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Olivier Véran et Patrick Chamboredon ont répondu aux infirmiers lors d’un Q&A en ligne

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Aux côtés de Patrick Chamboredon, Olivier Véran a accepté de se prêter au jeu des questions/réponses lors d’un événement virtuel live le 3 février. Objectif : établir un lien direct avec la profession – que Patrick Chamboredon a dépeinte combattive, déterminée, mais à bout de forces – pour lui prêter une écoute attentive et répondre à ses questions concernant (entre autres) son évolution, sa place dans la stratégie vaccinale et les bénéfices des accords du Ségur. Retour sur les temps forts des échanges.

Nous remercions sincèrement le ministre pour cet échange qui arrive à un moment clé pour la profession. C’est un signe de reconnaissance important qui est envoyé aux 700 000 infirmiers de France, qui sont en première ligne dans la lutte contre la Covid 19 (Patrick Chamboredon)

Le ton se voulait celui de la proximité, les réponses marquées de franc-parler : à la faveur d’une visioconférence retransmise en direct ce mercredi soir, le Président de l’ONI Patrick Chamboredon et Olivier Véran, Ministre de la santé et des solidarités, ont écouté côte à côte les interrogations et interpellations de la profession infirmière et y ont répondu. Depuis leur écran d’ordinateur, professionnels en exercice et étudiants ont questionné le locataire de l’avenue de Ségur, qui a rendu en préambule à toute réponse un hommage appuyé à tous les soignants pour leur action professionnelle comme pour leur participation au débat.

Vaccination anti Covid-19 : quelle place pour les IDE ?

D’abord, il y a la question du droit européen : malgré des conditions de conservation et d’utilisation facilitées ressemblant à celles appliquées au vaccin anti-grippal, l’autorisation de mise sur le marché du vaccin Astrazeneca, fraîchement arrivé en France, requiert une prescription médicale. Pour ce produit en particulier, seul l’acte lui-même reviendra donc aux infirmiers, et ce à compter du 8 février. Mais ces mêmes doses, non dévolues aux seniors, seront réservées en priorité à la vaccination des soignants de moins de 65 ans. Des infirmiers qu’Olivier Véran espère nombreux à être vaccinés, car quand on porte la blouse blanche, c’est un devoir déontologique, a-t-il tranché sans concession ; d’autant plus que les services de réanimation, en tension pour certains, sont à surveiller comme le lait sur le feu. Pour le reste, il reconnaît à la profession une place centrale : avec l’accélération des livraisons de vaccins, l’utilisation des tests salivaires (non rapides) destinés notamment aux étudiants et aux élèves, l’augmentation massive des créneaux de vaccination disponibles… les infirmiers scolaires, libéraux (un décret portant sur la vaccination à domicile a été annoncé pour les jours à venir), voire – pourquoi pas – ceux officiant en santé au travail, auront un rôle de premier plan pour parvenir au chiffre de 3,5 à 4 millions de primo-vaccinés d’ici la fin du mois de février.

Focus sur les étudiants

Sans eux, nous n’aurions pas tenu pendant la crise, a reconnu le Ministre, qui a remercié tout particulièrement les étudiants infirmiers. Face au risque de retard pris en matière de formation et/ou de diplomation qui les inquiète, il s’y engage : le gouvernement mettra en œuvre les moyens nécessaires pour que la formation, si elle a été interrompue, soit complétée et que les ESI entrent dans la profession dans de bonnes conditions. De même, Olivier Véran souhaite augmenter le nombre de jeunes inscrits en formation d’aide-soignant et d’infirmier et leur fournir l’environnement nécessaire (locaux, ressources pédagogiques…) pour leur garantir une formation convenable et complétée, comme en Ile-de-France par exemple, par des enseignements par simulation.

Je suis favorable à la progression du décret de compétences de la profession, sous réserve que cette progression ne se fasse pas acte par acte mais selon une stratégie globale qui favorise les collaborations interprofessionnelles

Attractivité et évolution du métier

En milieu hospitalier depuis les accords du Ségur, plus d’un million et demi de salariés ont été revalorisés sur la base d’augmentations, de primes et autre majoration des heures supplémentaires. 8 milliards d’Euros par an consacrés à la hausse des salaires ; c’est un geste considérable jamais fait jusqu’à maintenant, a souligné Olivier Véran ; même si, il le concède, certains personnels (intérimaires, exerçant en SSIAD ou en établissements médico-sociaux) ne sont pour l’heure pas concernés par ces mesures. Au-delà, il s’est dit totalement favorable à la progression du décret de compétences de la profession, sous réserve que cette progression ne se fasse pas acte par acte mais selon une stratégie globale qui favorise les collaborations interprofessionnelles. En matière d’évolution justement, celle envisagée par la création d’une profession médicale intermédiaire cristallise les peurs et les mécontentements. En réponse, Olivier Véran a avancé que le système de santé n’a pas su évoluer pendant de très nombreuses années. Son postulat, a-t-il dit, est de confier la réflexion aux deux Ordres concernés au premier chef, à savoir celui des infirmiers et celui des médecins, pour savoir si la démarche – qui a cours hors de nos frontières – peut avoir un sens au sein du système de santé français. J’ai confiance avant tout en l’expérience et en les compétences, a-t-il démontré à plusieurs reprises. Autrement dit, une évolution qu’il destine - comme celle de la pratique avancée - à celles et ceux qui souhaitent tendre volontairement vers l’universitarisation et la progression de la profession, sans impliquer les autres à marche forcée. Il faut en effet que le choix soit librement consenti, a abondé Patrick Chamboredon.

Je veux prendre soin de ceux qui prennent soin des autres

Débats à venir ?

Attaché à son expérience de soignant et aux métiers qu’il a côtoyés lui-même en exercice, Olivier Véran a rappelé sa connaissance des professionnels du soin et sa fierté d’avoir porté la blouse blanche. A l’instar du Président de l’Ordre, il s’est dit soucieux de prendre soin de ceux qui prennent soin des autres. A ce titre, son inquiétude pour la santé mentale des soignants – de même que pour celle des Français en général – va jusqu'à presser, a-t-il confié, l'avancement des chantiers à entreprendre le domaine de la psychiatrie. L’occasion de débats à venir, sur ce sujet de même que sur d’autres, comme la santé environnementale et a la prévention ? Patrick Chamboredon l’assure, il répondrait présent aux côtés des infirmiers, très participatifs pour cette première : 41 000 d'entre eux étaient connectés et plus de 2 000 questions ont été posées.

Directrice des rédactions paramédicalesanne.perette-ficaja@gpsante.fr @aperette

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