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Un patient hospitalisé sur 20 atteint d'infection nosocomiale

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Hygiène hospitalière

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Un patient hospitalisé sur 20 présente une ou plusieurs infections nosocomiales, selon les résultats de l'enquête nationale de prévalence (ENP) réalisée en 2012 dont les résultats ont été rendus publics le jeudi 30 mai 2013 par l'Institut de veille sanitaire (InVS).

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5 % des patients hospitalisés porteurs d'une infection nosocomiale

L'enquête nationale de prévalence (ENP) de 2012 a été menée en partenariat avec les centres de coordination de la lutte contre les infections nosocomiales (Cclin) dans 1.938 établissements de santé, représentant 90,6% des lits d'hospitalisation en France. Elle visait à mesurer, un jour donné, le nombre de patients infectés, à recenser ces infections par type d'établissement, de service, de site infectieux et de micro-organisme en cause, et à décrire les traitements anti-infectieux prescrits. Des données ont été collectées auprès de 300.330 patients.

La prévalence des patients présentant une ou plusieurs infections nosocomiales actives le jour de l'enquête était de 5,1%, c'est-à-dire un patient hospitalisé sur 20, note l'Institut de Veille Sanitaire (InVS). La prévalence des infections était de 5,3% (soit 0,2% des patients présentant deux infections).

Les auteurs de l'enquête ont constaté qu'environ trois infections sur quatre étaient acquises dans l'établissement réalisant l'enquête, et donc une infection sur quatre était importée d'un autre établissement.

Les trois micro-organismes les plus fréquemment responsables d'une infection nosocomiale étaient Escherichia coli (dont 17,6% des souches étaient résistantes aux céphalosporines de troisième génération), Staphylococcus aureus (dont 38,1% des souches étaient résistantes à la méticilline) et Pseudomonas aeruginosa.

La prévalence des infections nosocomiales était de 5,8% dans les services de médecine, 5,9% en chirurgie, 0,8% en obstétrique. Elle montait à 26,3% en réanimation. La prévalence était aussi de 6,7% en soins de suite et de réadaptation, 4,1% dans les services de long séjour et 1% en psychiatrie.

Par site infectieux, il s'agissait dans 30% des cas d'infections urinaires, dans 17% de pneumopathies, dans 13% d'infections du site opératoire, dans 10% de bactériémies ou septicémies. L'infection touchait dans 7% des cas la peau ou les tissus mous, dans 6% un autre site respiratoire, dans 5% le tractus digestif...

Une comparaison avec la précédente ENP menée en 2006 fait apparaître une forte baisse de 21% des infections nosocomiales dans les services de SSR, les unités de soins de longue durée et la psychiatrie. En revanche, c'est resté stable dans les services de court séjour.

Par ailleurs, 16,6% des patients étaient traités par au moins un antibiotique. Le contexte initial de prescription de l'antibiotique était dans un cas sur deux communautaire. Il était nosocomial dans 28%, et prophylactique dans 16,6% des cas. Cinq antibiotiques représentaient la moitié des molécules prescrites: amoxicilline/acide clavulanique, ceftriaxone, ofloxacine, amoxiciline et métronidazole, notent les auteurs. La prévalence des traitements antibiotiques est restée stable. Mais elle a fortement augmenté pour certaines molécules, en particulier la ceftriaxone ou l'imipénème qui sont particulièrement génératrices de résistances bactériennes, constate l'InVS. La consommation des fluoroquinolones a en revanche diminué.

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