La cotisation à l’ordre des infirmiers, explications de la présidente

Dominique Le Boeuf, Présidente de l'ordre des infirmiersSuite aux différentes informations mises en ligne sur la « cotisation à l’ordre » (cf. Webographie), infirmiers.com a pu rencontrer la présidente de l’ordre qui a bien voulu répondre à ses questions. Nous tenons à la remercier sincèrement d’avoir pris de son précieux temps pour mieux éclairer nos lecteurs.

Le budget de fonctionnement de l'ordre a t'il été confié a un organisme spécialisé ?

Dans notre exercice quotidien, nous sommes des professionnels rigoureux. Quand il s'agit de l'intérêt de la profession, de construire son avenir et de bien employer l'argent des infirmiers, nous devions avoir le même sérieux. Nous avons donc fait appel à une société de consultants spécialisés hautement compétents pour déterminer au plus juste nos charges et les ressources correspondantes.

Nous avons aussi appris de l'expérience des autres ordres en France et à l'étranger.

Quel était le montant de la cotisation proposé par cette société ?

Elle était arrivée à un chiffre sans doute tout à fait justifié en lui-même, mais sensiblement supérieur à celui que nous avons finalement retenu. Nous avons préféré le réduire, pour limiter au minimum incompressible l'effort demandé aux collègues, c'est à dire à chacun d'entre nous.

De quel budget allez-vous disposer ?

Du strict nécessaire pour assurer nos tâches légales de base (réglementaires et juridictionnelles), mais aussi ce qui nous tient le plus à cœur : le service concret aux infirmiers, sur le terrain, et le développement d'une stratégie pour l'avenir de la profession au niveau national et européen. Cela demande des moyens qualifiés, sans lesquels nous ne serions pas crédibles.

N’y avait-il pas moyens d’avoir d’autres sources de financement que la cotisation ?

Tous les Ordres sont financés par les seules cotisations de leurs membres. C'est condition de leur indépendance. Cette indépendance doit pour nous être sacrée, comme l'indépendance des infirmiers que nous devons défendre. C'est pourquoi nous ne céderons à aucune pression. D'où qu'elle vienne et quelles que soient ses motifs, affichés ou non.

Pourquoi un tel montant ?

Ces 75 € par an ont pu surprendre, car les infirmiers ne connaissent pas forcément de points de comparaison. C'est en fait un montant exceptionnellement bas : 58 % de la cotisation ordinale la plus basse, toutes professions confondues, dans tous les secteurs professionnels de notre pays. Ce sera un très grand défi de répondre aux aspirations de nos collègues avec une cotisation à ce niveau, mais nous avons de l'enthousiasme et nous ferons preuve d'une grande rigueur.

Quelle va être les quotes-parts du national, régional et national ?

  • 40 % au niveau départemental, pour offrir aux collègues un service rapproché et de qualité
    - 10 % au niveau régional, pour coordonner l'action départementale et gérer les chambres de discipline, dont nous souhaitons qu'elles aient le moins de travail possible !
  • 50 % au niveau national. Cela ne veut pas dire le Conseil national lui-même et sa chambre d'appel. Il s'agit essentiellement les services communs de soutien à tous les conseils. Donc des services mutualisés, qui devront avoir un haut degré de compétence et d'efficience. Il s'agit toujours d'une exigence de professionnalisme et de crédibilité.

Est-ce vrai que vous recherchez sur Paris un 800 mètres carrés pour héberger 30 à 40 salariés dont 4 juristes ?

Nous allons gérer et servir près de 500 000 infirmiers. Cet effectif n'a pas d'équivalent dans les autres professions. Pour les locaux comme pour le reste, nous serons plus économes, toutes choses égales par ailleurs, que toute autre institution comparable.

Mais, par exemple, notre Conseil national compte 52 élus. Il  faudra les réunir dans des conditions correctes. C'est le prix d'une large représentativité, et de la démocratie interne à laquelle nous tenons. De même pour les équipes qui seront à notre service, qui doivent pouvoir travailler avec des moyens normaux.

Y aura-t-il du personnel pour les régions et départements ?

Bien sûr qu’il est prévu du personnel pour les régions et départements. Les départements en particulier vont avoir très vite la lourde tâche de l’inscription des infirmiers au tableau et de leur suivi. Si certains y voit la capacité de l’Ordre à réguler la démographie, j’y vois aussi enfin la possibilité pour notre profession de se « compter » en temps réel tant d’un point de vu qualitatif que d’un point de vue qualitatif au plus prêt des besoins locaux.

Que dire aujourd’hui des prospectives faites sur l’évolution de la démographie infirmière en regard des besoins de santé quand on sait que le fichier ADELI  reste très approximatif ? Il est urgent pour nous de penser la promotion de la profession à partir de chiffres fiables et en fonction des besoins spécifiques.

