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Plus de la moitié des établissements de santé n'ont jamais effectué de signalement externe d'infections nosocomiales

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Hygiène hospitalière

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Plus de la moitié des établissements de santé n'ont jamais effectué de signalement externe de certaines infections nosocomiales rares ou sévères depuis l'obligation qui a été instituée en 2001, selon une étude publiée mardi dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), qui révèle également "d'importantes disparités régionales".

Elles sont en partie liées à la survenue de phénomènes épidémiques localisés (Clostridium difficile, entérocoques résistants aux glycopeptides ERG notamment) qui ont pu renforcer la dynamique entretenue par les acteurs du signalement dans certaines régions avec un "effet d'emballement des signalements après l'annonce d'une épidémie régionale ou nationale", commentent Isabelle Poujol, de l'Institut de veille sanitaire (InVS), et ses collègues. Mais les écarts constatés entre les inter-régions sont toutefois suffisamment importants (du simple au triple) pour traduire une "appropriation encore variable du dispositif".

De nouvelles initiatives permettront prochainement de renforcer ce système d'alerte : amélioration des retours d'expérience, programmes de formation renouvelés et déploiement de l'outil de signalement électronique Sin@pse fin 2011, ajoutent les chercheurs.

Au niveau national, 3.721 signalements totalisant 15.192 cas d'infections ou de colonisations ont été reçus de 2007 à 2009 : 1.222 en 2007, 1.313 en 2008 et 1.186 en 2009, soit une moyenne annuelle de 1.240, en augmentation de 23% par rapport à 2006. Au total, 48% des établissements ont effectué au moins un signalement entre 2001 et 2009. Le taux annuel moyen de signalements variait de 19,3 pour 10.000 lits d'hospitalisation complète dans l'inter-région Ouest à 50,5 dans l'inter-région Est.

35% des signalements recensés correspondaient à des cas groupés. Les micro-organismes les plus fréquemment à l'origine d'un signalement étaient C. difficile (15%), les entérocoques (14%) et les staphylocoques (9%).

Outre une aide au quotidien apportée aux établissements de santé, le signalement a permis de confirmer le contrôle progressif d'épidémies régionales connues, en particulier celles à C. difficile dans le Nord-Pas-de-Calais ou à ERG en Lorraine. Il a aussi permis d'identifier de nouveaux risques émergents, tels que ceux liés à l'importation de l'étranger de bactéries hautement résistantes ou à certaines pratiques de soins en ville (infections cutanées à mycobactéries atypiques contractées en ville à la suite de certaines procédures de soins esthétiques, signalées à l'hôpital du fait de la prise en charge de leurs conséquences dans ces établissements de santé).

BEH, 12 octobre, n°38-39, p393-397 : http://www.invs.sante.fr/beh/2010/index.html

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