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Infections liées aux soins : quand les bactéries "sont sur la touche"…

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Hygiène hospitalière

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Si les ordinateurs peuvent être infectés par des virus, les claviers et tablettes peuvent être infestés de bactéries. Une étude américaine de grande ampleur s’est penchée sur la présence de micro-organismes potentiellement pathogènes sur le matériel informatique employé par les professionnels de santé de façon quotidienne. Les résultats, publiés dans le BMJ Open, posent question car au fond qui sait ce que l’on peut trouver sur son clavier ?

Infections liées aux soins : quand les bactéries "sont sur la touche"…

Dans les établissements de soins, les objets connectés aussi sont à stériliser.

On estime qu’entre 20% et 40% des infections associées aux soins (AIS) proviendraient des transmissions croisées via les mains des professionnels de santé et 20% de contaminations environnementales. Les contacts sur certaines surfaces sont des sources d’infections nosocomiales bien connues notamment en ce qui concerne certains pathogènes particuliers comme le staphylocoque doré ou Clostridium Difficile. En général, ces bactéries proviennent de patients infectés qui touchent un objet à proximité. Ces micro-organismes sont ensuite transférés aux soignants ou sur les mains d’autres patients. Plusieurs travaux ont déjà démontré la présence de pathogènes sur le matériel médical que ce soit les stéthoscopes, les tensiomètres, les barrières de lit mais aussi sur le matériel personnel des professionnels de santé comme leur téléphone mobile ou leur assistant électronique de poche (PDA pour personal digital assistant).

Mais cette fois une équipe de chercheurs américains a eu l’idée d’examiner celui que l’on utilise tous les jours et qu’on ne remarque plus : notre ordinateur ! Les scientifiques ont remarqué que les ordinateurs utilisés dans les services de soins et les périphériques associés (claviers, souris, tablettes…) sont, eux aussi, des voies de transmissions possibles. En effet, leurs travaux publiés dans le BMJ Open, reposent sur une méta-analyse qui examine les données provenant de pas moins de 75 études, ce qui représente plus de 2800 ordinateurs.

Selon les chiffres, 97% des claviers sont contaminés !

Les claviers et souris : des réservoirs potentiels à pathogènes

Les chiffres sont préoccupants : selon les études, la proportion de contamination des appareils variait entre 24% et 100%. De même, l’analyse des données montrent que 96,7% des claviers sont contaminés. Si les bactéries commensales de la peau sont les principaux occupants observés sur les objets connectés, des micro-organismes pathogènes sont également présents. On retrouve encore une fois le staphylocoque doré, Clostridium Difficile ainsi que des Enterococcus résistantes à la vancomycine ou encore Escherichia coli.

Les chercheurs ont ensuite comparé les différents moyens mis en œuvre pour décontaminer les ordinateurs. Ils notent que 14 des 25 interventions de décontaminations testées ont montré une réduction du nombre de bactéries. Lingettes avec alcool isopropylique, ammonium quaternaires, chlorhexidine ou persulfate de potassium, rayons ultraviolets, protocoles de nettoyage renforcés, produits à base d’eau de javel… sont parmi les techniques employées qui se sont avérées efficaces. Seulement, les données n’étaient pas suffisantes pour estimer quelles méthodes utilisées étaient les plus efficaces et permettre ainsi l’élaboration de recommandations.

Enfin, les travaux ne permettaient pas non plus de mesurer l’incidence des infections survenues suite au contact d’objets électroniques, ni de calculer le risque relatif qu’ils constituent dans les établissements de soins. Néanmoins, une chose est sûre, quand le SHA n’est pas là, la souris est contaminée.

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Journaliste infirmiers.com roxane.curtet@infirmiers.com  @roxane0706

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Commentaires (1)

binoute1

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637 commentaires

#1

ou les DM communs

comme le stéthoscope du service , que chacun se fourre dans les oreilles