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"Ayons confiance en notre rôle, c'est notre force !"

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ONI

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Quelle meilleure occasion que le Salon infirmier, pour sa 28e année intégré dans la Healthcare Week, du 24 au 26 mai, Porte de Versailles à Paris, pour s'adresser à la communauté infirmière dans son ensemble... Didier Borniche, président de l'ordre national des infirmiers (ONI) s'en est donc saisi pour souligner ceci : Ayons confiance en notre rôle et en notre capacité d’apporter notre contribution aux politiques publiques et nous ferons de grandes choses. Extraits choisis de son discours du jour.

Un ordre pérennisé par la Loi ...

ordre infirmier salon infirmier

L'Ordre national des infirmiers fait son Salon, porte de Versailles, du 24 au 26 mai 2016...

2016 s’annonce comme étant une année importante pour les infirmières et infirmiers français. Je voudrais dire que cette année a particulièrement bien commencé car la loi du 26 janvier 2016 dite de modernisation de notre système de santé a apporté deux très bonnes nouvelles pour les infirmiers. La première c’est que l’Ordre national des infirmiers que j’ai l’honneur de présider depuis 2011 s’est vu entièrement et solennellement légitimer par le Parlement. C’est une avancée importante car cela signifie ni plus ni moins que le pouvoir exécutif, le Gouvernement, et le pouvoir législatif, le Parlement sont parvenus à la conviction que notre profession devait être représentée par une institution qui la rassemble et qui soit garante de sa déontologie, l’Ordre. (...) L’Ordre national des infirmiers est le fédérateur de la profession et son objectif est double : agir en faveur de la sécurité et de la qualité des soins délivrés aux patients, en faveur de la santé publique à laquelle les infirmières contribuent grandement que ce soit dans les soins hospitaliers, les soins de ville, en entreprise ou en service de santé au travail, à l’Education nationale, dans les SDIS et dans le cadre de l’urgence... L’objectif de l’Ordre est aussi de promouvoir la profession infirmière, en France bien entendu où beaucoup est encore à faire pour qu’on reconnaisse l’apport considérable des infirmiers à la santé, à la bonne marche du système de soins, au bien-être de nos concitoyens. Mais également à l’étranger car si notre système de santé est reconnu comme l’un des premiers au monde n’est-ce pas parce que s’y emploient quotidiennement 600 000 infirmières et infirmiers compétents, experts même dans leur domaine ? L’Ordre des infirmiers est donc légitimé, il est vivifié même, et maintenant il doit agir. Enfin, soyons précis l’Ordre a déjà beaucoup agi mais son problème c’est qu’il n’a pas toujours su le faire savoir. Nous avons certainement manqué de ce talent qui consiste à bien communiquer pour faire savoir qui l’on est et ce que l’on fait.

La Ministre des Affaires sociales et de la Santé l'a dit : « On a impérativement besoin d’une structure de régulation déontologique, et si ce n’est pas l’ordre, quelle organisation pourrait jouer ce rôle ? »

L'avénement de l'infirmière de pratique avancée

La seconde bonne nouvelle donc, c’est l’introduction par la loi du 26 janvier d’un statut d’infirmière de pratique avancée. La création de ce statut ouvre des perspectives pour notre profession comme pour le système de santé. La pratique avancée infirmière constitue une évolution importante pour l’amélioration de la prise en charge des patients, notamment ceux qui souffrent de pathologies chroniques ou de polypathologies liées au vieillissement. Le système de santé peut y mettre beaucoup d’espoir, si l’on regarde ce qu’ont apporté les infirmières praticiennes outre-Atlantique notamment. Pour notre profession c’est aussi un progrès. En juin 2015, l’Ordre avait organisé au Sénat un colloque intitulé « La pratique avancée, une révolution sanitaire, un tournant professionnel ». Oui notre profession a besoin de s’ouvrir des horizons, des perspectives. C’est une conviction profonde et ancienne chez moi : quand la profession infirmière avance, qu’elle évolue, qu’elle progresse, et bien c’est tout le système de santé et même toute la société qui progresse. Si la pratique avancée a été introduite dans le droit de la santé en France, quelques décennies certes après les USA ou le Canada, c’est le fruit du travail des infirmières et infirmiers eux-mêmes dans la pratique du soin, dans la formation initiale mais aussi dans la recherche. (...) L’amélioration de nos pratiques permet de démontrer la réalité de l’expertise infirmière et de la faire croître. C’est ensuite grâce aux réalisations, aux publications que l’expertise infirmière est progressivement reconnue. (...) Je voudrais à cet égard dire à quel point il est important que notre profession puisse s’engager dans la recherche et publier des articles, des études. Parce que c’est ainsi, il ne suffit pas de faire, d’innover, il faut publier, faire savoir ce que l’on fait. C’est grâce à cela que l’on capitalise, que l’on partage, que l’on enrichit le savoir et c’est ainsi que l’on gagne toujours plus en reconnaissance et qu’on affirme son rôle.

L’avenir de notre profession est là : nous mobiliser pour dire ce que nous sommes, ce en quoi nous croyons et peser dans le débat public.

