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Qui est Fabienne Philippo, "l’infirmière zen" ?

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Soins palliatifs

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Fabienne Philippo est ce qu’on appelle une "infirmière zen". Un nom pour un poste à part entière créé au sein de l’Hôpital privé des Côtes d'Armor à Plérin il y a trois ans et qui semble maintenant devenu "indispensable".

mains soignant/soigné

"Je me souviens d’une jeune femme que j’ai suivie plusieurs mois, en soins palliatifs. Ses proches m’ont remerciée, m’ont dit : grâce à vous, notre fille est partie sereinement".

Alors qu’elle exerce comme infirmière depuis 15 ans, de nuit, en chirurgie, Fabienne Philippo constate, impuissante, l’angoisse des patients. Ils se retrouvaient seuls et je n’arrivais pas à répondre à leur anxiété. Elle entreprend alors une formation à l’hypnose, espérant apprendre à soulager ces personnes en souffrance et se rend disponible dans les services de son hôpital auprès de tous ceux qui en éprouvent le besoin.

Je suis l’infirmière-ressource, celle qui a le temps de passer des instants avec les patients lorsqu’ils sont angoissés, anxieux, stressés.

C’était il y a cinq ans. J’ai commencé à faire de l’hypnose, ça marchait bien. Mes collègues se sont mis à m’appeler pour des situations difficiles, raconte la soignante, qui intervient dans les différents services de l’hôpital, au gré des demandes, pour apporter du bien-être aux patients. Interpellé par sa démarche, le directeur des soins décide de monter un projet pour qu’à l’ouverture du grand pôle à Plérin (l’ouverture d’un grand complexe hospitalier privé dans les Côtes d’Armor), Fabienne Philippo soit entièrement dédiée à sa nouvelle fonction d’infirmière zen. Celle-ci pousse encore sa formation et s’initie à la méthode Snoezelen. Elle pénètre dans les chambres avec son charriot Snoezelen, une machine créatrice d’ambiance inventée en Hollande, qui permet de créer une atmosphère de bien-être, grâce à sa colonne à bulles, ses fibres lumineuses ou encore à de la musique. L’infirmière s’initie aussi à la sophrologie, à la pensée positive, réalise des massages et s’adapte aux besoins ses patients.

Aider le patient, ses proches mais aussi les autres soignants

Aujourd’hui, l’infirmière zen intervient aussi bien dans l’Unité de surveillance continue après les grosses opérations, que dans le service d’oncologie, mais c’est dans l’unité de soins palliatifs qu’elle passe le plus clair de son temps. Mes collègues font appel à moi lorsqu’ils rencontrent des difficultés. Je suis l’infirmière-ressource, celle qui a le temps de passer des instants avec les patients lorsqu’ils sont angoissés, anxieux, stressés, résume-t-elle. Depuis trois ans qu’elle l’exerce, son métier d’infirmière zen lui paraît d’ailleurs devenu indispensableJ’apporte du bien-être au patient, mais aussi à sa famille (j’accompagne aussi les proches, je réponds à leurs questions) et même, aux soignants. Lorsque ces derniers rencontrent des difficultés, le fait que je prenne en charge le stress d’un patient, que je prenne ce temps-là, leur permet de continuer à travailler, explique-t-elle.

Son métier, Fabienne Philippo l’aime énormément. Ce sont surtout les mots des familles qu’elle retient. Je me souviens d’une jeune femme que j’ai suivie plusieurs mois, en soins palliatifs. Ses proches m’ont remerciée, m’ont dit : grâce à vous, notre fille est partie sereinement. Des paroles qui donnent du sens à son action au sein de l’hôpital. Ce qui est difficile parfois, c’est de partir en vacances, sourit-elle. J’ai l’impression d’abandonner mes patients, de les laisser voués à eux-mêmes… Pour son poste, rare, Fabienne Philippo a obtenu, en janvier, le prix Avenir Recherche et Innovation, décerné par la Mutualité française et la Fondation de l’Avenir. Avec les 1000 euros reçus à l’occasion de cette récompense, l’infirmière espère pouvoir parachever sa formation. J’aimerais continuer à me former en massage et en soins palliatifs, confie-t-elle. Parfois, en effet, l’infirmière zen ressent les limites de sa connaissance : par exemple, quand, lors d’une séance d’hypnose, j’emmène un patient à un endroit où il est bien et qu’il se met à pleurer… Que faire ?

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Journaliste susie.bourquin@infirmiers.com @SusieBourquin

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