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Quand burn-out rime avec infections nosocomiales

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Hygiène hospitalière

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Le burn-out (ou épuisement professionnel) des infirmières à l'hôpital est associé à un risque accru d'infections nosocomiales, selon une étude américaine publiée dans le numéro d'août 2012 de l'American Journal of Infection Control.

Quand burn-out rime avec infections nosocomialesDes études ont déjà mis en évidence un lien entre la surcharge de travail des infirmières et certaines infections nosocomiales. D'autres ont cherché à déterminer le meilleur paramètre de déficit des effectifs à l'hôpital ayant un réel impact sur les infections nosocomiales, rappelle-t-on. Mais aucune étude publiée jusqu'à présent n'avait évalué l'association entre le burn-out des infirmières et les infections nosocomiales, soulignent Jeannie Cimiotti, de la State University of New Jersey à Newark, et ses collègues.

Les chercheurs ont rapproché les données d'une enquête sur le burn-out des infirmiers menée en 2006 auprès de plus de 7.000 salariés (des femmes dans 95% des cas) dans 161 hôpitaux de Pennsylvanie (227 lits en moyenne par établissement), avec les données de surveillance des infections nosocomiales (le choix s'étant porté sur les deux plus fréquentes, les infections urinaires sur sonde et les infections du site opératoire, dont les taux étaient en moyenne de 7 et 5 pour 1.000 patients respectivement).

Le burn-out a été évalué avec le MBI-HSS (Maslach Burnout Inventory-Human Services Survey), un score sur 22 points associés à l'attitude professionnelle à trois différents niveaux (surtout l'épuisement émotionnel, mais également la dépersonnalisation et l'accomplissement personnel). Dans l'étude, plus d'un tiers des infirmières avaient un burn-out élevé (défini par un score MBI-HSS de 27 ou plus pour les professionnels de santé). Globalement et en moyenne, les infirmières étaient âgées de 44 ans et s'occupaient de 5,7 patients chacune.

L'étude a mis en évidence une association statistiquement significative entre le ratio infirmières/patients ou le burn-out élevé et les deux types d'infections nosocomiales.
L'assignation d'un patient supplémentaire à chaque infirmière dans un hôpital était associée à presque une infection urinaire supplémentaire pour 1.000 patients et à presque une infection du site opératoire supplémentaire pour 1.000 patients.
Une hausse de 10% de la proportion d'infirmières souffrant d'un burn-out élevé était associée à une augmentation de presqu'une infection urinaire et deux infections du site opératoire pour 1.000 patients.

Inversement, si les hôpitaux parvenaient à diminuer la proportion d'infirmières souffrant d'un burn-out élevé (de 30% actuellement à 10%), un total de 4.160 infections pourraient être évitées et 41 millions de dollars par an économisés.

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