Si pour certains, les départements représentent une dépenses inutile, pour nous c’est un investissement pour l’avenir qui ne peut pas aujourd’hui se permettre d’être uniquement planifié à Paris au risque d’être inadapté.

Les conseils régionaux vont avoir très vite un rôle important à jouer avec les autres institutions régionales dans le cadre des territoires et de l’offre de soins.

Jusqu’alors force est de constater que les infirmiers étaient cruellement absents de ces lieux de prospectives et de décisions.

Que comptez-vous faire pour ceux qui se refusent à payer la cotisation ?

La cotisation est légalement obligatoire, et personne n'est au dessus de la loi. Cela dit, j'ai confiance : les infirmiers savent réfléchir quand ils ont les éléments pour cela, et nous allons les leur donner.  De plus, si certains se trouvent dans une situation particulièrement difficile, l'entraide professionnelle pourra jouer. C'est d'ailleurs l'une des missions ordinales.
Mais ne faisons pas de misérabilisme : la profession est adulte et solide, elle se donnera les moyens de ses ambitions légitimes.

Ne pensez –vous que vous avez mal communiqué sur ce budget ?

Le problème principal, c'est que d'autres se sont permis de communiquer à l'avance et à notre place, dans le sens de leurs intérêts propres ! Ils ont joué aux marchands d'illusions. Nous pouvons facilement le démontrer, mais ils ont abusé jusqu'ici de nombreux collègues de bonne foi. Quant à nous, nous ne pouvions évidemment pas communiquer plus vite sur des chiffres qui n'existaient pas encore. Mais le moment est maintenant venu.

Certes, nous n'avons pas encore (et pour cause) les moyens d'information, y compris interactifs, dont nous devons nous doter très vite. Mais nous avons les relais de nos élus dans tous les départements et régions. Et puis il y la presse, heureusement. Cette interview va, je l'espère, être un pas de plus pour faire entendre les réalités, au bénéfice de toutes les infirmières et infirmiers.

Merci Madame la présidente et bon courage pour les nombreux dossiers qui vous attendent  

Webographie

  • La cotisation à l’ordre des infirmiers sera de 75 euros
  • Ordre infirmier : Plusieurs organisations et élus ordinaux dénoncent le montant de la cotisation
  • La présidente de l’ordre infirmier répond aux critiques sur le montant de la cotisation
  • Polémique autour de la cotisation à l'Ordre infirmier: Annie Podeur demande de revoir son montant à la baisse
  • Cotisation ordre des infirmiers : réaction du SNICS FSU
  • Pour en savoir plus : Dossier spécial ordre des infirmiers

Creative Commons License
Rédacteur en chef infirmiers.com

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Commentaires (3)

bernard goujon

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7 commentaires

#3

in cauda venenum

"remercier sincèrement d'avoir pris son précieux temps"eh oh les cireurs de pompes; elle est quand même là pour çà!!ou alors c'est une allusion à son salaire?"consultants spécialisés hautement compétents"puis"58% de la cotisation la plus basse"tient les compétents sont devenus incompétents?maintenant si on consulte des spécialistes pour ne pas tenir compte de leur avis j'espère qu'on ne les paie pas trop..."la cotisation est légalement obligatoire!!"(démocratique çà c'est autre chose)J'ai cru m'étrangler;et plein de mots trés vulgaires me sont venus à l'esprit.le raquet légal c'est nouveau...

Lecreat

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11 commentaires

#2

Je ne payerai jamais

Je ne payerai jamais des gens à rien foutre dans un 800m2 à Paris, pour vos soirées petits fours et vos congrès pour rien dire vous devrez trouver un autre financement que mon salaire.
Est ce l'ordre qui va se battre pour nos salaires ? non
Est ce l'ordre qui va se battre pour nos conditions de travail horaires personnel etc ? non
Est ce l'odre qui va se réunir pour parler chiffon, pour re sanctionner après la justice ? oui

infirmireencolre

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28 commentaires

#1

ma pauvre Dominique ...

Vous, ceux de l’ « ordre infirmier », faites preuve d’une sauvagerie sans pareille ….
Vous débarquez dans nos vies brutalement.
Vous nous demandez de prouver notre bonne moralité sans nous informer sur la votre ….
Vous vous immiscez dans nos vies professionnelles et privées comme la police le ferait chez des criminels …
Vous nous menacez de ne plus pouvoir exercer si nous ne courbons pas l’échine.
Vous plongez la main dans notre porte monnaie et vous vous servez sans vergogne.

Mais qui êtes vous donc ???? Vu des services de soins vous nous faites l’impression d’une secte !
Votre existence nous dérange et nous gêne. Notre profession n’a pas besoin de vous.
Souhaitons que vous disparaissiez comme vous êtes apparus, comme un virus qui n’a pas sa raison d’être.

Des infirmières et infirmiers choqu(é)es et révolt(é)es par vos manières de soudards .