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Hôpital d'Evreux : un patient asymptomatique à l'origine d'une épidémie d'hépatite A

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Hygiène hospitalière

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En cause, une hygiène défectueuse des mains de la part du personnel hospitalier. Des soignants ont été contaminés.

D'après The Journal of Hospital Infection de mai 2011, un patient asymptomatique est à l'origine d'une épidémie sévère d'hépatite A survenue début 2008 au centre hospitalier intercommunal (CHI) Eure-Seine à Evreux.

"Les infections nosocomiales liées au virus de l'hépatite A sont peu fréquentes". Plusieurs facteurs de risque sont rapportés dans la littérature et notamment les soins apportés au patient index, de faibles pratiques d'hygiène et de précautions contact, ainsi que l'exposition aux selles durant les périodes d'excrétion virale, rappellent Laurence Guet, du CHI Eure-Seine, et ses collègues, dans une lettre adressée à l'éditeur de la revue scientifique.

L'épidémie "sévère" rapportée par les chercheurs a concerné six personnes de janvier à mars 2008 : d'abord quatre cas quasi simultanés en janvier 2008 au sein du service de neurologie (une infirmière, deux assistantes infirmières et un patient à sa sortie du service), puis une personne travaillant à la blanchisserie de l'hôpital en février 2008 et un technicien de laboratoire en mars 2008.

L'enquête a permis de retrouver le cas index, un homme sans domicile fixe (SDF) admis en soins intensifs après une tentative de suicide, puis transféré au service de neurologie.

Il a présenté le même type de souche que les six autres personnes touchées. Il était asymptomatique au moment de son admission, mais probablement en incubation, puisque ses enzymes hépatiques normales en soins intensifs ont augmenté en service de neurologie.

La transmission du virus de l'hépatite A au sein du service de neurologie a alors dû se faire par contact direct ou indirect (à partir d'un environnement souillé par les selles), associé à une faible hygiène des mains, estiment les auteurs.

Le patient touché au sein du service de neurologie était le seul capable de sortir de sa chambre et bénéficiait d'une aide pour peler ses fruits lors des repas.

Il est peu probable que le personnel de la blanchisserie, ainsi que le technicien de laboratoire, aient contracté l'infection à partir du patient index. La transmission a sûrement eu lieu chez eux de manière indirecte dans leur travail sans précautions d'hygiène suffisantes, indiquent les chercheurs.

Bibliographie

  • Source : The Journal of Hospital Infection, mai, vol.78, n°1, p 70-71.

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