur

590 commentaires

#1

mais bien sûr

« regrouper les patients permet de rationaliser la répartition des paramédicaux » => quand c'est l"hôpital public dit parle de rationaliser , j'ai envie de dire "courage, fuyons" que l'on soit soignants ou patients...