AU COEUR DU METIER

L’ONI en ordre de marche

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ONI

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Mercredi 4 juillet 2013 - 10 heures - Brasserie Lipp à Paris. L’Ordre national des infirmiers tient conférence de presse. La deuxième sous la gouvernance du Président Borniche. Après le passage obligé de la « restauration »  l’heure de la croissance est arrivée, même si la convalescence n’est jamais très loin et les points de suspension toujours d’actualité...

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Bilan d'activité ordinale et perspectives de travail

L’intitulé de l’invitation affiche d’emblée son ambition : Un Ordre tourné vers l’avenir et les premières paroles de Didier Borniche sont explicites : l’Ordre national des infirmiers regarde devant lui : il le veut et il le peut ! Au vu des résultats présentés, la situation s’est effet améliorée avec des finances assainies, une adhésion professionnelle en augmentation et un dialogue avec les pouvoirs publics apaisé. Le Président de l’ONI l’affirme et veut le faire savoir : après les épreuves ordinales que nous avons traversées suite au plan drastique de restructuration imposé par la situation ordinale à l’été 2011, nous avons mis aujourd’hui en place les outils nécessaires à la bonne marche de l’institution : rigueur budgétaire, modernisation de nos procédures, services personnalisés aux infirmiers

Une première : un excédent de 1,2 millions d’euros
sur le budget 2012...

S’agissant du budget, l’une des principales difficultés ordinales jusqu’alors, la satisfaction de l’ONI est palpable : le bilan financier 2012 est éloquent puisqu’il présente un excédent de plus d’un million d’euros, 1,2 million précisément. Une première depuis la création de l’Ordre en 2006. Rappelons que la dette globale affichait, fin 2012, 10,7 millions d'euros. Son remboursement, négocié, s’échelonne jusqu'en 2017. Sur sept annuités, deux ont déjà été remboursées, dont près d'un million d'euros en avril dernier, a précisé Didier Borniche. L’excédent dégagé sur l’exercice 2012 (sur huit mois d’avril à décembre ; l'ONI a d’ailleurs modifié la date de clôture de son exercice comptable et ses exercices suivants porteront sur une année calendaire) a permis de faire fonctionner l’institution en début d’année 2013, avant l’appel à cotisation lancé en mars.

Une progression « raisonnable » au fil du temps : 250.000 cotisants attendus en 2017...

Deuxième sujet d’importance, les inscriptions au tableau de l’Ordre et les cotisants. Au 4 juillet 2013, l’ONI comptait 137.026 inscrits (120.000 en septembre 2012). Dans les faits, les salariés représentent 52 % des inscrits et les libéraux 48 %. Des inscriptions très hétérogènes selon les régions : 18 % en Ile-de-France, 36 % en PACA/Corse et 48 % à la Réunion... a souligné le Président Borniche, rappelant également que la cible principale de communication, via un travail de terrain important notamment par les conseils de l’Ordre départementaux, était les étudiants en soins infirmiers, aujourd’hui mieux informés sur l’ONI et son intérêt professionnel.

Mais qui dit inscrits, ne dit pas cotisants et, à ce sujet, Didier Borniche, n’a pas souhaité donner un chiffre précis, précisant que la première relance venait de débuter. On sait seulement que l’objectif des 100.000 cotisants espéré en 2012 a été dépassé et que l’ONI table sur 110.000 cotisants pour 2013... Didier Borniche a expliqué, qu’en la matière, et sans ignorer les oppositions contre-ordistes qui demeurent, si cela peut paraître insuffisant, nous avons fait le pari de la pédagogie et de la concertation sur le terrain sans aller vers la coercition. Cette progression est, selon l’ONI, raisonnable au fil du temps avec 250.000 cotisants attendus en 2017.

Les IDE doivent être des partenaires de santé à part entière elles doivent faire valoir leur ambition...

