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L'ordre des infirmiers s’invite à la permanence d’une députée

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ONI

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Hier, mardi 7 avril 2015, les élus ordinaux du CDOI 75 se sont donné rendez-vous dans la permanence d'une députée de Paris pour occuper pacifiquement les locaux pendant une heure. L'objectif : expliquer l'utilité de l'ONI à la suite de deux amendements visant à supprimer l'Ordre des infirmiers.

Le Conseil de Paris s’est invité à la permanence d’une Députée.

Dans le cadre du projet de loi santé, 20 députés ont cosigné deux amendements destinés à supprimer l’Ordre des infirmiers. En réaction, les élus du Conseil de l’Ordre des Infirmiers de Paris ont souhaité rencontrer Madame Fanélie Carrey-Conte, la seule députée du département à avoir signé ces amendements.

Mardi 7 avril à 14h, 20 élus ordinaux de Paris et les 5 salariées du Conseil régional de l’Ordre se sont rendus à sa permanence parlementaire, dans sa circonscription du XXème arrondissement. La députée était à l’Assemblée Nationale, mais ils ont pu rencontrer ses deux attachés parlementaires, afin de leur exposer les risques d’une telle abrogation pour les patients et les professionnels.

Pour le CDOI parisien, l’objectif était de montrer à Mme Carrey-Conte que l’Ordre n’est pas seulement un concept mais des élus et des salariés qui travaillent, qui ont des missions à remplir. Déposer un tel amendement sans rencontrer l’Ordre, sans même connaître son utilité, son travail quotidien, c’est inadmissible, explique Thierry Amouroux, le Président du Conseil de Paris.

Expliquer l’utilité de l’Ordre

Nous voulons lui expliquer que notre Ordre a pour mission de faire avancer le profession et de protéger les citoyens , souligne-t-il. Ainsi, en 2012, le CDOI de Paris a refusé l’inscription d’un médecin pédophile qui en sortant de prison avait une interdiction définitive d’exercer sa profession mais était administrativement autorisé à exercer comme infirmier, alors que le rapport au corps et à l’intimité est plus important dans notre profession.

Il a aussi été question de l’affaire du prédicateur djihadiste, condamné à six ans de prison pour terrorisme, et qui à sa sortie de prison a obtenu une bourse pour suivre une formation d’infirmier à la Pitié-Salpêtrière, pour finalement être diplômé en mars 2015. Il existe 200 métiers possibles pour se réinsérer dans la société, mais les professions sensibles sont à éviter selon notre analyse.

Les élus ordinaux comptaient également parler d’autres points, comme l’élargissement de la vaccination infirmière, la prescription de produits de santé, les pratiques avancées... Mais ces sujets seront abordés avec la Députée en personne, un rendez-vous étant prévu.

Concernant l’amendement visant à permettre à des non-soignants d’effectuer des tâches relevant de la compétence des infirmiers, Thierry Amouroux veut mettre les députés face à leurs contradictions : Au vu des débats sur l’article 30 du projet de loi, nous serions des dangers publics quand il s’agit d’accorder des pratiques avancées aux infirmiers, au point que nous devrions être toujours sous le contrôle direct d’un médecin, même en étant détenteur d’un Master. Par contre, dès l’article suivant, permettre à des non-soignants d’effectuer certains actes infirmiers, comme « l’administration de valium » par des auxiliaires de vie, est adopté sans débat.

Nous voulons lui expliquer que notre Ordre a pour mission de faire avancer le profession et de protéger les citoyens

L’Ordre national des infirmiers s’est vu conférer, par la directive européenne 2005/36 et l’article L4311-3 du Code de la santé publique, le rôle d’autorité compétente en matière de reconnaissance automatique des diplômes de l’Union européenne. Le Conseil départemental vérifie également le caractère suffisant de la maîtrise de la langue française, dans le cadre d’un test oral sous la forme d’un entretien professionnel (et si nécessaire un test écrit pour le système de poids et mesures). Le Conseil de Paris a ainsi fait passer 64 entretiens de maîtrise de la langue en 2014.

Les 23 infirmiers élus en 2014 Conseil de Paris sont le reflet de la diversité d’exercice de la profession : hôpital, clinique, libéral, EHPAD, éducation nationale, santé au travail (RATP, SNCF, Aviation civile), centre de santé, IFSI...

Les élus ordinaux accompagnent les professionnels infirmiers de manière concrète sur de nombreux aspects du métier : pratiques professionnelles, déontologie, questions juridiques, contrats d’exercice, changement de mode d’exercice et mobilité professionnelle, litiges, situations de violences, développement professionnel continu...

Les salariés de l’Ordre également présents

Les cinq assistantes salariées qui travaillent pour les infirmiers des 8 départements d’Ile-de-France ont souligné que l’abrogation de l’ordre entrainerait la perte de leur emploi : je suis scandalisée par les amendements déposés contre l’Ordre. Je suis salariée de cette institution privée remplissant des missions de service public depuis mars 2010. Depuis ma prise de poste, je ne cesse de me poser la même question : pourquoi l’Ordre des infirmiers est-il pris pour cible depuis sa création ? Je m’adresse à vous en tant que salariée et électrice qui ne veut pas perdre son emploi, mais aussi en tant que patiente qui ne veut pas se faire soigner par un infirmier dont on n’aurait pas vérifié les conditions de compétence, de moralité et d’indépendance.

http://www.conseil-de-lordre-infirmier-de-paris.com/

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Commentaires (4)

Louiss

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4 commentaires

#3

ONI supprimé, OUI !

L'ONI n'est que la création de certains paramédicaux dont l'ambition n'a pas de limite. Il n'y a pas de réelle volonté à soutenir la profession.

eusèbe

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501 commentaires

#2

Oups

Alors là on touche le fond...
Et la manif avec banderoles, slogans et klaxons devant l'Assemblée nationale, c'est pour quand ?

BRONCO

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41 commentaires

#1

TOUT A ETE DIT

Les amendements 517 et 518 résument les raisons pour lesquelles 80% des IDE ne veulent pas de cet ordre . Et ne sont pas évoquées les méthodes de l'ONI pour contraindre par les menaces et le chantage les IDE à y adhérer . Si il était si représentatif des valeurs des soins infirmiers nul besoin d'utiliser de telles méthodes .
Un seul regret : qu'il n'existe pas une instance valable pour nous représenter au niveau des politiques qui font les lois . Je parle évidement de professionnels de terrain qui ne méprisent pas les collègues et ne veulent pas jouer aux "juges" ; la vraie justice est rendue par des juges dont c'est le métier ( Ils ne font pas d'actes infirmiers ) avec comme support le CSP . Les tribunaux d'exceptions c'est une autre époque et quand on sait les dérives que cela a donné , on préfère qu'ils soient supprimés . Chacun son métier .
Un seul point avec lequel je soit d'accord avec l'ONI c'est l'abrogation de l'amendement N°AS872 . Mais c'est je pense l'avis de la majorité des IDE .