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Les bactériémies nosocomiales sont plus sévères en court séjour

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Hygiène hospitalière

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Les trois quarts des bactériémies nosocomiales surviennent en court séjour et y sont plus sévères qu'en réanimation, selon une étude réalisée avec des données recueillies en 2012 et publiée le 28 octobre 2014 dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH).

couloir d'hôpital

Les bactériémies nosocomiales sont plus sévères en court séjour.

La surveillance nationale des bactériémies nosocomiales a été restreinte en 2005 à la réanimation, alors qu'elle incluait initialement toutes les spécialités. Or, le poids des bactériémies acquises hors réanimation ainsi que leurs caractéristiques nécessitent "aujourd'hui d'être mieux connus", selon Marine Giard du Centre de coordination de la lutte contre les infections nosocomiales (CClin) Sud-Est aux Hospices civils de Lyon (HCL) et ses collègues.

Dans le cadre de l'enquête nationale de prévalence (ENP) 2012, tous les établissements de santé ont été sollicités sur la base du volontariat pour inclure les patients présents le jour de l'enquête en hospitalisation complète (sauf hospitalisation à domicile, psychiatrie, soins de longue durée). L'enquête se limitait aux bactériémies acquises au cours du séjour. Les auteurs ont comparé la réanimation, le court séjour hors réanimation et les soins de suite et réadaptation (SSR). Selon cette enquête qui a porté en tout sur 300 300 patients, la prévalence des infections nosocomiales était de 4,4 % (soit 9 454 patients), celle des bactériémies nosocomiales de 0,5 %, soit 1 132 patients. Parmi ces 1 132 bactériémies, les trois quarts ont été acquises en court séjour, 15 % en réanimation et 10 % en SSR.

Par ailleurs, les patients souffrant d'une bactériémie développée en court séjour étaient atteints de manière plus sévère qu'en réanimation, soulignent les auteurs.

Dans cette étude, après ajustement des facteurs individuels des patients, le risque de bactériémies nosocomiales était plus élevé en réanimation qu'en SSR, mais ne différait pas significativement de celui en court séjour. Cette étude confirme que la grande majorité des bactériémies survient en dehors des services de réanimation. Dans cette enquête, les patients présentaient des caractéristiques plus sévères en court séjour qu'en réanimation en termes de comorbidités.

L'incidence des bactériémies sur cathéter veineux central en réanimation était utilisée comme indicateur national 2009-13. La limitation de la surveillance aux seuls services de réanimation permet de suivre un nombre limité de patients, mais seule une "proportion réduite" des bactériémies est incluse, notent les auteurs. Seul le Canada propose une surveillance des bactériémies nosocomiales "panhospitalières".

L'équipe estime que la surveillance pourrait être restreinte aux patients les plus à risques : hospitalisés depuis plus d'une semaine, voire dès quatre jours, porteur d'un cathéter central ou périphérique, en court séjour, comme en réanimation.

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