Troisième sujet développé, et pas le moindre selon l’ONI, les dossiers de travail en cours. La vocation de l’ONI n’est pas seulement disciplinaire comme certains de nos détracteurs préfèrent l’affirmer, nous travaillons et les chantiers sont multiples et majeurs. Nous avons en effet l’ambition de placer la profession infirmière au cœur de la stratégie nationale de santé. Avec des compétences reconnues et revalorisées, des formations initiale et continues réformées, les infirmiers de France contribueront d’autant plus à l’amélioration de l’accès aux soins pour tous les Français et à celle de l’organisation du parcours de soin. Et d’énumérer les différents sujets où la parole ordinale pèse : sécurité des patients, protocoles de coopération, harmonisation de la formation européenne, développement des masters (un communiqué de l’ONI à paraître dans les jours à venir), débat sur la fin de vie (l’ONI va publier un avis prochainement), élargissement du droit de prescription, vaccination grippalemobilité internationale en Europe et au Québec, sans oublier les services à destination des infirmiers libéraux comme les modèles de contrats et de statuts de sociétés... Didier Borniche a également rappelé que le projet « Code de déontologie » proposé par l’ONI, bloqué au ministère de la Santé depuis trois ans, ne bénéficiait pas d’une « volonté politique » et que ce stand-by était « inacceptable...

Si notre institution devait être remplacée par un autre dispositif, les problématiques de terrain seraient autant nombreuses que coûteuses...

Autre sujet douloureux, la position des tutelles à l’encontre de l’Ordre infirmier qui reste aujourd’hui problématique et au-delà, proprement paradoxale selon Didier Borniche. Marisol Touraine a souhaité une réflexion sur une adhésion facultative qui n’a toujours pas aboutie, alors que dans le même temps, l’Ordre est sollicité de toutes parts et de plus en plus fréquemment, notamment dans les missions que la loi lui a confié : mise en œuvre du Développement professionnel continu (DPC), du répertoire partagé des professions de santé (RPPS), des protocoles de coopérations, de la transparence des liens avec l’industrie pharmaceutique « Sunshine Act ».

Nous avons été auditionné en février 2013 par des parlementaires socialistes, au même titre d’ailleurs que d’autres organisations professionnelles, et depuis, aucune nouvelle, souligne Didier Borniche. Si notre institution - et son rôle selon nous plus que déterminant -, devait être remplacée par un autre dispositif, les problématiques de terrain seraient autant nombreuses que coûteuses... Bien que nous nous soyons enfin rencontrés lors d’un entretien franc et constructif en décembre dernier avec Marisol Touraine, cela n’est pas simple...

Au sein du bureau national ordinal la prudence reste donc de mise...

Un Ordre tourné vers l’avenir avec des élections ordinales dès novembre 2013...

Quoi qu’il en soit, à l’agenda de l’Ordre, la prochaine étape passera, en novembre 2013, par les élections ordinales : la moitié du conseil national sera renouvelée avant que les élections départementales et régionales aient lieu à leur tour en avril et juin 2014.

Didier Borniche ne nous pas dit à ce sujet s’il souhaitait reconduire son mandat de Président et présenter à nouveau sa candidature. Ma décision sera prise durant l’été, à l’occasion de quelques jours de vacances, car j’ai besoin d’un peu de recul.... En attendant, une fois par semaine, il débranche au sens propre de son poste présidentiel, en travaillant dans son service de dialyse au CHU de Rouen...

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Rédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com

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Commentaires (16)

eusèbe

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#16

@ vesunna

Et il en pense quoi notre ami vesunna, lui qui voit en Borniche et ses troupes, les fossoyeurs des anti-ordres : n'est-ce pas un peu présomptueux de vouloir faire disparaitre toute une intersyndicale ? L'avenir de l'oni s'assombrit et ne fait que subir attaques sur attaques : mais n'est-ce pas la destinée d'une structure que personne (à part quelques vesunna) voulait ?

eusèbe

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#14

Qui croire ?

Les hauts dignitaires ordinaux prônent la pédagogie et la concertation ; Patrick, conseiller départemental ayant pignon sur rue, dit, de ces élites, qu'ils sont les fossoyeurs des anti-ordistes.

Alors qui croire ?

Ceux qui font du prosélytisme en espérant convertir toute la profession ou celui qui veut enterrer (au figuré, j'espère) ceux qui ne pensent pas comme lui ?