Infirmier(e) mais aussi citoyen(ne) engagé(e)

La reconnaissance de l’expertise infirmière passe aussi par la participation des infirmier(e)s dans les politiques de santé. (...) Nous (...) devons être convaincus que nous avons des choses à dire et à proposer dans l’élaboration des politiques de santé. Ayons conscience de la légitimité de notre voix, de notre prise de parole. (...) Parce que nous sommes au cœur du soin, de la relation avec les patients et leur entourage. Parce que nous intervenons dans de très nombreux champs de la santé publique et plus largement de la société. Alors si 600 000 infirmiers et des dizaines de milliers d’étudiants infirmiers s’expriment, vous pouvez imaginer que cette voix s’entendra. Nous pouvons représenter une telle force, qui peut contribuer à proposer pour améliorer la qualité des soins et la qualité de la vie. Car notre responsabilité professionnelle ne s’arrête certainement pas au soin, elle nous conduit aussi à nous faire les défenseurs et les garants d’une meilleure justice sociale, dans une approche humaine qui est particulièrement utile aujourd’hui dans un monde où la technologie, l’immatériel ont pris une place folle. (...)  C’est, vous le voyez, à des prises de position politiques que j’appelle la profession. (...) Il y a 60 millions de français, et parmi eux 600 000 infirmiers donc 1 français sur 100 ! Une échéance politique cruciale s’annonce en 2017. La France va devoir choisir celui qui devra la guider durant cinq années. C’est donc un message politique que j’adresse aux infirmières, infirmiers et aux étudiants. Mobilisons nous pour réfléchir et construire ensemble les pistes de l’avenir que nous voulons pour notre société, notre système  de santé, nos patients, nous-mêmes. L’Ordre national des infirmiers s’y consacrera avec ardeur car c’est son rôle.  

Concernant la question du Code de déontologie en attente de publication et suite à l'avis critique de l'Autorité de la Concurrence le jugeant trop restrictif notamment pour les infirmiers libéraux, Karim Mameri, secrétaire général de l'ONI, a précisé que la profession infirmière ne s'exerce pas comme un commerce et qu'une déontologie doit donc s'appliquer. Une réunion entre l'Ordre infirmier et les quatre syndicats représentatifs des infirmiers libéraux aura lieu la semaine prochaine pour ajuster certains points du code, mais certainement pas le réécrire... Sa sortie est donc toujours ardemment attendue avant la rentrée dans le meilleur des cas. Une très longue histoire que ce code de déontologie !

Creative Commons License

Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

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Commentaires (4)

BRONCO

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35 commentaires

#4

CONFIANCE

Justement l'ensemble des IDEs ne fait pas confiance à l'oni . Légitimé par le parlement mais dans quelle condition . Soutenu par une ministre qui a renié ce qu'hier elle soutenait . Comme actuellement ce que fait notre gouvernement pour d'autres sujets.
Nous avons des savoirs et des compétences pour améliorer la prise en charge de la santé dans notre pays . Effectivement notre rôle n'est pas assez reconnu . Mais ce n'est pas en copiant le Canada , les USA ... , avec des modèles qui ne sont pas ceux que les Français ( Soignés et soignants ) veulent . N'en déplaisent à certains esprits chagrins qui donnent dans l'auto flagellation notre système de santé , même si des points sont à revoir , n'est pas si mal que cela .
Quant'au code déontologique de l'oni il sert à quoi ? A mon avis le CSP suffit à notre profession .
Je dois reconnaitre que notre profession a besoin une organisation forte pour nous représenter . Mais qu'elle soit choisie et non subie . Facultative ne veut pas dire inefficace . L'exemple que je vais donner est celui des Automobiles Clubs . On oblige pas tous les automobilistes à y adhérer . Pourtant ils ont fait beaucoup pour la sécurité routière .
Qu'à fait à ce jour l'oni pour les IDEs ? A part donner dans l'auto satisfaction de ses partisants qui ne représentent qu'eux même .

Utilisateur supprimé

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494 commentaires

#3

ON

Comme dit le dicton, le ONest un CON...

eusèbe

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497 commentaires

#2

Et donc...

Rappelons que le code déontologique (joli navet), s'il est un jour publié, ne concernera que les inscrits (qui devront prêter serment de le respecter, si j'ai bien tout compris), la majorité des infirmiers pourra donc s'assoir dessus.

Par ailleurs, il est aussi utile de préciser que les professionnels infirmiers hospitaliers (70 % de la profession) sont hors de portée de la justice d'exception ordinale qui fondera ses décisions sur le fameux code sus-mentionné.

Et puis, quelle est la réelle représentativité d'un ordre présidé par un homme à la retraite à l'effet peu rassembleur et dirigé par un juriste qui n'est pas infirmier ?

binoute1

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541 commentaires

#1

«On a impérativement besoin ... »

«On a impérativement besoin d’une structure de régulation déontologique, et si ce n’est pas l’ordre, quelle organisation pourrait jouer ce rôle ? »

Mais c'est qui on ?
Faudrait voir M. B., à ne pas vous prendre pour le centre de la profession.
Si VOUS estimez que les IDE bossent comme des cochons, abusent les ptits vieux dans les villages ou escroquent leurs collègues, ça montrer l'estime que vous portez à toute la profession.