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Ebola comme "la peste au Moyen-Age"...

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Epidémiologie

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Le président de Médecins sans frontières (MSF)-France, Mego Terzian, a comparé l'épidémie d'Ebola qui sévit en Afrique de l'Ouest (en Sierra Leone, au Liberia et en Guinée) à "la peste au Moyen-Age", lors d'une audition le 7 octobre devant la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale.

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Pour le président de MSF, "l'épidémie reste incontrôlable sans vaccin"... et la zone touchée est très large...

Mego Terzian a qualifié la situation libérienne de catastrophique. Les soins de santé n'y sont plus assurés et les gens meurent moins d'Ebola que d'autres maladies parce que tous les hôpitaux de Monrovia sont fermés, ainsi que la moitié des centres de santé. Cela conduit à des ruptures de traitements, notamment contre la tuberculose et le VIH. Il n'y a plus de chirurgies d'urgences, a-t-il ajouté. En Sierra Leone, les hôpitaux commencent également à fermer, notamment parce que les professionnels de santé ne viennent plus travailler. Seule la Guinée est épargnée par ce phénomène.

Le président de Médecins Sans Frontières (MSF) a fait le point sur le déploiement de la mobilisation internationale annoncée tout au long du mois de septembre. Nous manquons toujours de lits, de centres d'isolement, de moyens de transports, de professionnels de santé, de travailleurs communautaires, de kits de protection, a énuméré Mego Terzian. Le déploiement des forces internationales reste lent, a-t-il indiqué. A part les Etats-Unis, les autres sont très lents et très timides, a-t-il affirmé en soulignant que les quelque 296 médecins annoncés par Cuba n'étaient pas arrivés et que la Chine, qui avait la capacité de réagir, avait seulement envoyé quelques personnes pour mener une évaluation.

A Monrovia, sur les huit nouveaux centres de traitement annoncés, seulement quatre seront opérationnels car aucune organisation capable de gérer le centre n'a été identifiée, a détaillé l'humanitaire. Les Etats-Unis, dont il a salué la rapidité d'action, prévoit de construire 11 centres d'isolement au Liberia. Toutefois, ils ne veulent pas les gérer eux-mêmes, a-t-il rappelé et ils comptent former 500 personnes par semaine pour faire fonctionner ces centres. Selon lui, ce n'est pas réaliste. Où vont-ils trouver autant de médecins ?, a-t-il demandé.

Le président de MSF estime que l'épidémie resterait incontrôlable sans vaccin.

En Sierra Leone, les centres de traitement actuellement construits par les autorités britanniques ne pourront pas être gérés par la seule organisation non gouvernementale (ONG) Save the children, juge le président de MSF. En Guinée, où la situation est moins dramatique, malgré une recrudescence récente du nombre de nouveaux cas dans la capitale Conakry, il espère que la Croix-Rouge sera opérationnelle très prochainement pour faire fonctionner le centre de traitement de Macenta. Mais selon lui, même si le déploiement était tel qu'il permettrait de mettre en oeuvre miraculeusement la feuille de route de l'OMS, le président de MSF estime que l'épidémie resterait incontrôlable sans vaccin. La zone touchée est très large, a-t-il commenté et selon lui, seule l'introduction massive d'un vaccin est susceptible de contrôler l'épidémie. Il considère que l'épidémie est due à un échec scientifique : il n'y a pas de test rapide, pas de vaccin, pas de traitement, a-t-il résumé.

Une personne sur 10 contaminées est un personnel de santé

Questionné à plusieurs reprises sur les raisons du retard de mobilisation de la communauté internationale, Mego Terzian a déploré que l'OMS ait déclaré que l'épidémie était hors de contrôle seulement en août. MSF l'a dit dès le mois de juin, mais l'OMS a plus de voix qu'une petite association de médecins qui a la réputation d'être grande gueule, a-t-il poursuivi. L'humanitaire a également abordé l'absence de coordination pour évacuer les volontaires européens.

Une personne sur 10 contaminées est un personnel de santé et 300 volontaires internationaux de MSF sont déployés en Afrique de l'Ouest. Pour l'instant ce n'est pas organisé et nous avons évacué nous-mêmes, avec nos propres moyens les humanitaires de MSF, a-t-il souligné en faisant référence, notamment, à l'infirmière française.

Rédaction Infirmiers.com

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