Attention Patrick, ta hiérarchie va te gronder !

eusèbe

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#13

Plus sérieusement

Plus sérieusement, pourquoi donc le président de la banque créditrice n'était-il pas présent à la conférence ordinale ? N'est-ce pas lui qui maintient en vie cette structure pas vraiment aidée par les professionnels ? On comprend bien que la banque aimerait, au moins, récupérer les 10 millions d'euros prêtés : c'est une jolie somme qui ne se trouve pas sous le sabot d'un âne et l'on se demande qui pourrait payer en cas de défaillance des infirmiers (scénario plus que probable).
Les nouveaux diplômés vont arriver, certes, mais ils sont loin d'être assez nombreux pour régler l'ardoise. Alors qui ?
Notre élu ordinal périgourdin, présent aux réactions de cet article, a peut-être la réponse...
Peut-être l'échelonnement est-il fait sur les 700 prochaines années ? Ce serait plus raisonnable...

eusèbe

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#12

Drôle

Un élu ordinal qui rit, c'est un évènement : tu aurais dû siéger à côté de tes amis chez Lipp, tout aurait paru moins sinistre : pas étonnant que personne se reconnait dans une organisation représentée par une telle tristesse, sniff, on pleure...

vesunna24

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16 commentaires

#11

Elimination

Et c'est Eusèbe qui parle d'élimination !!!!
Il est drôle, mais il est drôle !!

eusèbe

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#10

Dordognot

Tiens le dordognot est de retour et pour dire quoi ? Que l'ordre veut détruire les opposants à l'ordinale parole...
Et moi qui croyait avoir affaire aux représentants, aux défenseurs et aux forces vives de la profession, il faut plutôt croire qu'il s'agit de gens qui veulent imposer leurs idées, coûte que coûte, en éliminant ceux qui ne leur ressemblent pas : tous les millions d'euros gaspillés n'auront donc servi qu'à ça !!
A qui donc profite tout cela ??

vesunna

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52 commentaires

#9

Photos

En toute transparence:
Les personnages sur la photo représentent les fossoyeurs des anti-ordistes.

dino

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320 commentaires

#8

bbrrr...

...vous êtes sûrs qu'il s'agit de l'ONI ? On dirait une réunion du polit bureau au temps de l'ex URSS. mdr...

eusèbe

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#7

?

Les personnages sur la photo, ils enterrent qui ?

Motarde de DIJON

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35 commentaires

#6

La lyophilisation...

Comme elles ont l’air enjouées nos chères têtes pensantes ordinales. Olivier DRIGNY, Didier BORNICHE, Karim MAMERI à la Brasserie LIPP, c’est l’heure de la sieste postprandiale ? La lyophilisation : Ma mère disait, tu les prends tous, tu les lyophilises et tu en fais des soporifiques… C’est sûr que ce n’est pas avec ceux-là qu’on fabriquera du VIAGRA… !

ridfa69

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#5

magnifique

reportage sans partie pris, vraiment j’adhère pleinement à infirmier.com mais des qu'il s'agit de l'oni on est plus proche de groupie que de journaliste.

moutarde

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494 commentaires

#4

4 jours par mois, ça va !

Borniche puisque bénévole comme tous les conseillers (c'est ce qu'ils disent tous, hein...) se contente d'être payé sur la base de 1 jour par semaine soit 4 jours par mois ? Je précise parce qu'il pourrait nous sortir que 1 mois, ça fait 3 semaines ou 15 jours :)

eusèbe

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#3

A propos des élections...

A propos des élections à l'envers qui verra, dans un premier temps ré-introniser le président sortant, ne risque-t-on pas d'avoir plus de postes à pourvoir que de candidats ? Et en parlant de postes à pourvoir, il y aura diminution drastique de ceux-là car ne seront-ils pas déterminés au prorata du nombre d'inscrits (en 2008, le nombre total d'infirmiers avait servi de base) ?
La désinformation bat donc son plein, les nouveaux diplômés sont visés, et l'ordre, qui ne sert à rien, devient de plus en plus triste.
L'avenir ordinal est bien sombre et ce n'est pas le mien.

eusèbe

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#2

Transparence ?

La transparence annoncée n'est qu'un grotesque cirage de pompes : cela fera bientôt 4 ans que Dame Le Boeuf et ses acolytes de l'époque (dont un certain Borniche) a lancé son vaste chantier ordinal agrémenté de sa cotisation (le nécessaire, juste le nécessaire...) à 75 €, et que voit-on aujourd'hui ? Les mêmes qu'hier, sauf quelques laissés en route, nous faire le baratin d'un ordre au service de la profession et blablabla.
Il n'y a rien à retirer de tout ça sinon continuer notre travail pour détruire définitivement cette chose.

moutarde

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#1

Ouais c'est marche ou crève...

Ah là là, le journalisme d'investigation, c'est fini !
Personne parmi la presse professionnelle présente ne s'étonne,pire ne s'interroge sur les années ordinales à 8 mois, les élections à l'envers et autres duperies.